LA MUSARAIGNE PYGMÉE
Dix ZWERGbPITZMAUS
;So&EX PYGMJiiuS, Pallas
Brunâtre en dessus; (Vun gris clair en dessous. Queue un peu plus grande que le cùrps sans la tète et couvefie de jmls assez longs. Oreille dîpassant le poil. Museau pointu. Extrcmité des dents colorce en hrun-rouge. Première intennidiaire inférieure unilobte. Longueur totale moyenne = 90'
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Soii£X i'Y(iM^:i'S, Poli. Zoogr. ross. asiat. I, p. 134. .» MiM'TLS, Limu S. N. XII, p. 112, n. 2.
n ExiLis, Liun. s. N. XIII, p. 115, n. 11.
» HiNiMis, Geoffr. Ann. du Mus. XVII, p. 186.
» MiNiTi^MMis, Herm. Zimm. Oeogr. Oesch. II, p. 385, 310.
» PI .MiLio, Waijler, Isis, 183i, p. 54.
i> PiMiLis, yilMH(m, Ârch. Sk. lioit. I, p. 145.
» lU'sTU rs, S. iiiiiKUMcis, JenynA, Aiin. of Nat. Hist. 1838. AuriiisoKKX PYGM^i s, Ihivct^ti. Nov. act. pliys. nied. XIII, p. 483.
J'ai toujours tenu jusqu'ici à faire rei)Oser mes descriptions sur lëtude d'un ensemble d*indi>idus vraiment indigènes ; aus^i, sans quelques citations que je ne saurais négliger, je n'aurais pas cru devoir mentioimer le Sorcx pygmœus que je n'ai jamais
* Histoire naturelle du Jura et des départements voisins, tome III. Zoo* logic vivante, par le frère Ogérieu, lb(î3.
trouvé ni réussi à me procurer en Suisse. Je me bornerai donc à donner une description très sommaire de cette espèce pour la signaler à Tattention des naturalistes, après avoir rappelé, en deux mots, les observations dont j'ai parlé et dont je n'assume point la responsabilité.
M Conrad de Baldenstein a publié ' qu'il captura, en 1836, un exemplaire de cette Musaraigne qui dévastait son rucher, près de Ihusis dans la vallée du Rhin postérieur (Grisons). Toutefois, l'individu n'ayant malheureusement pas été conservé, et la description de cet auteur étant tout à fait insuffisante, je ne puis me baser sur cette première citation pour élever ce petit Sorex au même rang que les autres ; aucun sujet n'a du reste été revu depuis lors dans la localité.
M. Théobald, prof, à Ck)ire, pense que cette espèce doit peutêtre exister dans la Basse-Engadine; cependant aucune preuve palpable n'est encore venue appuyer pour moi cette hypothèse.
M. Stauffer, de Luceme, m'a écrit avoir obtenu, dans ces dernières années, trois échantillons de la Musaraigne pygmée provenant des bois voisins de cette ville *. Il est possible que cet animal se trouve, en effet, dans cet endroit qui semble devoir lui convenir parfaitement; toutefois j'aurais voulu pouvoir examiner moi-même ces individus en chair '.
Le Sorex pygnueus possède comme ses congénères 32 dents colorées en brun-rouge à l'extrémité. — Le talon de l'incisive supérieure est chez lui presque aussi élevé que la dent suivante ; les trois premières intermédiaires, en haut, sont à peu près égales. — Les incisives inférieures sont dentelées par trois saillies bien accentuées ; la première intermédiaire en bas est unilobée. — Le museau est très allongé, pointu et pourvu d'une moustache qui dépasse l'oreille. — Les pieds sont moyens et couverts de petits poils clairs. — L'oreille, comparativement grande, dé-
* Thomas Coarado zu Baldenstein. Ëiniges ûber M&osearten . Jahresbericht der Nat. Geoell. Graubttndens ; Neue Folge,yiII Jahrgang. Ver.-Jahr ISOl- 62, p. 102.
' Il est aisé parfois à quelqu'un qui ne s'est pas spécialement occupe de ces petits animaux de prendre un jeune Sorex vulgaris pour un S. pygmœua.
' J'ai reçu une peau de Sorex pygitueua de M. Stauffer, mais je n'ai jamais pu savoir exactement si peut-être elle ne venait pas de l'étranger.
1 33 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
passe le poil. — La queue égale un peu plus que le corps sans la tête ; elle est bicolore, épaisse et garnie sur tout le pourtour de poils assez grands et formant un pinceau à Textrémité. — Le pelage est fourré et plutôt long; il est gris-brun ou brunâtre foncé en dessus , et d'un gris clair, blanch&tre ou légèrement roussàtre en dessous.
