PI. I
Corps élancé ; pédicule caudal assez allongé . Tète longue; museau un peu convexe , assez épais . Bouche terminale ou subterminale. Intermaxillaire vertical ou quasi-vertical, médiocrement élevé . Maxillaire arqué et plus ou moins retroussé, dépassant plus ou moins le bord de l’œil. Opercule petit. Œil grand . Écailles relativement très petites . Caudale à peine plus longue que la tête. Dorsale petite, étroite, acuminée et très déclive . Pectorales petites et acumvnées. — Vert clair chatoyant, ou blond en dessus; anale et nageoires paires pas mâchurées. — (Taille moyenne d’adultes et de vieux : 0m,20 — 22 à 0m,26 (0m29).
Brchsp. I, (32) 34-40 (41) = 1 : 3, 8-4, 8. — IV, (22) 25-29.
D. 4-5/9-10, A. 3-4/10-13, Y. 2/10-11, P. 1/14-15, C. 19 maj.
Squ. 80 — ■ ■ 90. — Vert. 59 (58-60).
Salmo salvelinus ( false ), Hartmann , Helv. Ichthyol. p. 124.
Coregonus Albula, Schinz, loc. cit. {jpartim ).
» candidus, Goll , Contrib. à, l’Hist. nat. des Corégones du lac de Neuchâtel ; Soc. Ilelv. Sc. nat. 1883 ; Archives Sc. phys. et nat. III, t. 10, p. 341.
» restrictus Bondella, Fatio, 1. c. p. 16, 9 et tab. I, D. 9.
Noms vulgaires : Bondelle ou Bondèle. lac de Neuchâtel ; Pfærrit ( part .), lac de Bienne.
COR. EXIGUUS, BONDELLA. 189
Corps effilé, soit allongé et assez comprimé, avec un profil supérieur généralement un peu plus convexe que l’inférieur, sauf chez les femelles pleines ou les individus gonflés; d’une hauteur maximale, à la longueur du poisson sans la caudale, le plus souvent comme 1 : 4,10—4,65 chez l’adulte, parfois jusqu’à 4,85 chez certains mâles; avec un pédicule caudal assez long, étroit et relativement peu élevé.
Tête longue, médiocrement épaisse et plutôt peu élevée en arrière ; d’une longueur latérale à peu près égale à la hauteur du tronc, soit, vis-à-vis du poisson sans la caudale, chez l’adulte généralement comme 1 : 4,20 — 4,65. — Museau un peu convexe, assez épais. — Bouche terminale ou subterminale. — Intermaxillaire médiocrement élevé, vertical ou quasi-vertical. — Maxillaire assez arqué, quoique plus ou moins suivant l’âge et les individus, et beaucoup plus retroussé que chez nos autres représentants du C. exiguus , avec un coude passablement reculé (voy. PI. II, fig. 14), parvenant sous le bord de l’œil, parfois presque jusque sous le bord de la pupille. (Il paraît un peu trop prolongé sur la PI. I). — Opercule petit, soit peu élevé, mais relativement assez large.
— Œil grand, d’un diamètre, à la longueur latérale de la tête, comme 1 : 3,45—3,95 au plus 4, chez l’adulte. — Espace préorbitaire à peu près égal à l’œil ou légèrement plus grand.
Branchiospines grêles et serrées, bien que plus ou moins longues et nombreuses; présentant à cet égard d’assez grandes différences entre individus plus constants du lac de Neuchâtel et sujets plus variables (probablement mélangés de bâtards) du lac de Bienne *.
