‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 5 sur 309 · PIGEON R.A.MIER · texte numérisé non relu

PIGEON R.A.MIER

Ringeltaube — Colombaccio.

coi.r.Miu p.uATMiics LiTiné.

Doigts externe et interne reliés au médian par une petite membrane basilaire. Tarse notablement plus court que le médian sans ongle, emplumé sur près de moitié, en axant. Pouce un peu plus long que moitié du médian, avec ongles fvoy. fig. ,S). Ailes couvrant deux cinq, à deux tiers de la queue; P° rémige df ordinaire qjhis courte que iJ" et généralement un peu dentelée a u bord externe; 2“- et 3° rétrécies, à partir du milieu, au bord externe; 4° qmrfois légèrement (vog. Var.). Queue assez longue et subcarrée, à rectrices très larges et subarrondks. — Livrée en majeure partie grise, a oupion g compris. Ailes sans bandes ni macules noires, avec un miroir blanc sur les couvertures; rémiges primaires, sauf première, bordées de blanc. Un croissant blanc, entouré de plumes à refets 'métalliques, sur les côtés du cou, chez ad. Bec rouge à onglet orangé. Pieds rouges.

^ L’origine île quelques races semble encore un peu douteuse.

^ Plus connu sous le nom de Barnier ou de Pigeon ramier que sous celui de Colombe ramier.

COLOJI BIENS

Long. tôt. (>"‘,405— tôU; aile pliée O'", 235 — 255; queue O™, 102 — 175; tarse 0°‘,028 — 032; médian, aveeongle O'" ,040— 045 ; bec, au front 0'",022—023.

CoLUMBA PALüMBDS Linné cx Gcssner, Syst. Nat., I, p. 282, 1766. Temminck, Hist. nat. Pig. et Gall., I, p. 78, 1813. Man. Ornith., II, p. 444, 1820. Meisner u. ScJi., Vôgel der Scliweiz, p. 151, 1813. Savi, Omit, tosc., II, p. 1.54, 1829. Nils.um, Sk.aud. î’aiina, Fogl., I, p. 444, 1835. Scliinz, Faiiua hclv., p. 96, 1837. Bailly, Ornitli. Savoie, III, p. 404, 1854. Biva, Omit, ticin., p. 339. 1865. Degl. et Gerbe, Ornith. enr., II, p.C, 1867. Frifsch,Yi')gel Europ.,ïab. 23, Fig. 3, 1871. Frklerkh, Deutsche Vôgel, 4' éd., p. 375, Taf. 16, Fig. 4, 1891. Salvadori, Cat. B. Brit. Mus., XXI, p. 299, 1893. Dubois, Faune Vert. Belgique, Oiseaux, II, p. 4, 1891. Sharpe, Hand-list, I, p. 71, 1699. — C. palumbes Pallas, Zoogr., I. p. 563, 1811. — C. TOBQOATA Leucli, Sjst. Cat. M. a. B. Brit. Mus., p. 26, 1816. — C. pinetorum Brehm, Yogel Deutsehl., p. 488, 1831.

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Noms vulo. S. F. : Pigeon .sauvage. Barnier, Genève; Colon, Fribourg (sec. Meisn. u. Sch.). — S. A.: Holztaube, Grosse Holztaube, Wïldtaube. Wildtube, Interlaken. — S. I. : Pivion, Pivione selvatico. Puvioun salvadegh, Locarno ; Tuon, Tuvon, Lugano.

Adultes, en noces: Tête, cou, crou|uon et sus-caudales d’un cendré bleuâtre; dos, couvertures alaires et rémiges secondaires en majeure iiartie d’un cendré brunâtre. Parties latérales et postérieures du cou à reflets métalliques en grande partie verts et d’un rose violet dans le bas, avec un largo froi.ssant blanc de cbaque côté. Couvertures, petites, moyennes et grandes, en i)artie blanches au coté externe, dessinant un long miroir blanc vers le bord de l’aile; couvertures antérieures noirâtres. (Irandes rémiges bimnes. bordées de blanc, à l’exception .de la première. Poitrine et bas du cou en avant d’un roux vineux à reflets légèrement violacés. Bas de la poitrine, flancs et ventre nuancés de gris-bleuâtre et de gris-vineux. Environs de l’anus roussâtres; sous-caudales d’un gri.s-bleuâti'e pâle. Queue d’un cendré |)assant graduellement au noirâtre vers le bout en dessus, noire en dessous, avec une large bande transversale gris-bleuâtre. Bec rouge, avec onglet orangé et cupule surnasale saupoudrée do blanc. Pieds rouges; ongles brunâtres. Iris jaune clair. — Femelle volontiers légèrement plus petite, avec les croissants blancs du cou un jieu plus étroits.

Adultes, en automne: Do teintes moins pures, avec moins de reflets: le bec rougeâtre, plutôt jaunâtre en avant.

GYRATElltS

Jeunes, avant lu mue; De teintes plus ternes et plus bruns sur le clos ; sans rellets ni collier, avec bec brunâtre, i)ieds rongeâtrc's et iris blanchâtre. — L’éclat inctalliciuo et les croissants blancs apparaissent par taches, souvent déjà en septembre, parfois au eoniineucement de novembre seulement, ainsi cpie la teinte rouge du bec, chez les mâles surtout. Les grandes rémiges sont boi-dées de blanc et les couvertures antérieures liserées de brun-roux.

