‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 34 sur 91 · Cr&ne de Myoxm GUa ; par dessas (grand, nat · texte numérisé non relu

Cr&ne de Myoxm GUa ; par dessas (grand, nat

9. Molaires sapérieores gaocbes, de Myocus GUa; fiice de la couronne

(6/1 de grand, nat.).

10. Cr&ne de Muê akxandrinoraUm (teucogatter); de profil (grand, nat).

11. Cr&ne de Mua àUxandrinorattua {leucogaaier) ; par dessas (grand.

nat).

12. Molaires sapérieores gauches de Mua akxandritmratiua (BoUêu);

face de la couronne (6/1 de grand, nat.).

18. Maxillaire sap. et plis palatins de Mua Muaeulua; par dessous

(2/1 de grand, nat.).

14. Maxillaire sap. et plis palatins de Mua paathmUma; par dessous

(2/1 de grand, nat.).

16. Cr&ne de V Amodia amphMua (Var. terrestr. adulte); par dessas

(grand, nat.).

16. Molaires supérieures droites de VAnfiooUa agreaUa (Var.); ftce de

la couronne (5/1 de grand, nat.).

17. Molaire radiculée supérieure de Sâwrua vulgaria; vue par le o6té

externe (2/1 de grand, nat.).

18. Molaire sans racine, première inférieure de Lepua Umidua; vue par

le côté externe (2/1 de grand, nat.).

f' 'ifH

(mm^'i

Ordre m. RONGEURS

RODENTIA

Les Rongeurs varient beaucoup, soit dans les formes , soit dans la taille et le genre de vie; cependant, ils possèdent en commun plusieurs caractères qui permettent de les grouper facilement dans un ordre parfaitement naturel.

Ils ont tous quatre membres onguiculés et sans pouce opposable, appropriés à divers usages. Leur développement est disco-placentaire comme celui des Mammifères supérieurs; leur cerveau est, par contre, rarement pourvu de circonvolutions. Us n'ont jamais que deux sortes de dents, les canines étant toujours remplacées, chez eux, par un grand espace vide nommé barre. Les incisives, ordinairement au nombre de deux sur deux ou au plus de quatre sur deux, sont très fortes et privées de racines ; les molaires, radiculées ou non, présentent des aspects divers. Le condyle de la mâchoire est allongé en avant au lieu d'être transverse.

Ces animaux sont doués d'une grande fécondité et porteurs de mamelles souvent nombreuses. Leur nourriture est principalement végétale ; aussi ont-ils un intestin très allongé et généralement un cœcum assez vaste.

D existe, malgré la différence d'alimentation, un parallélisme intéressant entre les formes variées, ainsi que les

divers genres de vie des membres de cet ordre et ceux du précédent. Parmi les Rongeurs, comme chez les Insectivores, l'on trouve des espèces aveugles et d'autres munies de piquants ; de même l'on peut y distinguer des animaux marcheurs, des grimpeurs, des sauteurs, des nageurs et des fouisseurs. Les uns sont diurnes, les autres crépusculaires ou nocturnes ; tantôt ils vivent en société, tantôt ils préfèrent l'isolement. Certains Rongeurs sont doués d'un sommeil hivernal; plusieurs en sont, par contre, dépourvus. ' Tous les contments nous offrent des types de cet ordre le plus riche et le plus répandu.

Quelques zoologistes ont divisé ce vaste ensemble en sous-ordres différents, suivant le nombre des incisives supérieures et l'absence ou la présence de la clavicule. Cependant l'importance de ces caractères me paraissant bien contestable, je préfère signaler simplement onze principales familles, subdivision du reste très diversement établie et jugée par chaque nouvel auteur ' .

