‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 260 sur 309 · Genre 4 : MACAREUX · texte numérisé non relu

Genre 4 : MACAREUX

FRATERCULA Brissoil.

Bec dégagé du plumage, mbtriangulaire, très élevé et très comprimé, à ouverture quasi-droite ne dépassmil pas l’aplomb du bout de l’arête au front, et marqué de chaque côté, sur les deux mandibules, de sillons transversaux, obliques et courbés; mandibule sup. à arête convexe très étroite, courbée et un peu échancrée vers le bout, bordée en arrière par une peau papilleuse et renflée devant le front; l’inf. très pincée aussi, présentant en dessous une arête simple et un angle libre, saillant devant la gorge; un petit espace nu autour des commissures, chez ad. Narines marginales , linéaires et per'oées de part en part dans une peau nue (voy. lig. 120). Tarse ramassé et peu comprimé, plus court que le doigt interne avec ongle, écussonné dans le bas en avant, plus ou moins finement réticulé dans le haut, ainsi cque sur les côtés et en

Fio. 120. Tôte de Fratrucula arctica, ad.

FRATERCULIENS

arrière. Pas de pouce: doigts entièrement réunis par des membranes non échancrées, scutellés en dessus, réticulés à la base. Ongles moyens ou assez longs, courbés, comprimés et assez aigus: celui du doigt interne at'ochu et en dedans. A iles moyennes, ne dépassant pas la queue, médiocrement étroites, ma is suraiguës ; rémiges primaires sans échancrure. Queue courte, subarrondie, à 16 rectrices arrondies, assez rigides. Corps épais; cou moyen, assez large; tête assez grosse et arrondie; œit petit, quasi-médian. Plumage dense, plutôt court.

Œuf unique, très gros, ovoïde allongé ou faiblouieat piriforine, à coquille assez grenue, pâle et légèreinent tacheté.

Mue double; le bec, dans la partie antérieure, s’exfoliant et se renouvelant régulièrement, coinnie le plumage, après la saison des noces — Mâle et femelle adultes semblables. Jeunes se reconnaissant à un bec bien moins liant, plus pointu et sans sillons. — Les poussins, avec un bec assez étroit, rappelant nn peu celui des Sternes, restent au nid jusqu'à ce qu'ils puissent voler.

Voir pour quelques données biologiques l’espèce qui suit.

Ce groupe est représenté dans les zones polaires arctiques et, en hiver, jusqne dans les régions tempérées.

Des trois espèces assez voisines qu’on range aujourd’hui dans le genre Fratercula et qui sont plus ou moins répandues en Europe, une seule, le Macareux moine ou arctique (Pb-. arctica) a été signalée en Suisse. La Fr. glacialis Leach, de l’Océan arctique, rencontrée sur les côtes de Laponie et de Russie, peut-être grande race seulement de Fr. arctica, nous fait défaut, ainsi que Fr. cornicnlata Naum., du nord-pacifique, du Spitzberg et du Groenland entre auti’e.

363. — (1) : MACAREUX MOINE Nordischer Larve ntauclier — Polcinella di mare.

KRATEItnllLA ARCTICA Linné.

Bec au front nu qmi plus grand que le médian avec ongle; sa' hauteur maximale généralement un peu supérieure à sa longueur

' Selon L. Bureau; Bull. Soc. Zool. de France, II, p. .377, 1877.

UROPODES

aux commissures. Trois sillons antérieurs, courbes, gagnant obliquement Il arête sup., le premier court et relativement qmi profond; plus un repli marginal postérieur, au ras du plumage, sur la mandibule suj).; deux ou trois sillons antérieurs sur la mandibule vtf, deux principaux assez larges etptarfois un troisième antérieur, qmu indiqué. Une petite plaque tiorizontede, nue et cornée, sous la paupière inf, ainsi qu’une sorte de petite corne oblique, aplatie, a u-dessus de l’œil; avec un léger trait ou sillon descendant obliquement de la première, en arrière, sur la, région parotidienne, chez ad. (voy. fig. llJO). — Tour du cou et toutes faces sup., ailes et queue, comprises, d’un, noir lustré, plus ou moins profond; dessus de la tête d’un noirâtre moins foncé; côtés de la tête et gorge d’un grisâtre pâle; faces inf. blanches. Bec grisâtre, teinté de bleu à la base et rouge en avant. Espace nu des commissures, nudités des pauqjières et pieds d’un orangé tirant plus ou moins sur le rouge. Iris blanchâtre, ad.