Bondeïle de Neuchâtel : 35 à 40 (plus rarement 34 ou 41)
1 Les dents , que je n’ai pas cru devoir prendre en considération dans la détermination spécifique de nos Corégones, à cause de leur peu d’importance ordinaire et de la difficulté de leur appréciation, dont j’ai dit seulement quelques mots dans les généralités du genre, sont ici non seulement bien développées sur les pharyngiens supérieurs et inférieurs, mais encore assez nombreuses sur la langue pour présenter un maximum rare chez nos autres espèces et sous-espèces : les petites dents linguales sont, chez la Bondeïle, ou assez serrées et plus ou moins en quinconce, ou disposées sur 7 à 8 raies quasi-parallèles.
sur le premier arc, les plus grandes, vis-à-vis de l’amplitude assez restreinte de celui-ci, comme 1 : 3,80—4,65, avec 15 à 20 denticules latéraux; 25 à 29 épines sur le quatrième arc.
Pfœrrit de Sienne : souvent 32 à 36 sur le premier arc, comme 1 : 4—4,80, avec 12 à 16 denticules latéraux; 22 à 25 épines sur le quatrième arc. (Voyez plus loin, à la discussion de la variabilité de cette sous-espèce, les divergences extrêmes au point de vue des branchiospines dans ce dernier lac, et leur explication la plus probable.)
^Nageoires généralement acumiuées, petites ou moyennes : caudale acuminée et profondément écliancrée, à peu près égale à la tête, très peu plus longue ou parfois légèrement plus courte. — Dorsale beaucoup plus courte que la tête, de 7* à f/s de celle-ci, droite, étroite, pointue et fortement déclive. — Anale d’une hauteur environ 2/3 de celle de la dorsale et généralement un peu plus longue que haute, plus rarement très légèrement plus haute. — Ventrales couchées demeurant le plus souvent distantes de l’anus de 2/b ou Va de leur longueur. — Pectorales plutôt étroites et acuminées, atteignant, renversées en avant, entre l’œil et la narine ou à cette dernière, principalement chez les mâles. — Adipeuse assez longue, plus ou moins arquée, subacuminée ou subarrondie à l’extrémité.
Écailles petites, très délicates, minces et tombant très facilement ; subarrondies à Pavant du tronc, plus ovales ou élevées en amère. Une squame médiane sur la ligne latérale, subarrondie ou subcarrée, avec des stries médiocrement déliées, un nœud légèrement reculé vers le bord libre et un tubule assez allongé, plus ou moins étroit, passablement infléchi vers le bas à P extrémité; d’une surface le plus souvent, chez l’adulte, 4/8 à Ve de celle de l’œil (voy. PL II, fig. 28). Une squame lat. sup. antérieure souvent de surface 7i2 à 79 de celle de l’œil; une lat. post. inférieure plus étroite et élevée, de 1/8 à V6. Ces rapports très variables n’ont du reste, je le répète, qu’une valeur tout à fait relative.
Coloration pâle et très peu pigmentée. Toutes les faces supérieures d’un joli vert clair et chatoyant, au sortir de l’eau, parfois un peu grisâtre dans le lac de Bienne, mais passant
COR. EXIGUUS. BONDELLA.
généralement très vite, à l’air, à une teinte d’un brun jaunâtre pâle ou blonde; quelques individus seulement conservent encore après quelques heures le manteau vert clair de leur livrée à l’état de vie. Les côtés du corps et de la tête brillamment argentés, avec des reflets jaunâtres, verdâtres, bleuâtres ou lilacés; ventre blanc. Les environs de l’œil et du museau plus ou moins teintés de noirâtre violacé. Iris argenté. Dorsale et caudale grisâtres ou verdâtres pâles, très légèrement mâchurées ou plus foncées aux extrémités; anale transparente, verdâtre ou bleuâtre. Ventrales et pectorales légèrement jaunâtres et non mâchurées (voy. PL I)1.
Taille petite ou moyenne dans l’espèce; la longueur totale variant chez l’adulte de 0m,20 à Om,26 (except. 29); le plus souvent 21 à 23 centimètres, avec un poids moyen de 75 à 90 grammes. Les pêcheurs comptent d’ordinaire six individus à la livre.