L'on peut classer les Rongeurs d'après les dents, les formes du crâne, les proportions des membres, la nature du pelage, etc., en:

SciUKiDÉs (Écureuils), Castoridés (Castors), Myoxi-

* Bien des auteurs ont successivement traité, en tout ou en partie, de cet ordre si nombreux : Pallas, Geoffroy-St-Hilaire, Brandt, Giebel, Waterhouse, Wagner, Jones et bien d'autres. Je signalerai, en passant, quelquesuns des ouvrages qui m'ont été surtout utiles dans ce travail : De Sclts- LoNGCiiAifPS, Edm., Études de MicromammaloRie, 1839. — Ketserling et Blasius, Die Wirbelthiere Ëuropas, 1840. —Wagner, A., Gruppimng der Gattongen der Nager, etc., Archiv fur Katurg., 1841, vol. I; — Beschreibung einiger neuer Nager, etc., Acad. der Wiss. Mnnich, 1843, vol. III» etc. — Gervais, Hist. nat. des Mammifères, 1854. — Blasius, J., Xatarg. der Saugeth. Deutschlands, 1857. — Harting, P., Leerbochvan de Grondbeginselen der Dierkunde^ etc., 18G3, etc., etc.

RQNGEURS. 151

DÉS (Loirs), MuRiDÉs (Bats), Cunicularidés (Spalax), Dypodedés (Gerboises), Ctenomyidés (Cténomes), Hys- TRiciDÉs (PorcS'Épics), Cavidés (Cobayes), Ériomyidés (Chinchilla) et Duplicidentidés (Lièvres, Lagomys).

L'Europe possède des représentants de huit de ces famiUes; les Ctenomyidés, les Cavidés^ et les Ériomyidés manquent seuls à notre continent.

La Suisse ne renferme aujourd'hui que des SciURiDiE, des Myoxid^, des Murid^ et des Duplicidentid^.

Sur soixante espèces européennes, notre pays n'en peut compter jusqu'ici que dix-sept bien certaines et actuellement vivantes, plus trois douteuses.

Je laisse de côté les familles qui ne nous intéressent pas directement, pour ne plus m'occuper que des mœurs et des caractères de nos espèces propres.

Nous n'avons pas de Rongeurs pourvus de piquants comme le Porc-Épic. Les sauteurs comme la Gerboise, et les fouisseurs aveugles comme le Spalax, nous font également défaut. Enfin, les Castors ne bâtissent plus leurs digues dans nos eaux*. Toutefois, il existe encore chez nous bien des formes diverses de mœurs différentes dans nos champs, dans nos bois et jusqu'au sein des neiges et des glaces de nos Alpes ; sans parler de cette foule de petits commençaux qui pillent nos maisons.

n y a des espèces herbivores, granivores et frugivores ; d'autres sont omnivores et souvent presque carnivores. A

* Le Caria, conservé captif en Europe, est originaire du Brésil, et représente seul, sur notre continent, la famille des Cavidés.

• Le Castor tenait encore, il y a deux siècles au plus, la place des Castoridés dans notre pays.

ces alimentations variées correspondent des divergences dans la structure, dans les dents et dans les membres.

Parmi les Rongeurs il en est qui s'établissent sur les arbres, tandis que d'autres se construisent, au contraire, des demeures sous la terre ou sur le sol. Le nid arrondi et suspendu d'un Écureuil ou d'un Loir contiendra, une ou deux fois l'an, de deux à neuf petits ; celui d'un Campagnol, également en forme de boule, mais bien caché au milieu des nombreux carrefours d'un labyrinthe souterrain, renfermera, jusqu'à sept fois l'an, de trois à huit petits. Un mauvais gite, sous quelque buisson, suffit au pauvre Lièvre ; il s'en contente en toute saison, et y dépose, dans une simple dépression du sol, de trois à quatre fois l'an, de deux à cinq Levreaux. La Marmotte, amoureuse de ses aises, se creuse avec beaucoup de soins, sur les flancs de nos montagnes, un vaste logis composé de deux chambres. C'est dans la plus grande de ces salles qu'elle dort l'hiver en société de cinq à douze ou même quinze de ses semblables, et qu'elle met au monde au printemps, une fois seulement, de quatre à six rejetons.