Variabilité : La 2" rémige e.st d’ordinaire plus longue ciue la .S", tandis que la T" est au contraire volontiers pluscouide; cei)endant ces rapports de proportions, surtout celui concernant les dimensions comparées de la 1"' i-émige, varient beaucoup avec les individus, selon l’âge, la saison et l'état de la mue, comme du re.ste chez les autres espèces du genre et chez les races domestiques du Iliset principalement. La 1'° rémige peut être en ])articiilier, selon l’âge, chez PaluDibus, passablement plus longue ou plus courte que la 4°. Le rétrécissement des 2“ et 3“ ou d" rémiges paraît aussi plus ou moins accusé suivant les individus, ainsi que le degré d’accentuation des dentelures au bord externe.

Le Pigeon sauvage ou Ramier est très répandu en Suisse: commun dans les régions de plaine et montagneuse, où il se reproduit plus ou moins abondamment suivant les localités et les conditions, un pou moins fréquent, en dehoi-s des époques des migrations, dans la région alpine, bien qu’il y niche parfois, même jusqu’au-de.ssus de 1800 m. s/in, comme en 11'° Engadine. Il pa.sse tous les ans, en bandes plus ou moins nombreuses, parfois des le milieu de février, le plus souvent en mars, ainsi que, plus ou moins tôt ou tard, entre mi-septembre et mi-novembre, les premières troupes étant composées d’ordinaire de sujets nés dans le pay.s. On le rencontre alors souvent, en septembi'e siiidoiit, jusqu’à la limite supérieure de la grande végétation. Suivant les circonstances et les époques plus ou moins tardives, scs bandes passent directement et eu rangs serrés, d’un vol droit et rapide, ou bien elles errent plus ou moins longtemps entre bois et champs, en quête de nourriture. L’e.spèce semble un peu moins abondante à l’extrêim' est et au sud, dans les Grisons et le ïessin. que dans le reste du pays, que dans nos régions occidentales en particulieiv dont (]ueh|ues paires semblent s’éloigner peu, eu hiver, quand la saison n’est pas trop rigoureuse et 011 elles reviennent déjà parfois dans le courant do janvier. R arrive même que quelques individus hivernent dans certaines localités sous-jurassiennes dos environs de Neuchâtel, d’Yverdon, de Nyon et de Genève, par exemple.

COLOMKIKXS

Il est d'un naturel assez méfiant, et la gueri-e (lui lui est généralement laite à son passage n’est ])as pour le rendre moins faroucdie. Par roupies, eu famille ou eu plus ou moins nombreuse société, selon la saison, il passe une partie de la journée à terre dans les champs, marchant de droite et de gauche sur le sol et accumulant dans son large jabot difféi-eutes graines, pois, fèves, haricots, lentilles, vesces, blé, sarrasin, navette, etc., ainsi (jue de petites feuilles tendres de diverses plantes. Cejjondant il demeure aussi à l’ombre dans les bois, pendant les heures de la ])]us forte chaleur, eu été, comme durant la nuit, perché le plus souvent ass('z haut, pour éviter les surprises. Il fuit avec grand tapage de hattements d’ailes à la moindre alerte, mais revient volontiers à l’arbre qu’il a choisi pour perchoir habituel, sitôt qu’il croit le danger passé. Quand les graines viennent à lui manquer dans les cultures, il s’attaque aussi très fréquemment aux bourgeons ou aux jeunes pousses des ai-bres, aux faînes et aux glands qu’il avale tout entiers. Comme tous les Pigeons, il boit d'un trait, tenant le bec plongé dans Peau, au lieu de relever la tète à chaque aspiration, comme la i)lupart des oiseaux, les Gallinacés en particulier.

Le roucoulement .sonore qu’il fait entendre, surtout soir et matin, est composé d’un vigoureux coup de gorge suivi d’un roulement pins ou moins soutenu, ou de la répétition des syllabes jjom- Imih ou honhonh, plus souvent, à l’époque de la nichée surtout, des mots : hou, krron, houh ou rrhouli, hou-roii-houh, houhououh.

Il bâtit sur une branche ou une enfourchure et généralement assez haut, sur un grand arbre, dans les bois ou dans la campagne, un nid plutôt plat, de petites branches et de ramilles lâchement entrelacées, avec garniture de radicelles. C’est là que la femelle pond, plus ou moins tôt ou tard, selon les années et l’altitude, en avril ou en mai, faisant, si les conditions .sont favorables, une seconde ponte, généralenient dans nn autre nid, ii la tin de juin ou en juillet. L'incubation, à laquelle participent les deux époux, dure d’oi'dinaire dix-huit jours, parfois dix-sept ou dix-neuf.

Les œufs au nombi’e de 2, sont de forme oblongue, soit d’un ovale un peu allongé, à liouts snhéganx également obtus, et entièrement d'un blanc un pou luisant; ils mesurent généralement 0"‘,0.39—U42 sur 0'",0285— Ü.300 (0"‘,(),31).

L’e.spèce est très répandue en Europe, ainsi cpie dans une partie de l’Asie, nichant jusqu’au-delà du (i4“ degré, dans les forêts de la Scandinavie et de la Einlande, et hivernant .soit dans les régions méridionales ou occidentales des continents européen et asiatifpie,soit dans le nord-ouest de l’Afrique.

(iYRATEURS

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