C. WARTMANNI, CONFUSUS
plus ou moins pigmentée sur les nageoires. Branchiospines au nombre de 30 à 36 sur le premier arc, variant en dimensions, vis-à-vis de celui-ci , avec un même total , 36 par exemple, comme 1 : 4—6,85; 22 à 28 épines sur le quatrième arc. Vertèbres variant en nombre de 55 à 62. Fréquents surtout dans le lac de Bienne; souvent féconds.
Il semble qu’il y ait, à Morat : un Coregononofhus Feritoconfusus, notre var. b du Confîmes, probablement produit du Kropfer et du Pfærrig, et peut-être un C. Paleo-confusus , ainsi qu’un Paleo-Feritus , nés de mélanges accidentels, le premier entre Palée et Pfærrig, le second entre Palée et Kropfer; à Bienne et à Neuchâtel : un Coregononothus Paleo-Bondella , issu de la Palée et de la Bondelle, rappelant le Confîmes et assez fréquent, surtout dans le lac de Bienne.
Les auteurs, Cuvier et Valenciennes, Rapp, Heckel et Kner, Siebold, Grünther et autres, qui, n’ayant pas recouru à l’examen des branchiospines, ont cru pouvoir rapprocher la Palée de Neuchâtel de leur Cor . Wartmanni , se sont laissé tromper par les formes relativement élancées de ce poisson ; car ni la Palée de bord, ni celle de fond, que j’ai examinées à tout âge, ne m’ont jamais présenté plus de 28 épines sur le premier arc branchial. S’il existe dans les lacs de Morat, de Bienne et de Neuchâtel un Corégone qui puisse être rapproché plus ou moins du Wartmanni , c’est bien plutôt notre Confîmes du premier de ces lacs, oü les bâtards jusqu’ici méconnus que je viens de signaler dans les deux derniers.
Le (7. TF. confusus est souvent appelé à Morat Pfærrig, comme le représentant un peu plus petit du (7. exiguus qui vit dans les mêmes eaux; cependant les pêcheurs distinguent nettement le dernier sous le nom de Kropfer , et expédient d’ordinaire le premier aux marchands de Neuchâtel sous le titre erroné de Féra ou petite Fera de Morat .
Il fraie généralement sur le sable ou le limon d’un hautmont situé au côté S.-O. du lac de Morat, à 35 ou 40 mètres de profondeur, depuis le milieu de décembre et parfois jusque dans les dix ou douze premiers jours de janvier. Ce n’est guère
que dans ces circonstances que les pêcheurs peuvent le prendre au tilet ; et l’on voit alors quelquefois des individus plus ou moins gonflés, comme le Kropfer chez lequel cette déformation est plus constante. Quelques femelles, capturées le 15 décembre, portaient des œufs de 2,um à 2 1/*m,n de diamètre. Les mâles, à la même époque, présentaient six à sept lignes de tubercules épidermiques, partie en dessus, partie en dessous de la ligne latérale.
De divers individus de taille petite ou moyenne (Confusus ou bâtards ), reçus du lac de Bienne le 22 décembre 1887, sous le nom de Balch-Pfærnt , quelques-uns semblaient avoir déjà frayé, d’autres présentaient des ovaires fort peu développés.
Les trois sujets, probablement bâtards, que j’ai reçus du lac de Neuchâtel avaient été pris au tilet, en été, en même temps que des Bondelles et de jeunes Palées confondues avec eux sous le nom vulgaire de Qïbbions.
La multiplication de cette forme moyenne ou bâtarde dans le lac de Bienne, depuis la correction des eaux de l’Aar qui a modifié les conditions de frai, a fait supposer à divers pêcheurs que ce poisson, peu remarqué auparavant, devait venir du lac de Thtui, sur le même cours d’eau. Cependant, rien ne justifie cette hypothèse, car les Corégones présumés nouveaux du lac de Bienne que j’ai pu obtenir doivent rentrer dans notre Confîmes (forme bâtarde) et n’ont rien de commun ni avec la Balche, ni avec l’Àlbock et le Kropfein du lac de Thun.
Corégone de Savoie très voisin de notre C. Wartmanni *.
LE LAVARET DU BOURGET Cor. (Wartmanni) lavaretds, Cuv. et Val.