La durée àe la gestation est très courte et ne varie, en général, que de trois à six semaines avec les genres et les diverses espèces. L'amour tient une si large place dans la vie des Rongeurs, que chez beaucoup d'entre eux les mâles sont presque continuellement possédés d'une jalousie féroce, (|ui les pousse souvent à se battre et même à se manger entre eux. La poligamie n'est pas fréquente, mais Ton remarque pourtant, dans certains genres où h reproduction est très abondante, que la femelle, absorbée par les soins du ménage, ne peut pas toujours assez surveiller les écarts de son époux.

Les petits naissent sourds, nus et aveugles, ou velus et

voyants, suivant qu'ils sont plus ou moins protégés dans leur premier berceau ; jusque dans un même genre cette différence est très sensible. Les Lapereaux viennent au monde, dans des terriers, nus et aveugles; tandis que les Levreaux, de suite exposés à Tair libre, reçoivent le jour les yeux ouverts, velus et prêts déjà à courir après leur mère. Le développement est du reste toujours assez prompt; beaucoup de jeunes reproduisent dès Tannée de leur naissance.

La plupart de nos représentants de cet ordre se servent de leurs pattes antérieures comme de main, pour porter la nourriture à la bouche ; leurs mouvements ont quelque chose de gracieux ; on les voit souvent s'asseoir sur le train de derrière et faire leur toilette à la manière des Chats. Ces animaux ont une intelligence fort peu développée, et la plupart des actes qui, chez eux, attirent notre attention doivent être attribués à un instinct peu susceptible de perfectionnement .

Certains Rats et quelques Campagnols exécutent, en nombre immense, des voyages souvent très longs; ce ne sont pas, en efi^et, les Lemmings du nord seulement qui font de temps à autre de ces sortes d'émigrations. Des bandes de Rats parcourent quelquefois nos campagnes, et l'on cite de nombreuses excursions du petit Campagnol de nos prés {Arvicda arvalis). Par centaines et par milliers, et en phalanges serrées, ces Rongeurs se transportent d'une contrée dans une autre, dévastant tout sur leur passage, rongeant l'écorce des arbres et criblant de trous les prairies et les champs.

L'on dit généralement que les Marmottes placent des sentinelles pendant qu'elles prennent leurs ébats, et qu'elles obéissent au moindre signal de ce préposé à la sûreté pu-

bliqne; j'aurai l'occasion de revenir plus loin sur cette observation. Plus curieuse, ou plus douteuse encore, est l'assertion de quelques chasseurs, qu'un Lièvre longtemps chassé et fatigué vient se jeter dans le gîte d'un confrère pour relayer avec lui.

A l'approche de la mauvaise saison, la plupart de nos Rongeurs accumulent des provisions dans leurs habitations souterraines, ou dans quelque cachette voisine de leur nid; tantôt ce sont des noix et des noisettes entassées dans un tronc d'arbre par un Loir ou un Écureuil ; tantôt ce sont des herbes, des graines ou des racines arrangées méthodiquement dans diverses cellules par des Rats ou des Campagnols. Un pelage plus fourni vient alors doubler la fourrure du plus grand nombre, et quelques-uns, bien gras et bien dodus, vont s'enfermer dans leurs demeures pour y dormir jusqu'au printemps suivant. Durant cette léthargie hivernale plus ou moins profonde, la nutrition se fait sur la graisse acquise ; la provision de carbone brûle tranquillement, et la machine peu chauffée tombe à une température très basse; la circulation et la respiration se ralentissent beaucoup. Le monde extérieur disparaît pour quelques mois aux yeux de ces êtres bien cachés sous le sol ; tandis que d'autres grelottent, à demi transis, dans un lit peu confortable que balancent les frimas dans les branches des arbres.

Encore quelques mots sur les principaux caractères à observer chez les familles, les genres et les espèces qui se trouvent dans notre pays.