Vertèbres généralement au nombre de 59, dont 34 à 35 costales, chez la Bondelle de Neuchâtel ; assez souvent 58 ou 60, avec 34 à 36 costales, chez le Pfaerrit de Bienne qui semble comprendre, comme je l’ai dit, pas mal de petites formes bâtardes ou étrangères à la sous-espèce. Chez les deux, assez souvent en outre une ou deux gaines ou fausses vertèbres, au delà de celle biseautée qui porte la dernière grande plaque caudale supérieure.
Le Cor. exigmis Bondella , assez constant dans ses divers caractères dans le lac de Neuchâtel, varie par contre beaucoup à plusieurs égards, comme nous l’avons vu, dans le lac de Bienne beaucoup plus petit et beaucoup moins profond. L’on pourrait même distinguer dans ce dernier deux variétés : l’une (a) très semblable à la Bondelle de Neuchâtel; l’autre (b) avec un nombre inférieur de branchiospines, un total de vertèbres assez variable, la tête souvent un peu plus courte et les nageoires, même les pectorales, volontiers plus mâchurées.
1 La couleur argentée de la planche I ayant tourné un peu au noir a malheureusement couvert en partie le dessin des écailles et des diverses pièces céphaliques.
Cette dernière (&), avec une variabilité dans plusieurs caractères qui semble indiquer des traces de mélanges, pourrait bien n’être représentée en majorité que par des produits bâtards du véritable Pfærrit (. BondeTle ) avec la Palée, ou par des jeunes de notre C. W. confusus dont nous avons dit qu’il pourrait aussi ne devoir son origine qu’à semblable croisement, au moins pour les formes qui le représentent, soit dans le lac de Neuchâtel ou il est rare, soit dans celui de Bienne où il est plus fréquent et où nous l’avons vu confondu tour à tour, soit avec le Pfærrit, soit avec les jeunes Palées, sous les noms de Brader et de Balchpjaerrit .
L’examen comparé de divers caractères et de l’état des ovaires en décembre et janvier, que j’ai pu faire en différentes années, m’a dès l’abord fait soupçonner l’existence de formes voisines confondues sous le même nom de Pfaerrit dans le lac de Bienne, la question de taille ayant dit présider surtout à la détermination spécifique des pêcheurs.
J’ai reçu de Bienne, par M. le Dr Vouga, en décembre 1882y de soi-disant Pfaerrit dont quelques-uns ne portaient que 32, 31, voire même 30 épines sur le premier arc branchial, avec un minimum sur le quatrième descendant exceptionnellement jusqu’à 21. Le 22 décembre 1887, j’ai reçu encore, par M. le colonel F. Imer, du lac de Bienne où ils avaient été capturés ensemble au nord de l’Isle, plusieurs individus de tailles différentes (entre 0m,22 et 0m,29) qui, avec 58 à 60 vertèbres et 32 à 36 branchiospines sur le premier arc, ou présentaient des ovaires très peu développés, ou avaient pour la plupart déjà frayé, les plus grands seuls montrant encore quelques boutons de noces, alors que le frai de la Bondélle (véritable Pfærrit) n& devait commencer que huit à dix jours plus tard, dans les mêmes eaux. Deux d’entre les plus petits présentaient avec cela des oppositions de caractères qui ne sauraient guère s’expliquer autrement que par quelque bâtardise ; l’un avait 62 vertèbres ; chez l’autre les branchiospines, au nombre de 36 sur le premier arc, étaient exceptionnellement courtes, soit vis-à-vis de celui-ci comme 1 : 6,S5.
J’ai déjà dit, à propos de mon C. Wartmanni confusus , que cette forme, à l’état adulte de proportions moyennes entre le Pfærrit et la Palée, s’était assez multipliée dans ces dernières
COR. EXIGUUS. BONDELLA.
années pour faire supposer aux pêcheurs de la localité que ce poisson pourrait arriver, par l’Aar, du lac de Thoune dans celui de Bienne, depuis la correction des eaux de cette rivière. J’ai dit aussi que rien ne m’a paru justifier cette supposition, car le poisson en question est constamment très différent des Corégones ( Balchen , Alhock et Kropfer) qui habitent le lac de Thoune. J’attribue plutôt la multiplication de cette forme moyenne, jusqu’ici moins remarquée, aux troubles que l’abaissement du niveau du lac a dû apporter dans les conditions de frai.