Long. tôt. 0'°,30 — 34; aile piliée 0"',135 — 170; queue 0'^,050 — 060; tarse O"', 023 — 025; médian, avec ongle 0"',042 — 044; bec, obliquement, du front à la pointe 0°‘,048 — 034, à commissure 0'^,034 — 040, haut. max. 0“,03&’ — 044, ad.

Fratercüi^a fhatercula Brisson, Oruith., VI, p. 81, 1760. — Fr. arctica Leacli, Syst. Cat, M. a. B. Brit. Mus., j). 42, 1816. Begl. et Gerbe, Oru. eur., II, p. 608, 1867. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseatix, II, p. 666, 1894. Ogilvie- Grant, Cat. B. Brit. Mus.,"XXVI, p. 616, 1898. — Fr. glaciaus Stephens, in Shaw, Gcn. Zool., XIII, I, p. 40, 1825. — F r. arctica et Fr. glaciaus (?) Sharpe, Iland-list, I, p. 133, 1899.

Aloa deleta Briinn., Oru. bor., p. 25, 1764. — A. arctica Linné, Syst. Nat., 1, p. 211, 1766. Friderich, Deutsche VOgcl, 4® éd., p. 723, Taf. 38, Fig. 6, 1891. — A. labhadorica Gmelin, Syst. Nat., I, p. 550, 1788. — A. canogülaris Meyer U. Wolf, Taschenb., II, p. 442, 1810.

Mormon arctica llliger ex Linné, Prodrom., p. 283, 1811. M. aeoticüs Savi, Omit, tosc., III, p. 35, 1831. Nilsson Skaiid. Fauna, Fogl., II, p. 516, 1835. Fritsch,Y6ge\ Europ., Tab. 67, Fig. 4, 1871. — M. pratbhcüla TemmincJc ex Brisson,Ma,a.,p. 614, 1815, et Man. Oru., II, p. 933, 1820; M. glacialis (LeachJ, Man. Oru., 4" part., p. 679, 1840. — M. glacialis Naum. ex Leach, Isis, 1821, p. 782. — M. poLAïus et M. Grabæ Brehm, Isis, 1830, p. 1001.

Lünda‘ arctica Dallas, Zoogr., II, p. 366, 1811-31. — L. glacialis Naum., Vôgcl Deutschl., XIII, p. 314, 1853.

Adultes mâle et femelle : voyez la diagnose.

Jeunes : Bec un peu plus court, beaucoup moins haut que long,

^ Ex Gessner.

FKATEECULIKNS

plus anguleux et plus pointu, sans sillons ni repli marginal, ni angle inférieur; point encore de plaque sous l'œil, ni de petite corne en dessus. Livrée rappelant celle des adultes, l)ien qu’avec le collier moins foncé en avant et la partie antérieure de la face noirâtre ' .

A la naissance : Entièrement couverts, sauf sur un petit espace aux commissures, d'un duvet allongé, mais léger, formant un peu casque sui- la tête, d'un hrun fuligineux sur tout le corps, sauf sur la poitrine et le ventre blanchâtres; bec brun de corne pâle; pieds jaunes. — Bec droit, nu, assez long, relativement peu élevé et pointu, avec angle mentonnier bien accusé et assez avancé, au bout des deux branches bien distinctes de la mandibule inférieure ; mandibule supérieure un peu convexe et courliée en avant.

Vaiiétê on espèce : La Fratercnia ylncialis Leach, de l'Océan arctique. qui ne se distingue guère de Fr. ardica. que par des dimensions sensiblement plus fortes et un bec quasi-unicolore, pourrait bien n'être qu'une grande forme ou race plus septentrionale de la même espèce.