Je n'ai pas à revenir sur l'absence constante des canines dans cet ordre ; je signalerai donc, d'abord, deux traits généraux qui ont sor^'i quelquefois à l'établissement de sous-onlres différents; je veux parler des itieisirvs et de la clavicule. Les premières sont

généralement au nombre de deux, à chaque mâchoire, et, chez ime seule famille, à celui de quatre en haut ; deux petites dents supplémentaires venant doubler en arrière les antérieures toujours les plus fortes (Voyez PI. Vin, fig. 1 et 2). Les incisives, sans racines, toujours béantes par le bas et le plus souvent colorées en jaune par devant, croissent durant toute la vie de l'animal; si bien que, dans le cas où un accident brise Tune d'elles, l'opposée pousse sans résistance, et, en se recourbant, vient se planter parfois dans le crâne ou même dans l'œil. La présence, l'absence ou l'état plus ou moins rudimentaire de la clavicule destinée à maintenir les membres antérieurs dans un certain écartement, correspond naturellement au mode de locomotion de l'animal, et par là à toute sa structure.

Les formes de la tête et de ses parties constituantes acquièrent une grande importance dans cet ordre. Le crâne d'un Rongeur est, en effet, bombé et arrondi, ou large et déprimé, ou mince et allongé (Voyez PI Vm, fig. 1 et PL VI, fig. 8, 11 et 15). Les frontaux sont larges ou étroits et pourvus ou non d'apophyses latérales différemment développées ; le trou sous-orbitaire peut être très grand ou très petit (Voyez PI. VI, fig. 10 et PI. Vm, fig. 1); les os nasaux, les maxillaires, les palatins, les pariétaux, rinterpariétal, l'occipital et bien d'autres, présentent avec les divers groupes des aspects assez opposés pour devenir caractéristiques (Voyez PL VI, fig. 7, 8, 11 et 15, et PL \Tn, fig. 1 et 2). Aux yeux d'un observateur superficiel, un Loir est presque un Écureuil ; et pourtant les frontaux du second portent des apophyses bien saillantes qui le rapprochent beaucoup de la Marmotte, tandis que ces mêmes os, étroits et sans prolongements latéraux chez le premier, lui donnent un certain air de ressemblance avec les Rats et les Campagnols. D'autres caractères doivent venir s'ajouter à cette première observation et les êtres d'abord réunis sont séparés ensuite par de nouvelles considérations.

L'étude des nidaires est ici d'un grand secours ; ces dents, variables dans l'ordre entier de 2 à 6 sur chaque branche d'un même maxillaire, accusent, en effet, des formes très diverses. Non-seulement elles sont pourvues ou dépourvues de racines (Voyez PL VI, fig. 17 et 18) ; mais encore la lame d'émail décrit

dans leur épaisseur des replis plus ou moins profonds et compliqués. Tantôt elles sont dites simples et munies seulement à leur surface de tubercules relevés et arrondis comme chez FEcureuil ou la Marmotte ; tantôt elles sont semi-composées et pénétrées par des circonvolutions de la feuille d'émail, conune chez le Lièvre ou le Campagnol. Quoique la lame enveloppante soit toujours unique, ces dernières dents peuvent, au premier aspect, paraître quelquefois composées d'éléments distincts. Kémail qui recouvrait une crête saillante, usé par im frottement continu, finit par montrer à nu la dentine qui surgit comme un tlot entouré par une couche particulière de ce vernis protecteur; ainsi que cela se voit très bien chez quelques Rats et surtout chez les Loirs (Voyez PI. YI, fig. 9, 12 et 16). Mais cette forme radiculée ou non et cette texture intime de la dent ne doivent pas seules être observées; le nombre même des arêtes et des espaces circonscrits acquiert souvent aussi une grande valeur dans certains genres. Je pourrais citer encore, conune dernier signe caractéristique tiré de la région buccale, le nombre et Varrangement des plis palatins. Ces raies, qui se voient chez tous nos Mammifères, et dont j'ai parlé déjà à propos des Chéiroptères, peuvent être, en effet, quelquefois utiles à étudier. Cependant, n'en ayant fait usage ici que dans un cas tout à fait particulier, je me bornerai & signaler que les troubles accidentels capables d'affecter ces replis charnus du palais m'ont toiyours paru modifier leur nombre, bien plutôt par multiplication ou subdivision, que par élimination.

