‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 30 sur 91 · PI. V · texte numérisé non relu

PI. V

D'tm bnm marron ou noirâtre en dessus; blanc en dessous et sur les côtés. Queue conique et bicolore, égale environ à la moitié du corps dt parsefnvée de longs 2>oils divergents. Oreille asscj: grande et déjxtssant le pelage. Museau pointu. Dents blanclècs.

^ Pictet, F.-J. Ossements de Mattegnin. Mém. Soc. Phys. et Hist. nat. XI, 1846, p. 89.

> Le nom <le Leucodon qa^Hermann a attribué à cette espèce, rappelant un caractère commun aux divers représentants du genre, a été bien souvent

1 38 FAUNE DES VERTÊPBÉS.

Première wtemiSiaire mperiettre beaucoup jJus basse que la j)ointe majeure de Vincisive. Longueur totale moyenne = 107^^.

SoREX LEi'CODON, Herm. Zimm. Geogr. Gesch. II, p. 382. Crocidi'Ra LEiTODON, WaglcT, Isis, 1832, p. 275.

En tout 28 dents parfaitement blanches.

Mâchoire supérieure: incisive très forte et recourbée avec un talon beaucoup plus bas que la dent suivante ; la première intermédiaire plus grande que les deux autres, mais bien moins haute que la pointe majeure de Pincisive ; la troisième de ces dents la plus petite et un peu rejetée en dedans de la ligne dentaire.

Mâchoire inférieure : incisive longue et droite, à peine marquée de faibles dépressions. Les deux intermédiaires unilobées; la première de beaucoup la moins développée, couchée sur la base de Tincisive et s'avançant jusqu'au-dessous du milieu de la seconde.

Museau très pointu sans être très long, bien velu et pourvu d'une moustache dont les plus grands cils dépassent légèrement Textrémité de l'oreille.

Pieds petits et couverts de poils blancs; les postérieurs seulement un peu brunâtres sur le côté et vers le talon; les ongles des antérieurs moyens, comprimés et acérés.

Œil minime, placé à 7"" environ de l'oreille.

Oreille grande, couverte de poils ras et bien visible au-dessus du pelage.

Queue conique, mesurant à peu près la moitié du corps, parsemée de grands cils blancs, franchement bicolore, bien velue et terminée par un pinceau de 3 à 4"".

Pelage assez fourré, égal et plutôt court.

Faces supérieures d'un beau brun plus ou moins rougeâtre, restreint aux parties dorsales et tranchant vivement avec

une soarce de confusion entre cette Leucode et la précédente. J*aî donc cru qu'il serait bon de la désirer autrement, et je Tai distinj^uée sous le nom de Courte-queue (Leucodon microurns) , à cause des proportions de ce membre toujours moindres chez elle que chez les autres espaces les plus voisines.

INSECTIVORES . i 39

la coloration claire des côtés du corps; plus rarement d'un gris noirâtre.

Faces inférieures blanches, du menton à l'extrémité de la queue; les joues et les flancs, blancs aussi, se dessinant agréablement sur le brun foncé des parties supérieures.

Jeunes d'une coloration souvent plus grisâtre que celle des adultes.

Cette espèce présente, comme je l'ai dit, des variétés d'un gris noirâtre plus ou moins foncé en dessus ; cependant il existe toujours une opposition nettement accentuée entre les couleurs des deux faces; j'en ai rencontré de semblables à Bâle. J'ai trouvé aussi, dans l'Oberland bernois, des individus ornés de petites mèches blanches sur le front ou le sommet de la tête.

Longueur totale 0",102 à0»,113

de la tête 0,023 0,025

de l'oreille (du bas en-haut) 0,007

entre rœil et le bout du nez 0,011 0,012

du pied antérieur (avec les ongles) 0,009

du pied postérieur (avec les ongles) 0,0125 0,0130

de la queue (de l'anus au bout des poils) 0,026 0,034

La Leucode courte-queue est assez répandue en Europe, mais elle semble s'étendre moins vers le nord que l'espèce précédente. Elle est plus rare dans notre pays que l'Aranivore et s'élève un peu moins haut dans la montagne. Son abondance est assez inégale dans nos divers cantons. Elle est commune dans les Grisons jusqu'à ICKX) mètres environ et se trouve fréquemment dans les environs de Lucerne. Je l'ai capturée dans quelques vallées de l'Oberland et reconnue aussi à Bâle. Enfin, M. L. Coulon l'a prise près de Neuchâtel, dans les pentes inférieures du Jura. On la rencontre moins souvent dans la Suisse occidentale; elle est, en particulier, très rare dans les environs de Genève. Cette Leucode oflfre des mœurs assez semblables à celles de l'espèce précédente ; elle chasse de même les Insectes et les petits Vertébrés, de préférence dans les champs ; mais elle s'approche moins volontiers des demeures de l'homme et se montre aussi plus souvent, hors des terrains découverts, dans les broussailles.

