‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 32 sur 91 · LE HÉRISSON Der Igel · texte numérisé non relu

LE HÉRISSON Der Igel

Erisaceus EURor.EUS, Linné

Brunâtre en dessus; rou^^sâtre en (Icssons, Queue égale au pinl antérieur. Front presque entièrement dégagé des piquants, OrvilhjÀus pdite que le tiers de la tête. Cinq doigts derrière. Longueur totale moyenne = 300^^.

Erixacel's EunoPvErs, Linn. Syst. Nat. XII, p. 75, n*» I.

En tout 36 dents. M&choire supérieure : la première incisive à peu près verticale, mesurant le double des suivantes et séparée d'elles par un petit espace vide ; la deuxième la phis petite ; la troisième isolée de la prémolaire par un second espace vide ; les trois prémolaires décroissant d'avant en arrière, la dernière seule bilobée. Les trois premières molaires carrées avec des tubercules coniques, la seconde la plus forte, la quatrième de beaucoup la plus faible (Voyez PL VI,

fiK. 6).

Mftchoire inférieure: la première incisive fortement penchée en avant et au moins deux fois plus grande que les suivantes ; la seconde la plus petite. La prémolaire ou quatrième dent, plus petite que la précédente, bilobée et un peu distante de la molaire. La première molaire la plus haute, la seconde la plus large (Voyez PI. VI, fig. 3).

Museau conique, allongé, orné d'une assez forte moustache et terminé par un groin assez large, avec des narines laté-

raies susceptibles d'être plus ou moins fermées par un repli de la peau.

Pieds, tous pourvus de cinq doigts ; ongles moyens, les antérieurs recourbés, les postérieurs presque droits.

Œil de moyenne dimension.

Oreille arrondie, couverte de poils ras, paraissant hors du pelage au-dessous des piquants et assez variable dans la longueur suivant les individus, quoique généralement plus petite que le tiers de la tête.

Queue courte, brun&tre ou rouss&tre, un peu velue et égalant, jusqu'au bout des poils, la longueur du pied antérieur avec les ongles.

Pelage rare et garni de nombreux piquants, du sommet du front à la base de la queue et jusque sur le bas des flancs ; dépourvu de piquants et comparativement doux en dessous, comme sur les membres, la face et les côtés de la tête et du cou.

Faces supérieures brunâtres ; chaque piquant étant blanchâtre en bas, noirâtre au-dessus et jaunâtre à la pointe.

Faces inférieures d'un gris fauve ou brunâtre et marquées souvent d'une légère bande claire, depuis le membre antérieur jusque sur la première partie des flancs. La tête, les côtés du corps et les jambes plus fauves ; le museau et les pattes souvent plus noirâtres.

Jeunes assez semblables à leurs parents.

Cette espèce varie dans l'intensité des teintes et les diverses proportions, suivant l'âge, les saisons et les sexes ^

Longaeur totale

> de la tète

de l'oreille (aa bord externe)

da pied antérieur (avec les ongles)

> da pied postérieur (avec les ongles)

» de la queae (de l'anus an beat des poils)

' Nos paysans distinguent deux sortes de Hérissons diaprés les formes de leornei. Hs prétendent reconnaître un Hèriason à grain de cochon et un^érisson à nu de chien; le premier étant excellent à manger et le second détes-

146 FAUNE DfcS VERTÉBRÉS.

Le Hérisson habite presque toute TEurope, au nord comme au sud. Il est commun dans la plupart de nos vallées et s'approche parfois, dans les Alpes, des limites de la grande végétation, à 1500 mètres environ. Il passe Thiver roulé en boule et endormi dans quelque trou peu profond qu'il a arrangé et garni lui-même dlierbes sèches. Durant la belle saison, il repose tout le jour dans les buissons et se rend le soir en grognant vers les champs et les jardins pour y chercher sa nourriture. D ne se contente pas seulement d'Insectes ou de racines et de fruits; mais il donne la chasse, avec beaucoup d'adresse, aux Lézards, aux Serpents, aux Souris et même aux petits Oiseaux, mangeant les ims, saignant les autres *. Cet animal a la propriété d'être insensible à plusieurs poisons et de ne ressentir aucun effet de la piqûre des Vipères auxquelles il livre de fréquents combats; Pallas cite même qu'il peut manger plusieurs Cantharides sans en être incommodé, quoique ces Insectes soient très dangereux pour la plupart des Mammifères. Le Hérisson, habile à prendre les Souris, peut rendre ainsi de grands services.

De nombreux débris du Hérisson ont été trouvés sur divers points en Suisse, dans les tombes et les restes des Palatittes •.

Uble. Je dois dire, cependant, que je n'ai jamais pu saisir moi-même cette nuance et qu'elle me parait purement imaginaire ou peut-être basée sur la comparaison d'individus à des degrés d'embonpoint dififéreuts.

* Ayant laissé, une nuit seulement, un Pigeon et un Hérisbon enfermés ensemble dans la même chambre, j'eus la surprise de voir au matin que ce dernier avait tué et dévoré TOiseau. Il avait dû grimper agilement sur un amas de bûches où perchait le Pigeon et attaquer assez brusquement sa proie endormie potur la retenir sans qu'elle perdit ni plumes, ni sang. En effet, le Pigeon, blessé au cou, avait le flanc ouvert et la ca\ité vÎM^érale entièrement vidée. Le Hérisson s*était probablement très vite rendu maître du pauvre Oiseau, car il n'y avait, je le répète, sur le plancher où gisait le cada\Te, aucune trace de lutte, ni une plume, ni une goutte de sau^r ; K* meurtre avait été accomph avec une adresse que Ton serait loin d'attribuer à un animal d'une apparence si nonchalante.

* Ratimeyer, L. Die Fauna der Pfahlbauten in der Schweiz, IhGI, p. 23. — Hcrknnft unserer Thierwelt, ISiu.

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