Les membres étant appropriés à divers usages dépendant intimement du genre de vie, il est naturel de reconnaître dans leur structure comme un corollaire de tous les autres traits distinctifs de l'animal. Ils peuvent être allongés dans le but de la course, comme chez le Lièvre, ou trapus et armés d'ongles élargis en guise de bêche pour creuser, comme chez le Campagnol ou la Marmotte, ou encore de proportions moyennes avec de grands doigts et des ongles comprimés, aigus et crochus pour grimiter, comme chez TEcureuiL Avec cela, les tubercules de la face phintaire, ainsi que les divers revêtements de la face dorsale des pieds, varient aussi dans les genres et même chez les espèces.

La queue présente, à son tour, des aspects bien différents. Non-

seulement elle peut être très longue ou presque nulle, très touffue ou entièrement nue, ronde, comprimée ou déprimée ; mais encore les poils qui la recouvrent sont implantés de plusieurs manières souvent bien carctéristiques. Une queue peut être distiquey c'est-à-dire, conune peignée latéralement de droite et de gauche, surtout en dessous, comme chez TÉcureuil, ou simplement entourée régulièrement de poils plus ou moins longs, ou presque nue et cerclée d'anneaux écailleux, ou prenante à Fextrémité, ou enfin terminée par un pinceau.

Les oreilles, ainsi que la queue, o&ent des formes et des apparences très opposées, dont Tétude peut fournir des caractères utiles, même dans la détermination des espèces.

La nature du pelage a encore, dans cet ordre, une valeur particulière. Comme quelques Insectivores, certains Rongeurs qui nous sont étrangers possèdent aussi des piquants plus ou moins développés.

La proportion suivant laquelle les tnameUes sont distribuées sur la poitrine, sur le ventre ou entre les jambes postérieures, est parfois d'une grande importance. Cependant, c'est dans la micromammalogie, chez les genres de petites espèces souvent très voisines, que ce caractère des femelles est principalement d'un grand secours.

Le museau et la &ce de nos Rongeurs sont plus ou moins allongés ou arrondis, suivant les familles et les tribus. J'ajouterai que les dimensions des yeux, en rapport avec un genre de vie extérieur, souterrain, diurne ou nocturne, ainsi que la position des fiarities et les proportions des moustaches, variables avec les genres et les espèces, sont autant de traits distinctife qu'il est bon d'observeir.

La coloration subit ici, comme ailleurs, assez de modifications, et ne doit être, la plupart du temps, prise qu'en dernière considération *.

* Je rappellerai encore que j'entends totgoors par corps la tète et le tronc, de l'anos an bout du museau ; que je prends la dimension des oreilles ao bord externe, que les pieds sont régulièrement comptés avec les ongles ; enfin, que la longueur de la queue est prise depuis Tanus et, suivant les circonstances, mesurée jusqu'à son extrémité charnue, ou jusqu'au bout des poils qui la terminent.

FamiUe L SCIURIDES

SCIURlDiE

Malgré leur taille et leurs formes extérieures très diverses, les représentants de cette famille possèdent bien des caractères communs. Ils sont pourvus d'une clavicule et ont, en général, un crâne fort, court, large, muni d'apophyses frontales, et percé d'un trou sous-orbitaire comparativement très petit et plus ou moins recouvert latéralement par une lamelle osseuse (Voy. PI. Vin, fig. 1). La dentition est, chez eux, assez régulière; ils ont toujours deux incisives par mâchoire, quatre molaires de chaque côté en bas, et la plupart du temps cinq à droite et à gauche en haut. Cependant, la première molaire supérieure, de beaucoup la plus petite, fait parfois complètement défaut.