La Bondelle vit exclusivement dans les lacs de Neuchâtel et Bienne, oit elle est abondante et jouit d’une réputation bien méritée, car elle est d’un goût très agréable et fait, sur plusieurs points du littoral, particulièrement à Auvernier et Douane, l’objet d’une importante consommation. Elle remplace à quelques égards le Gangjisch du lac de Constance ; cependant, grâce à sa délicatesse même, à sa consistance relativement molle, au développement de la graisse qui enveloppe généralement ses intestins et à la prompte caducité de ses écailles, elle ne supporte pas aussi bien que celui-ci l’exportation à grandes distances. Genève, Lausanne et Berne en reçoivent plus ou moins en janvier; cependant une bonne partie du produit de la pêche est consommée sur place et vendue à très bas prix, pour être plus rapidement écoulée. On l’achète d’ordinaire chez le pêcheur au quarteron, soit par 25 à 30 . individus pesant ensemble environ trois et demi livres, pour la somme de un à un et demi franc, suivant les circonstances. Sa peau très peu pigmentée est, dégarnie d’écailles, d’un blond blanchâtre, tandis que celle des jeunes Palées de même taille paraît d’un bleu d’acier sur toutes les faces supérieures et le haut des fiancs.
Ce charmant et excellent petit poisson habite de préférence les profondeurs, où il mène, en nombreuse société, une vie tout à fait sédentaire et dont il ne s’écarte guère qu’au premier printemps, après avoir satisfait aux besoins de sa reproduction ; alors qu’à la suite d’un jeûne plus ou moins prolongé, il remonte entre deux eaux pour y faire jusqu’en juin la chasse aux petits crustacés de la faune pélagique.
Le temps de frai tombe généralement entre le 1er et le 20 janvier, parfois déjà sur les deux ou trois derniers jours de décembre au lac de Bienne, exceptionnellement jusqu’en février, comme en 1887 où la basse température des eaux résultant de la persistance des neiges sur le Jura amena un retard de deux à trois semaines. La ponte s’opère sur le sable ou le limon, dans les grands fonds; souvent à 90, 100 et même 130 mètres de profondeur. Les œufs sont assez gros, nombreux et jaunâtres. Ils m’ont paru varier chez différentes femelles de 2mm 40 à 2mm,70. Les individus des deux sexes sont alors ornés de nombreuses rangées parallèles de boutons de noces, soit tubercules épidermiques carré-longs et blanchâtres ; les mâles, toujours plus brillamment parés que les femelles, en portent parfois jusqu’à 13 ou 14 lignes superposées, ceux de la ligne muqueuse latérale moins développés que leurs voisins (voy. PL I), tandis que leurs épouses n’en comptent le plus souvent que cinq à huit.
Un fait intéressant que je n’ai trouvé signalé nulle part et que je n’ai observé chez aucun autre de nos Corégones, c’est l’usure fréquente des rayons de la caudale après le temps de frai, chez les mâles principalement1. M. Bachelin, d’Auvernier, excellent pêcheur et observateur, qui m’a envoyé plusieurs individus capturés à la lin de janvier 1887 dans cet état, les appelait Bonclelles queue-brûlée, nom parfaitement justifié par l’aspect et la couleur de cette nageoire extrême, alors rougeâtre et irrégulièrement rognée aux deux lobes, souvent jusqu’à la moitié et plus. Les autres nageoires sont en même temps, ainsi que la ligne latérale, plus ou moins injectées de sang. Cette détérioration érotique de la caudale doit dénoter probablement chez les nombreux individus qui en sont affectés, ou un mouvement de frottement très actif de cette nageoire sur le sable du fond, durant les jeux de l’amour, ou des poursuites et des luttes acharnées, avec voies de fait et morsures répétées, entre concurrents jaloux. Mais ce qui nous intéresse surtout, c’est que, faute de retrouver en d’autres saisons des Bondelles ainsi
