LE LYNX Der LucHâ
FiLU Ltvx, Linné
Fauve et inaucheté de brun en dessus; d'un blanchâtre mâangé de jaunâtre en dessous. Queue mesurant à peine le quart de la longueur du corpSy bien fournie et noirâtre à Vextrémité. Ore/SUe
278 FAUNE DES VEETÉBIliS.
presçpie égale à la tnaitié de la tête, avec un mouchd de poiU foncés au sommet. Langueur totale moyenne s 120€F^.
Feus Lynx, Unné, Syst. Nat. XII, p. 62, n. 7.
» LUPUUNUS, Thunberg, Denkschr. der bair. Acad. IX, p. 189. » Lynoula, NUsson, Skand. Faun. éd. I, p. 3.
> Cervaria, Temm, Monog. de Mamm. I, p. 106.
» viROATA, NiUson, Illum. fig. I.
Normalement 30 dents ; souvent 28 seulement, par le liait de la chute de la première prémolaire supérieure.
Mâchoire supérieure: la première prémolaire très minime ou frisant quelquefois défaut; la carnassière trilobée et faiblement déjetée en dehors dans sa partie supérieure '.
M&choire inférieure : la carnassière trilobée ; le sillon transverse antérieur de beaucoup le plus profond.
Crâne arrondi ; la botte crânienne assez développée, mais légèrement étranglée en arrière et déprimée en dessus vars les frontaux ; ces derniers constamment séparés des temporaux par les ailes du sphénolide. Les nasaux prolongés dans les frontaux un peu plus haut que les maxillaires.
Oreille pointue et pourvue au sommet d'un fort pinceau de poils noirâtres, raides et serrés, atteignant d'ordinaire i une longueur un peu supérieure à celle de la moitié de Toreille, soit à 48 et 50"™. Le pavillon externe presque égal i la moitié de la tête, blanchâtre en avant et fauve en arrière, avec une bordure d'un beau brun noirâtre.
Membres de moyenne dimension, très forts et bien armés ; les pieds antérieurs couverts d'un pelage très épais.
Queue petite, généralement plus courte que le quart de la longueur du corps, bien velue et de même diamètre sur toute sa longueur ; d'un fauve roux du côté du tronc et noirâtre sur le tiers ou la moitié extrême.
Pelage long, doux et très fourré ; de grands poils clairs pendant,
* Les deux petits tnbercales moas que cette dent prétente id, aioii que chez les Chats et beaucoup de Carnassiers, ne sont toi^oun que les lailhet corooales des racines antérieures.
de chaque côté de la tête, derrière les joues. Un fort pinceau foncé au sommet des oreillea
Faces supérieures fauves, plus brunâtres sur le dos et mouchetées de nombreuses petites taches rousses ou brunes plus ou moins accentuées, suivant Tàge et les individus. Le côté externe des membres plus régulièrement maculé que le tronc. Le bord des oreilles et le bout de la queue noir&tres. Cette robe, toujours plus claire et plus grisâtre en hiver qu^en été.
Faces inférieures d'un blanchâtre fauve ou jaunâtres.
n me semble que les sujets du nord sont généralement plus clairs et plus gris que ceux de la Suisse.
Jeunes plus roussâtres et moins mouchetés.
Un très jeune individu qui a été pris vivant dans le Valais, près de Brigue, au moment où sa mère le transportait dans sa gueule, n'ayant pas encore les yeux ouverts et ne mesurant du museau au bout de la queue que 260*^, ne montre aucune trace des macules qui caractérisent les adultes. Cet animal est, à cet âge, d'un fauve brunâtre assez foncé en dessus et sur les côtés du corps ; les faces inférieures sont, chez lui, mélangées de blanchâtre et de gris, sauf à la gorge, qui est entièrement blanche. La moitié des membres antérieurs et les pieds postérieurs sont d'un brun noirâtre. Une petite tache noire est située derrière l'oreille ; celle-ci est dépourvue de mouchet et noire sur le bord. La face, légèrement lavée de blanchâtre, est marquée d'une tache noire au-dessus de chaque paupière et d\me bande de même couleur qui, partant de la joue et du coin de l'œil, vient encadrer en partie le blanc de la gorge de chaque côté du cou. Le tiers extrême de la queue est noirâtre.