Le nombre total des dents peut par conséquent varier de 22 à 20, et la formule générale sera la suivante:

Les molaires sont simples ou faiblement semi-composées, tuberculeuses et à racines (Voy. PI. VI, fig. 7 et 17). Le pelage est souple et doux. Les membres, de moyenne di-

mensiofl, comptent quatre doigts plus un pouce rudimentaire aux pieds antérieurs et cinq aux postérieurs. La tète est large au centre et comprimée en avant. La queue est toujours bien velue; l'oreille varie beaucoup.

La plupart de ces animaux se distinguent par leur agilité; les uns sont granivores ou frugivores, les autres plus exclusivement herbivores. Ils sont grimpeurs ou fouisseurs, et doués parfois d'un sommeil hivernal. Quelques espèces ont, sur les côtés de la tête, des poches dites abajoues; d'autres ont les membres réunis le long des flancs par une peau velue que l'on nomme parachutes.

Les Sciuridés habitent le monde entier, à l'exception de l'Australie. On peut les diviser en quatre tribus et en différents genres d'après le crâne, la dentition et les formes diverses de la queue, ainsi que d'après la présence ou l'absence des abajoues et des parachute.

Tribu I. SGIURINS

SCIURINA

Les Sciurins ont la tête arrondie et le tronc élancé.

Les molaires sont chez eux, la plupart du temps, au nombre de cinq sur quatre.

Les pieds, bâtis pour grimper, sont pourvus de grands doigts et armés d'ongles comprimés, recourbés et acérés.

Les oreilles sont ovales et bien développées.

La queue est allongée, très fournie et souvent distique.

Les yeux sont grands.

t 60 FAUNE DES VERTÉBRÉS.

Ce sont des animaux sans sommeil hivernal , granivores et frugivores , et tous plus ou moins agiles et bons grimpeurs.

On peut les diviser en plusieurs genres et sous-genres d'après les formes diverses du cr&ney des dents et de la queue, ainsi que d'après la présence ou l'absence de parachutes le long des flancs.

De deux genres qui se trouvent en Europe , l'un nous fait entièrement défaut; nous n'avons pas le petit Écureuil volant du nord {Pteromys vclans). La Suisse ne possède, dans cette tribu , qu'une seule espèce du genre des Écureuils vrais.

Genre ÉCUREUIL

SCIURUS, Linné

Pas de parachutes. Orâne ovale et husqué. Frontaux très larges^ développés latéralement en apophyses aiguës, minces et dirigées en arrière. Pieds étroits, pourvus d'ongles crochus et très comprimés. Queue longue, très fournie et généralement distique.

Les espèces de ce genre n'ont pas de parachutes le long des flancs.

Le crâne est, chez elles, légèrement ovale et d'un profil busqué par derrière ; les frontaux sont très larges et développés latéralement en apophyses minces et dirigées en arrière (Voy. PI. Vm, fig. 1).

Les molaires sont arrondies, triangulaires ou carrées et garnies de tubercules mous.

La première de ces dents, en haut, est très petite et vient souvent à tomber avec l'âge, de manière que le nombre total varie constamment de 22 à 20 (Voy. PL VI, fig. 7).

Les pieds sont étroits; les doigts sont longs, armés d'ongles crochus et aigus, et garnis de puissants tubercules sous-articulaires.

Les oreilles sont ovales, acuminées et bien veines.

La queue est, d'ordinaire, distique.

Le museau est court, comprimé, et orné d'une moustache forte et longue.

Les yeux sont grands.

Ces animaux sont d'une taille moyenne dans leur ordre ; ils sont diurnes, vivent continuellement sur les arbres et déploient une grande adresse dans l'art de grimper et de sauter. Us amassent, dans des trous, des provisions de graines et de fruits pour la mauvaise saison, et se construisent, entre les branches, des nids presque toujours arrondis.

Les amours des Écureuils commencent avec le premier printemps; les femelles, pourvues de dix à douze mamelles, mettent au monde, une ou deux fois l'an, de 3 à 9 petits.

L'Europe, à l'exception du Caucase, ne possède, comme la Suisse, sous des formes très diverses , qu'une seule espèce d'Écureuil.

16fi FAUNE DES VERTÉBRÉS.

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