1 Voyez : La Bondélle queue-brûlée , par V. Fatio ; Archiv. des Sc. phys. et nat. Déc. 1887.
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émargées, on doit se demander si ces victimes de la fièvre amoureuse ne meurent pas peu après leur ardente contribution au repeuplement, et si l’on ne doit pas voir là une nouvelle preuve à l’appui de l’espèce et de la limite assez réduite de sa taille.
Après trois ou quatre mois de dispersion et de chasse entre deux eaux, temps durant lequel il est difficile de les prendre, les Bondélles, dans le lac de Neuchâtel, reviennent en juin sur le haut-mont longitudinal qui porte chez les pêcheurs le nom de Motte , et se tiennent alors à 15 ou 20 mètres de profondeur, entre sable et végétation (ver de), en compagnie des Potées de toutes formes et tous âges. C’est depuis ce moment surtout et jusqu’en novembre qu’on peut prendre les Bondelles au grand filet, en même temps que ses autres congénères. Après ce stage estival et plus ou moins tôt ou tard dans le courant de novembre, suivant les années, elles descendent sur les flancs de la Motte à la recherche de profondeurs plus grandes et des conditions de température ou de pression qu’exigeront, quatre à cinq semaines plus tard, les besoins de leur reproduction.
La principale pêche de la Bondelle se pratique d’ordinaire en janvier, au moment du frai, avec des filets donnants, sortes d’étoles qui portent le nom de Bondéllières et que P on descend alors jusque dans les plus grandes profondeurs du lac, poulies y laissser jusqu’à trois ou quatre jours. Ce sont des filets à simple maille, de 1 mètre de hauteur sur 60 à 65 mètres de long, que l’on relie par 5, 6 ou 7, et que Fou dispose ainsi réunis selon l’axe du lac ou dans le sens des courants. Cette pêche est souvent très fructueuse. J’ai vu sortir ainsi de l’eau, dans le même filet, des individus passablement gonflés par le développement de leur vessie, avec d’autres pas ou à peine déformés, et il m’a paru que les femelles pleines étaient généralement les plus goitreuses, probablement à cause de la réplétion préalable de leur cavité viscérale. Ces dernières arrivaient la plupart du temps mortes à la surface, et les autres ne leur survivaient guère, mourant bien vite après leur sortie du lac, dans l’eau du réservoir \
1 Les Bondellières peuvent être aussi employées en été, disposées alors en zigzag sur les bords de la Motte .
COREGONUS II. A, b \
BALLEUS
Les Corégones européens, parmi ceux que j’ai pu examiner,, qui me semblent devoir rentrer, à titre de Sq>- cognatœ, dans cette seconde espèce mère ou ce second type, comme appartenant à la section A, fraction b présentant une mâchoire inférieure généralement moins longue que la supérieure, une bouche par là plus ou moins inférieure, soit moins terminale, et des branchiospines moins nombreuses, relativement courtes, peuvent être ici plus spécialement caractérisés par les quelques traits suivants, dont l’élasticité permet encore soit la distinction de diverses espèces géographiques et sous-espèces locales, soit l’adjonction de certaines formes intermédiaires ou composées faisant plus ou moins exception à tel ou tel d’entre eux :
Inter maxillaire haut ou moyennement élevé , plus ou moins incliné en arriére et en dessous, ou subveriical ; maxillaire supérieur ri atteignant pas le plus souvent jusque sous le bord antérieur de Vœil, chez V adulte; gorge non pbicée; coyps plus ou moins élevé ou médiocrement élancé, avec pédicule caudal plutôt ramassé; nageoires moyennes on plutôt grandes ; écailles moyennes ou relativement grandes .
