‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 127 sur 144 · Partie I (vol. 1Y · texte numérisé non relu

Partie I (vol. 1Y

ANÀRTHROPTÈRYGIENS

Fam. PERCIDÉS

Poisson importé d’ Amérique.

Genre MIGROPTERUS, Lacép. 1

Une seule nageoire dorsale échancrée , avec dix épines relativement faibles. Dents en velours sur les mâchoires , le vomer et les palatins ; pas de canines. Corps oblong , élevé en avant. Ecailles plutôt petites, faiblement dénoides ; ligne latérale continue. Tète conique, avec de petites écailles s ur la joue. Bouche grande, oblique; mâchoire inférieure un peu proéminente. Opercule tenniné en deux pointes ; préopercule à bord lisse. Anale beaucoup plus 'petite que la dorsale, avec trois épines . Caudale échancrée. Vessie à air simple, légèrement échancrée en arrière. Six,, plus rarement sept rayons branchiostèges. Quelques appendices pyloriques.

Poissons carnivores d’eau douce, des rivières des États-Unis, réputés pour leur chair très délicate.

Les auteurs américains, Jordan et Gilbert (Fislies of North America, p. 484) en particulier, distinguent deux espèces dans ce genre, les M. Salmoides (Lacép.) et M. Dolomieu (Lacép.), et considèrent l’espèce unique de Günthcr (Catal. I, p. 252), Grystes salmonoides, comme devant rentrer dans le cadre spé-

1 Grystes, Cuvier et Valenciennes, III.

cifique du M. Dolomieu, espèce qui motive ces ligues à cause de l’importation récente de quelques individus en Suisse.

Micropterus Dolomieu, Lacép.

Small moutued Black Bass.

Corps ovalo- fusiforme. Tête conique forte, trois et demi fois dans le corps. Bouche assez grande, mais plus petite que dans le M. Salmoides; le maxillaire ne dépassant pas l’œil chez M adulte. Ecailles plus petites et plus nombreuses que chez le Salmoides. Nageoire dorsale moins profondément encochée; la neuvième épine environ moitié de la plus longue. — Livrée très variable : d'un vert bronzé en dessus, assez sombre chez V adulte, avec des points foncés formant parfois de petites bandes verticales sur les côtés , souvent plus ou moins effacés chez les vieux sujets. Ventre blanc, dorsale tachetée. Trois bandes bronzées disposées en éventail depuis V œil, sur la joue et l’opercule. Un point noirâtre à l’angle de l’opercule. — Taille généralement un peu moindre que celle du Salmoides atteignant 30 à 60 centimètres environ.

D. X/13; A. III/lO-ll... Sq. 12 -pj- 75'.

Micropterus Dolomieu, Lacèpède, Hist. Nat. Poiss. IV, p. 325. — Jordan et Gilbert , Fishes of Nortk America, p. 485.

Selon Jordan et Gilbert , Fishes of North America, p. 485 = Grystes salmoides l Cuv. et Val. III, p. 54, pl. 45, et G salmonoides ? Günther , Catal. of Fishes, I, p. 2521 2.

1 Cette formule des rayons des nageoires et des écailles est celle fournie par Jordan et Gilbert fl. c.). Avec un nombre de rayons égal, ces auteurs donnent à leur M. salmoides : 68 écailles sur la ligne latérale, 8 en dessus et 16 en dessous. — Günther (1. c.) donne pour son Salmonoides (probablement = Dolomieu) : D. N/13-14; A. III/11-12. Lig. lat. 90. App. pyloriques 14 et plus.

2 Le Gristes salmonoides de Günther, selon Jordan et Gilbert (1. c.) de même espèce que leur M. Dolomieu et différent de leur M. salmoides , serait, d’après l’auteur du Catal. of Fishes, le Labrus salmoides de Lacépède et le Cichla variabilis de Lesueur. Le Dolomieu des auteurs américains serait pour eux le même poisson que les Centrarchus fasciatus et G. obscurus de Günther.

APPENDIX

Ce poisson, très recherché et plus estimé paraît-il que son congénère, abonde dans les eaux courantes, claires et fraîches des États-Unis, depuis la région du Grand-lac, jusqu’à la Caroline du sud et à l’Arkansas.