Du nez au bout des poils de la queue, ce petit Sorex mesure, en moyenne, 90"", la tête comptant à elle seule 19"", et la queue 39"". Le pied postérieur égale jusqu'à 12"" de longueur au bout des ongles.
La Musaraigne pygmée habite de préférence les localités boisées, se nourrissant, comme ses congénères, d'Insectes et même de petits Vertébrés. Elle est assez répandue en Europe, mais principalement dans les pays septentrionaux.
Genre 3. LEUGODE
LEICODON, nobis i
Boîte crânienne très dvprimée. Le maxillaire suptrieur relevé en courbe convexe le long des molaires, et nonprolomjê en arriire. 2S ou 30 dents toujours blanches. Incisives îwférieurespeu ou point dentelées. Pas de cils sur les céftés des pieds. Queue conique et ornée de gramls poils épars et divergents.
* n m'a semblé qoll fallait enlever le nom de Leucodon (Hermaan) à tue espèce dont il n'indique nullement nn caractère propre, et qn'U trouTerait beaucoup mieux sa place en tète d'un genre chez lequel les dents blanches sont nn trait caractéristique solide et en constante opposition, à tous les Af es, avec la coloration rouge de ces organes dans les antres genret. Je conserverai le nom de Crocidura (Wagner) pour la première subdivision, et j'appellerai L. tnicrouruB la Leucode que je prive de son nom.
Le crâne est droit et acuminé, comme dans le genre précédent ; la boîte crânienne est très déprimée et la face un peu moins allongée. Le maxillaire supérieur n'est point prolongé en arrière, mais remonte avec la couronne des molaires, en décrivant une courbe dont la convexité est tournée en bas.
Les dents sont constamment entièrement blanches dans tous les âges ; cependant on peut subdiviser ce genre en deux sous-genres, suivant qu'elles sont au nombre de 28 ou de 30, par le fait de l'absence ou de la présence d'une quatrième petite intermédiaire en haut. La mâchoire inférieure compte toujours 12 dents. Les incisives sont peu ou point dentelées ; c'est à peine si elles accusent chez les jeunes individus deux faibles dépressions.
Les membres sont trapus ; les pieds sont dépourvus de cils latéraux, garnis de tubercules plantaires et portent des ongles courts et comprimés.
Le museau est très long, très pointu en avant et fortement renflé en arrière jusqu'aux yeux. Les narines s'ouvrent sur les côtés ^u nez.
La queue est moyenne et conique; son pelage ras est dépassé, sur tout le pourtour, par de longs poils isolés, relevés et divergents, qui mesurent de 6 à 10 millimètres environ. Ces grands cils épars se voient déjà chez de très jeunes individus encore presque nus.
L'oreille est grande et sort du pelage environnant ; le lobe médian est très développé.
Les yeux sont petits et toujours plus rapprochés de l'oreille que du nez.
Le pelage est assez égal, moyennement long et fourré.
Les Leucodes préfèrent le terrain découvert et les lieux cultivés, se nourrissant d'Insectes et parfois de petits Ver-
tébrés. Elles se retirent souvent dans les b&timents pendant la mauvaise saison ' .
L'Europe possède trois espèces de ce genre, réparties, comme je Fai dit, dans des sous-genres différents, d'après le nombre de leurs dents : les Grocidures, très répandues au nord et au sud des Alpes, et les Pachyures dans le midi seulement. La Pachyura etrusca ou suaveolens^ qui est le plus petit Mammifère connu, nous fait entièrement défaut et n'a jamais, à ma connaissance, été signalée au nord des Alpes.
Sois-genre CROCIDURE
Crogidl'ba, Wii«rler
Les dents, toujours blanches, au nombre de 28 seulement ; les molaires développées en cônes aigus et moins en lames tranchantes que chez les autres Soricines.
A la michoire supérieure, 16 dents réparties comme suit, de chaque côté: 1 incisive très forte et très recourbée; 3 intermédiaires dont la première toujours de beaucoup la plus grande; 4 molaires à tubercules aigus, la dernière la plus petite.
A la mâchoire inférieure, 12 dents; de chaque côté: 1 incisive longue et droite, 2 intermédiaires dont la première la plus petite et 3 molaires.
Formule :
* 3 2 3 4 oQ 1 ♦
' CVst dans ce cas que leurs petits sifdement* modulés out fait supposer h f^uelques personnes Texi^tence de Souris chanteuses.
Les Crocidures sont très répandues dans l'Europe centrale, et surtout abondantes au midi. Elles ne s'élèvent pas aussi haut dans les Alpes que les représentants des genres précédents.
La Suisse possède les deux espèces européennes.