Le Macareux moine, oiseau exclusivement marin, comme le précédent, aurait été rencontré, égaré et tout à fait exceptionnellement, une fois ou deux en Suisse. M. Nægeli, naturaliste commenjant à Zurich, signalait, au commencement de 1893. au prof. Studer, à Berne, entre quelques nouveautés ornithologiques intéressantes, la capture toute récente, en hiver 1892/93. d'un Mormon fraterimla, (F. ardica), a Erlenbach, sur les Imrds du lac do Zurich ; mais, sur ma demande de renseignements plus précis. M. Nsegeli m'éciàvit qu'il était bien possible qu’il y eût. dans le cas. une cri-eur de provenance. et qu'il ne pouvait pas m'affirmer que l’oiseau provînt réellement du pays. M. A, Engel. ornithologiste à Ripaille, m’a avisé, par lettre du (i octobre 1900. que feu le Baron de Bonnemain, qui chassait beaucoup sui- le Léman, avait tué un Macareux sur ce lac, probablement dans les eaux de 'l’honon, qu'il avait vu l’oiseau empaillé chez M. de Bonnemain et que le sujet en ([uestion avait dû, après la mort du propriétaire, être donné au Musée de Thonon. Le directeui' du Musée, répondant à une demande do ma part, m’écrit que le IMacareux du Bai-on de Bonnemain figuri' en effet dans cette collection, mais qu’il no saurait préciser la date de sa capture.

‘ Un jeune de l*'® année de ma collection, dans la livrée ci-dessus décrite, mesure : long. tôt. O™, 280; aile i)liée 0”‘,154; bec, au front 0“,039, ,à comm. 0"',037, haut. inax. üm,022.

UROPODES — FRAUERCULIENS

Cot oiseau, d'aspoct assez luzarro. avec son l)ec si liant et si pincé, son lialiit noir, sa largo cravate et son grand gilet blanc, e.st, coinnie je l'ai dit, oxcliisivenient marin et très sociable. Il vit presque toujours sur la mer. tantôt volant d'une vague à l'autre, on fi'appant l'eau de si's pattes, tantôt nageant ou plongeant, en quête de nourriture. petits poissons, crustacé.s. mollusiiues ou zoopbytes. Il vole vite et aisément, et marche assez bien, en se balançant l't à petits pas. Tournant constamment la tête pour regarder autour de lui, il a l'air d'une nature plutôt agitée. Ce n’est pas un migrateur liicn régulier; cependant, gagnant généralement la haute mer après l'époque de la reproduction, il lui arrive souvent de s'égarer bien loin de ses lieux de nichée habituels. Comme il ne remonte guère les fleuves, .son apparition dans l'intérieur des continents e.st plus extraordinaire que celle des Guillemots ou dos Pingouins. Son cri a été traduit par arr, orr.

Il SC reproduit en colonies nombreuses et en société des précédents. dans les falai.ses et les rochers du bord de la mer, soit dans quelque cavité naturelle, soit dans un trou qu’il a creusé lui-mème dans le sol. C’est généralement à la tin d’avril qu'il choisit ou établit sa galerie, et en mai qu'il fait sa ponte.

Son æuf unique, très gros, de forme ovoïde allongée, parfois légèrement piriforme. à coquille mate, assez mince et légèrement grenue, est blanc, blanchâtre ou un peu grisâtre, avec de petites taches éparses et assez peu apparentes, en grande majorité grises et profondes, parfois légèrement roussâtres, ou en foiane de petits traits. 11 mesure d’ordinaire ()“.058— 0(13 sur O™, 042 — 044.

L'espèce e.st très répandue dans le nord de l'Océan atlantique, dans le nord-est de l'Amérique, ainsi que dans le nord-ouest de l’Europe et de l’Asie (jusqu'au 80" degré ('iivii’on. sous la forme de Fr. glnrinlis), et jusque sur b's rives de la Méditerranée, du Portugal et des îles Canaries, en hiver. Elle niche, en particulier, sur les côtes du Groenland, de la Scandinavie, de l’Angleterre, et de la Bretagne en France.

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