140 FAIWE DES VERTÊBBÊS.

Famille lU. ERIXACIDES

ERIXACID.E

Les Erinacidés présentent des formes variées, avec un corps plus ou moins trapu et un museau assez allongé. Lie pelage est, chez le plus grand nombre, rude ou pourMi de piquants. Les membres sont normaux, plutôt courts et forts, et constitués pour la marche principalement. Les oreilles varient un peu de dimension ; la queue est quelquefois nulle et généralement courte dans la plupart des genres. Les yeux sont moyens. La dentition des Erinacidés oflfre de grandes diversités quant aux développements comparés des différentes sortes de dents.

Ces animaux, d'une taille supérieure à celle desindindus des familles précédentes, ont un genre de vie en grande partie nocturne, exclusivement terrestre et quelquefois souterrain; ils se nourrissent d'Insectes et de petits Vertébrés, comme aussi de substances végétales.

Us sont répandus dans les continents et les lies de l'ancien monde.

Les Erinacidés peuvent être divisés en trois ou quatre tribus, d'après la présence ou l'absence des arcades zygomatiques et les formes diverses du crâne et de la dentition.

L'Europe jwsséde des représentants de la tribu des Erinacins seulement.

Tribu des ERINAGINS

ERINACINA

Le crâne des Erinacins est fort, plutôt court et de forme carrée ou anguleuse; il est toujours pourvu d'arcades zygomatiques (Voy. PI. VI, fig. 3).

Les incisives ont, chez ces animaux, une importance beaucoup plus grande que les canines ; ces dernières restent, en effet, au niveau des petites dents voisines, et font même défaut, si Ton ne veut les reconnaître à leur position dans la troisième intermédiaire supérieure (Voy. PL VI, fig. 3 et 6).

Le pelage est rude et pourvu de nombreux piquants.

Les membres sont trapus et les pieds antérieurs munis de cinq doigts.

Le tronc est court et capable de se rouler en boule sous rinfluence de puissants muscles pauciers.

Le museau est développé en une sorte de groin.

L'oreille est simple et moyenne.

Les yeux sont de médiocre dimension.

La queue est très courte.

Ces Insectivores sont doués d'un sommeil hivernal plus ou moins profond suivant les climats, et ne se montrent d'ordinaire que vers le soir, chassant les petits Vertébrés ou cherchant des racines et des fruits. Leurs amours commencent dès le premier printemps; les femelles, munies de dix mamelles, pectorales et ventrales ou inguinales, donnent le jour, une fois par an, au commencement de

Tété, à des petits en nombre variable de 3 à 8 qui viennent au monde presque nus, mais pourvus déjà de piquants rudimentaires.

Cette tribu, bien caractérisée, ne possède jusqu'ici qu'un seul genre représenté par plusieurs espèces dans les diverses parties de l'ancien monde.

Genre HÉRISSON

ERINACEUS, Linné

Crâne ramassé, droit, anguleux et carré en avant. Des arcades zygmnatiques. 36 dents. Le pelage garni de piquants aux faces supérieures. Le museau terminé en groin. L'oreille bien développée. La queue très courte.

Le crâne des Hérissons est large et droit, et toujoui^s pourvu de fortes arcades zygomatiques ; la face est carrée en avant (Voy. PI. VI, fig. 3).

Les dents sont au nombre de 36, réparties comme suit, sur chaque mâchoire.

A la mâchoire supérieure, 20 dents; de chaque côté: 3 incisives , la première, la plus grande, est séparée de la correspondante sur l'autre maxillaire par une barre assez large; des deux suivantes un peu reculées, la seconde, légèrement distante des prémolaires, peut être considérée, si l'on veut, comme canine, à cause de sa position' ; après

* n y a plusieurs manières de considérer ces dents : Ton peut appeler intermédiaires les cinq petites qui se trouvent entre la grande incisive et la première molaire, ou bien regarder comme seconde incisive la première petite, et comme canine rudimentaire la seconde qui tombe presque sur la

cela suivent 3 prémolaires et 4 molaires, la dernière étant de beaucoup la plus petite (Voy. PI. VI, fig. 6).

A la mâchoire inférieure, 16 dents; de chaque côté : 1 grande incisive ; puis 3 petites dents dont la première peut être considérée comme deuxième incisive, la seconde, la plus haute, comme troisième incisive ou canine rudimentaire, et la troisième comme prémolaire unique; enfin viennent 4 molaires, dont la dernière est la plus petite (Voy. PI. VI, fig. 3).

La formule sera donc :

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