Corps élancé; pédicule caudal assez allongé :. Tète plutôt petite, allongée et peu élevée ; museau conique assez étroit et acuminé. Bouche terminale . Intermaxïllaire assez bas et vertical ou légèrement en avant. Maxillaire un peu arqué et plutôt allongé, parvenant sous le bord de Vœïl, parfois presque jusque sous le bord de
(C. WARTMANNI, LAVARETUS).
la pupille. Opercule petit, assez large mais relativement peu élevé. Œil plutôt grand. Écailles minces, relativement petites et moyennement nombreuses. Caudale légèrement plus longue que la tète, profondément échangée, à lobes acuminés quasi-égaux. Dorsale droite, plutôt comie et étroite, médiocrement déclive. Ventrales et pectorales plutôt petites et assez acuminées. — Bleu ou (Sun vert bleu en dessus ; anale et nageoires paires mâcliurées de noir bleu. — (Taille moyenne d’adulte et de vieux O1", 28 — 3à à 0^,40.)
Brclisp. I, 34-39 = 1 : 3, 5-4, 5. — IV, 24-31. — Brchstèg. (7>-8.
D. 4-5/9-11, A. 4/11-12, Y. 2/10-11, P. 1/15-16, C. 19 maj.
Squ. 83 — — — 88. — Vert. 61-62 (35-36 cost.).
Coregonus Lavaretus, Cuv. et Val. XXI, p. 466, pl. 627 ( partim ). — Blanchard, Poissons de France, p. 425, fig. 109 {part.). — Moreau r Hist. liât, des Poissons de France, p. 546 (part.). — Fatio, Un nouv. Corég. français; Comptes rendus de l’Académie, Paris, 28 mai 1888.
Le nom de Laveur d est appliqué d’une manière générale aux Corégones qui habitent le lac du Bourget en Savoie, et tous les auteurs qui en ont parlé jusqu’ici, sous le nom de Lavaretus, ont accepté sans conteste l’opinion populaire d’une seule et même espèce. Cependant, un examen plus attentif des formes souvent si différentes de ce poisson , et la recherche de quelques renseignements sur ses allures auprès des pêcheurs au grand tilet, qui seuls le prennent et le connaissent véritablement, eut pu suffire à leur montrer, entre censés Lavarets, d’importantes divergences à la fois morphologiques et biologiques. En donnant raison aux hommes du métier qui distinguent deux sortes de Lavarets dans leur lac, ils eussent reconnu les deux formes que j’ai séparées sous les noms locaux latinisés de Lavaretus et Bezola *, et se fussent par là expliqué bien des
1 Un nouveau Corégone français du lac du Bourget. Acad. Paris,. 28 mai 1888.
divergences et même des contradictions entre les données de divers auteurs ; ils se fussent en particulier expliqué comment, suivant qu’il avait l’une ou l’autre des formes en main, Cuvier avait pu tour à tour rapprocher son Lavaretus de la Gravenche du Léman ou de la Pàlée et du Blaufelchen .
Le véritable Lavaret du Bourget, très différent de la Bezoule du même lac, rappelle assez le Blaufelchen de Constance, malgré ses allures différentes, et doit en être rapproché, à titre de sous-espèce, dans notre C. Wartmanni.
C’est, un excellent poisson, bien préférable à la Bezoule ou Bezeule, quoique, souvent pris ensemble, ils soient également vendus et consommés sous le nom vulgaire de Lavaret. La pêche s’opère ou au grand filet manié par deux bateaux, ou avec des tramails descendus bout à bout et laissés souvent deux nuits sur le fond.
La majorité des individus capturés mesurent 28 à 35 centimètres; cependant l’espèce atteindrait parfois le poids de 1 1/2 à 2 livres (un kilogr.), avec une taille bien plus grande.
Contrairement aux espèces ou sous-espèces voisines de Suisse, il dépose ses oeufs sur le gravier du bord, sous très peu d’eau, entre le 15 novembre et les premiers jours de décembre.
Grâce à cette circonstance d’une ponte littorale, le Lavaret a pu être introduit facilement et avec succès, il y a une dizaine d’années, dans le petit lac d’Aiguebellette, non loin du Bourget, à 380“ d’altitude '.
** Formes alpines .
27 (4). ALBOCK
Cor. Wartmanni, alpinüs 2.
Corps médiocrement élancé, un peu voûté en avant, avec pédi-
1 Peut-être se trouvera-t-il aussi un jour dans le Léman, où il n’y a point encore de Corégones à branchiospines nombreuses, car on se propose d’en essayer l’introduction dans ce grand lac, avec l’espoir qu’il y remplacera le Blaufelchen de Constance.
2 Pour distinguer ici cette forme alpine dans notre C. Wartmanni ,