D’après avis de M. Coaz, inspecteur fédéral des eaux et forêts, six individus du Black Bass {M. Dolomieu. Lacép.) reçus d’Amérique et offerts par M. de Claparède, alors conseiller de la légation suisse à Berlin, ont été mis, le 23 avril 1888, dans le petit lac de Bret près de Chexbres, dans le canton de Yaud. Je ne sache pas qu’on ait jusqu’ici constaté la survivance de ces quelques exilés dans nos eaux.

Poisson importé du Danube.

LüCIOPERCA S ANDRA, CllV.

Le Sandre. — Zander.

Part. I, p. 52.

Le Sandre, ce grand Percoïde du Danube, que j’ai décrit sommairement en 1882, dans la première partie des Poissons de ma Faune des Vertébrés de la Suisse, vol. IV, p. 52, et dont j’ai dit alors quelques mots, pour combattre le dire de Heckelet Kner qui attribuaient à tort ce poisson au lac de Constance, a été depuis lors importé du Danube dans les eaux suisses sur quelques points du bassin du .Rhin, ainsi que dans le lac en question où il paraît prospérer.

Sans discuter l’utilité de l’importation de ce grand carnivore, je me bornerai à signaler les quelques introductions opérées en eaux suisses ou limitrophes depuis 1883, en renvoyant à mon volume précédent pour la description du poisson.

En 1883, 4160 jeunes Sandres d’un an et 195 de deux ans ont été importés de Galicie dans le lac de Constance, par les soins de M. de Behr, président de la Société allemande de pisciculture. La même année, des alevins de la même espèce provenant du Danube étaient encore versés, en grand nombre dans le Main et le Rhin, eu plus petite quantité dans le lac de Constance.

En automne 1888, 2100 jeunes de demi-année étaient de nouveau importés, toujours dans le lac de Constance, dans l’Untersée, par la même société allemande.

Enfin, M. Haack, directeur de l’établissement de Huningue, m’écrivait, le 20 juin 1880 : Nous nous occupons depuis quatre ans de la multiplication du Ludop&ï'ca Sandra , en mettant toutes les années, en octobre, 2 à 3000 alevins de six mois, d’une longueur de 10 à 15 centimètres, dans le lac de Constance, où l’on en prend déjà des exemplaires d’assez belle taille. Nous avons mis aussi ce poisson dans la Moselle et dans le Rhin; pas directement dans le cours du fleuve, mais dans les bras du Vieux-Rhin qui ne communiquent avec celui-ci que durant les hautes eaux et dans lesquels il prospère parfaitement.

Le Dr Asper de Zurich me disait, en juillet 1888, qu’il avait vu lui-même des Sandres, de près de deux livres, récemment pêchés dans le lac de Constance.

Des œufs embryonnés envoyés, au printemps 1889, de Huningue à la pisciculture de Gremat (près Genève) n’ont pas réussi ; par le fait, selon M. Haas, directeur de ce dernier établissement, d’un fort et brusque abaissement de la température.

PI1YSOSTOMES

Cyprinus Carpio, L.

CARPE. — EARPFEN.

Part. I, p. 171.

Indiqué à tort, par erreur typographique, comme importé en Engadine, au tableau de distribution géographique, p. 751.

Barbus fluvïatills, Agassiz.

BARBEAU COMMUN. — FLUSSBARBE.

Part. I, p. 231.

Comme plusieurs autres de nos poissons indigènes, le Barbeau a été, durant ces dernières années, multiplié dans divers

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établissements de pisciculture dépendant du bassin du Rhin, en Suisse. Cependant, les alevins issus des œufs artificiellement fécondés ayant été généralement versés dans les eaux du même bassin, je ne crois devoir signaler ici que les récents essais d’introduction de cette espèce, en 1886, dans le bassin du Léman (Rhône supérieur), où jusqu’alors ce poisson faisait complètement défaut, arrêté qu’il est par la perte du Rhône à Bellegarde.

M. Covelle, directeur de l’établissement de pisciculture à Genève, a versé, en 18S6, dans le Rhône, près de cette ville, d’abord environ 2500 petits alevins de Barbeau, en juillet, au moment ou ils venaient de résorber leur vésicule, puis, en octobre, encore près de 500 individus de trois h quatre centimètres de long. Tous provenaient de la ponte en captivité d’une paire de Barbeaux reçus de l’Aar, dans le canton de Berne.

Je n’ai pas ouï diye qu’on ait revu, depuis lors, aucun Barbeau dans les eaux du Rhône genevois, et M. Covelle n’a pu, malgré ses recherches, constater jusqu’ici la survivance d’aucun de ses élèves.

Leuciscus rutilus.

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