Longaeur totale .1* 100àl",300
delà tète . 0,190 0,200
de l'oreiUe (sans le pinceau, an bord externe) . 0,090 0,095 du memb. ant. (da coade à Textrém. des ongles). 0,340 0,360 du pied postérieur (avec les ongles) 0,230 0,250
de la queue (de l'anus au bout des poils) 0,190 0,210
Un Lynx adulte pèse, en moyenne, de 50 à 60 livres.
Le Lynx est le plus grand Chat que nous ayons en Suisse et en Europe. Il n'est plus commun que dans le nord; car, comme l'espèce précédente, il a disparu avec la diminution des forêts. Les débris du Lynx qui ont été trouvés çà et là dans les allnvions récentes de notre pays, attestent suffisamment que cet Animal, il y a peu d'années encore, était loin d'être aussi rare chez nous. D'abord très répandu dans les diverses forêts de nos Alpes, ce Carnassier, continuellement pourchassé à cause des ravages qu'il exerçait dans les troupeaux, s'est petit à petit retiré dans les régions plus sauvages du centre du pays, où il s'élève jusqu'à 2000 mètres environ. Cysat ' et Wagner ' le disent abondant durant le dix-septième siècle ; plus tard, dans le dix-huitième, il se montrait fréquemment dans les cantons de Claris, de Schwytz, d'Un, de Berne, des Grisons, du Tessin, du Valais, et jusque dans les montagnes de Vaud et de Fribourg. Steinmillier ' signale encore de nombreuses captures de cette espèce dans ces dififérents cantons, au commencement de notre siècla Schinz * même, dans sa Fauna Helvetica, a pu affirmer que le Lynx était toujours commun dans notre pays, en 1837. Cependant l'espèce a énormément diminué dans ces dernières années et l'on n'entend plus parler de cet animal dans la plupart des omtrées où il était autrefois. Ce n'est plus guère que dans certaines vallées des Grisons, dans quelques forêts supérieures du Tessin et dans le haut Valais que ce grand Chat se montre encore maintenant, à des intervalles assez éloignés *. Un individu a été toé, par exemple, en 1867, au val d'Erin, dans ce dernier canton.
Le Lynx a toujours été rare dans la chaîne du Jura, et les quelques individus qui ont été capturés à l'ouest, dans le bassin dn Léman, venaient, la plupart du temps, les uns de la Savoie, les autres des Alpes vaudoises. Le Musée de Genève possède un crâne de cette espèce trouvé au pied du mont Salève et deux échantillons empaillés ; l'un de ces derniers, encore jeune, a été
* Cysat, Der Vier WaldstAtten See sampt dere Or&asea. 1661 ' Wagner, Uist. Nat. Ilelv. curiosa, 1G8(>, p. 178.
* SteinmOller, Neue Alpiua, 1821, 1, p. 409.
« Schinz, Fauna Hel?etica, 1837, p. 17.
' F. von Tschadi, Thierleben, donne d'intéressants détails sur les ravages commis par des Lynx dans divers cantons.
pris, en 1820, sur le même mont Salève, près de notre ville; l'autre, adulte, a été tiré non loin d'Annecy, en 1827. H y a vingt ans environ, cet animal se montrait souvent, dans les Grisons, près de Surava et de Belfort ; les derniers exemplaires tués dans ce canton, Font été, il y a dix ans environ, dans TOberhalbstein et la Basse-Engadine. De superbes échantillons suisses sont encore dans les collections que M. Challandes a vendues à Neuch&tel et à Winterthur.