Le Salrno Lavaretus de Linné, de la mer Baltique et de ses principaux affluents, au moins dans une partie des formes que cet auteur comprenait sous ce titre, peut être considéré comme la souche de la plupart des Corégones du continent qui répondent à la double diagnose ci-dessus; et, si je ne crois pas devoir conserver à cet ensemble d’espèces géographiques le nom donné par Linné, c’est qu’il embrassait des espèces très différentes, et à
1 Pour éviter une confusion possible, je dois expliquer que les lettres A et b ne correspondent pas à celles employées plus haut, à la gauche du tableau de la page 67. Elles doivent rappeler les sections et fractions du genre établies aux pages 59-61. Ce sont les chiffres : I, pour Dispersus, p. 103, et II, ici pour Balleus, qui correspondent aux A et B dudit tableau, où ils auraient dû peut-être être de préférence employés.
COREGONUS — TYPUS B ALLEU S.
cause de la confusion qu’il pourrait laisser subsister avec \eLavaret d’autres auteurs appartenant au type précédent, avec le Lavaretus de Cuvier et Valenciennes, entre autres. J’ai créé pour ce groupe de formes variées le nom de Balleus , rappelant celui des Balchen et Ballen très répandues dans la plupart de nos lacs.
Le Salmo Marœna de Bloch, des lacs du nord de l’Allemagne, paraît n’être qu’un descendant du Lavaret devenu sédentaire dans les eaux douces, et c’est au même titre de dérivés de la Maræne, plus ou moins modifiés par des conditions d’habitat différentes, qu’il faut en rapprocher aussi plusieurs de nos Corégones distingués sous les noms de C. Fera et C. hiemalis (Jurine), C. Palea (Cuv. et Val.), (7. acronius (Rapp), et peutêtre Cor . Sïkus (Cuv. et Val.) du cap Nord et de Laponie.
Je ne saurais être aussi affirmatif pour d’autres prétendues espèces d’Europe qui présentent, il est vrai, une assez grande ressemblance extérieure avec ces premières, mais dont je n’ai pu jusqu’ici étudier rappareil branchial, les C. gracilis (Gün- . ther) de Suède, C. Widegreni (Malmgrén) de Finlande en particulier, et pour quelques autres encore trop imparfaitement connues.
Certains Corégones asiatiques et américains qu’il m’a été permis d’examiner au Muséum de Paris, sur les types de Valenciennes, se rapprochent aussi assez de notre Balleus d’Europe, par leur bouche inférieure et leurs branchiospines peu nombreuses ; ce sont en particulier le C . Polcur (Cuv. et Val.) de Russie septentrionale et le C . aïïrns de Valenciennes qui comprend les C . Couesi (Millier) et C. Wïlliamsoni (Girard), des lacs de PAmérique du Nord \ spécialement caractérisés à côté de cela : le premier par un museau charnu notablement plus élevé, le dernier par un profil plus convexe en avant et un maxillaire plus prolongé en arrière.
Les espèces qui doivent rentrer dans le cadre de notre Balleus, en Europe, sont donc les suivantes :
1 Mélangés avec les types du C. albus de Valenciennes et classés sous le même nom, j’ai trouvé aussi quelques individus qui, avec une mandibule projetée et des branchiospines nombreuses, doivent être plutôt -rapportés au Cor . harengus (Richards.) de notre section B.
Salmo Lavaretus, Linné , Syst. Nat. éd. 12, p. 512 ( partira ).
» Maræna, Bloch, Fische Deutschl. I, p. 172, Taf. 27 et n° 36, p. 64.
» Maræna media, Hartmann , Helv. Ichthyol. p. 145.
Coregonus Fera, Jurine, Poissons du Léman, p. 190, PI. 7 ( Coregonus ).
» hiemalis, Jurine , loc. cit. p. 200, PL 8.
» Siküs? Guv. et Val. XXI, p. 500.
» Palea, Guv. et Val. XXI, p. 496.
» acroniüs, Bapp , Fische des Bodensees, p. 22.
» Lavaretus, Günther , Catal. of Fishes, VI, p. 178.
» Balleus Asperi, Schinzii, acroniüs et iiiemalis, Fatio , Corég. de la Suisse, p. 17 et 18 et tab. I.
» Bezola, Fatio, Comptes rendus de P Académie des Sciences, Paris, 28 mai 1888.
La plupart des Corégones réunis ici sous le titre de Balleus arrivent, dans de bonnes conditions, à une taille et un poids bien plus grands que ceux groupés plus haut sous le nom général de Dispersas ; quelques-uns atteignent même aux proportions maximales dans le genre, principalement dans des eaux plus septentrionales et plus riches que les nôtres, voire même jusqu’ à un mètre et plus (lm,30) de longueur totale, avec un poids de 20 à 24 livres (10-12 kilos).
Beaucoup viennent déposer leurs œufs le long des rives sous très peu d’eau, comme nos Sandfelchen, nos Palées de bord et nos diverses Ballen ou Bdlchen ; d’autres, comme le Kilchen , la Fera, la Palée de fond (var.) et le Blaulïng (part.) frayent au contraire plus ou moins profondément.
La Suisse compte des représentants de ce type dans douze sur seize de ses lacs habités par des Corégones autochthones. Je n’ai pas constaté leur présence dans les lacs de Hallwyl, Baldegg et Wallenstadt; peut-être se trouve-t-il cependant dans ce dernier des analogues du C. Asperi marœnoides (Blaiding,pars), jusqu’ici confondu dans le lac de Zurich avec notre C. Warimanni dolosns proche du Bla ujelchen.
Nos différentes formes suisses, avec des faciès et des allures un peu différentes, peuvent être groupées sous deux chefs principaux, sous-espèces continentales ou espèces locales plus ou moins isolées (cognatœ), auxquelles j’ai attribué les noms de C. Asperi et C. Schinzii , et dont on peut rapprocher soit le C L acroniüs (Rapp) du lac de Constance, soit les C hiemalis (Jurine) du Léman, et C. Bezola du Bourget.
COREGONUS ASPER1.
Nous verrons plus loin la subdivision en diverses sous-espèces des deux premières. Ajoutons seulement que c’est à tort, comme nous le verrons, que le Kilcken (G acronius) du lac de Constance a été rapproché par la majorité des ickthyologistes de la Grave il che (G hienmlis ) du Léman, très différente à beaucoup d’égards et plus voisine par contre de la Bezoule (G Bezola ) du lac du Bourget en Savoie.
Quoique maintenant mon hypothèse relative à l’origine mixte des deux dernières que j’ai taxées d’intermédiaires ou composées, parce qu’elles paraissent devoir le désaccord de quelquesuns de leurs caractères à un mélange ancien des représentants de nos deux types, dont l’un aurait aujourd’hui disparu dans les lacs où elles sont confinées, je crois, pour simplifier, devoir les rapprocher ici de nos formes du Balleus auxquelles elles ressemblent le plus. Notre Coregonus Suidteri de Sempach, trop variable à beaucoup d’égards pour être rationnellement rangé près de l’un ou de l’autre des types dont il accuse tour à tour tel ou tel des caractères, pourrait plutôt être mis à l’écart et mérite mieux que celles-ci le titre d’espèce bâtarde ( Corego nonothus) que sa description ultérieure justifiera peut-être.
On pourra donc grouper comme suit les représentants du Balleus en Suisse et dans le lac du Bourget.,
a Formes simples, plus constantes : G Asperi marœnoïdes G Schinzii et G acronius .
(3 Formes intermédiaires ou composées, plus variables sur quelques points : G liiemalis et G Bezola.