Le Lynx vit solitaire ou apparié dans les forêts profondes ; se cachant, en un lieu écarté, dans un trou d'arbre ou une fente de rocher. D ne s'éloigne guère de son repaire durant le jour, mais s'en va fréquemment rôder à de grandes distances, pendant la nuit, quand la nourriture vient à lui manquer autour de sa demeure. Dans les forêts, ce sont surtout les Tétras, les Lièvres et les Chamois qui constituent son aliment ordinaire. H se tient aux aguets sur quelque branche basse, et fond d'un bond sur sa proie, ne poursuivant point s'il a manqué d'emblée. Dans les prairies, il rampe, jusqu'à portée de saut, vers une Chèvre ou un Mouton et s'élance sur les reins de l'animal, en lui brisant souvent l'échine du premier coup. Au reste, il ne s'attaque pas à l'homme s'il n'est blessé, aculé ou afifamé. La femelle du Lynx met bas, au printemps, deux ou trois petits qu'elle cache, comme la Chatte, dans des trous d'arbres ou de rochers et qu'elle transporte assez souvent de place en place.
L'on n'a pas trouvé jusqu'ici des traces bien certaines du Lynx, ni dans les divers dépôts quaternaires anciens, ni dans les restes des Palafittes.
iSi FAUNE DES VERTÉBRÉS.
FamiUe H. CANIDES
CANID.E
La tête des Canidés est longue et étroite ; les divers os de la face sont étirés en avant. Les dents sont en nombre assez élevé ; des tuberculeuses se trouvent régulièrement aux deux mâchoires.
n existe, généralement, six molaires sur sept de chaque côté ; sauf chez quelques genres exotiques et quelques races du Chien domestique * . Trois sur quatre prémolaires comprimées, tranchantes et d^ordinaire à trois pointes ; une carnassière bilobée ou faiblement trilobée au maxillaire supérieur, et franchement trilobée sur Finférieur ; enfin, deux sur deux tuberculeuses, la première toujours plus forte et moins déprimée que la seconde. Les incisives sont toutes bien alignées, et montrent à leur face interne une ou deux collines plus ou moins accentuées ; les externes sont constamment les plus grandes.
Les Canidés sont digitigrades ; leurs membres sont allongés et souvent minces ; leurs doigts sont au nombre de cinq devant et de quatre derrière ; les ongles, peu crochus et jamais rétractiles, sont constamment plus ou moins émoussés par la marche. Les oreilles varient beau-
' Inutile d^ajoater qne le Chien domestiqae présente, dans plotieon de ses races factices, de nombreuses exceptions aux règles générales que nous donnons ici pour les espèces et les races sauvages.
conp, dans les dimensions comme dans les formes; la queue est toujours passablement développée.
Ces animaux, assez hauts sur jambes et avec un corps allongé, possèdent des tailles très différentes. Quelquesuns vivent par paires ; d'autres se réunissent en bandes nombreuses pour chasser de concert. Quoique très carnassiers, ils s'attaquent parfois à des substances végétales.
Cette famille est représentée dans toutes les parties du globe et dans tous les climats; ses nombreuses espèces sont réparties dans divers genres et sous-genres, d'après les formes du crâne et de la dentition, ainsi que d'après les proportions variables des membres, de la queue et des oreilles.
L'Europe, comme la Suisse, ne renferme que le seul genre Canis.
Genre CHIEN
CANIS, Linné
Orâne aHongé et étroit; face acuminée. -=- molaires, dont -j- tuberculeuses. Oreilles bien développées. Membres longs. Ongles non rétradiles. Queue plutôt grande.
Le crâne des Chiens est allongé, peu bombé * et d'ordinaire étranglé au niveau des frontaux, entre la face étroite et acuminée et la boite osseuse plutôt petite et compri-
' Abstraction faite de guelqaes races domestiqaes, déviées du type, chez lesquelles, comme chez le Carlio, la tête est courte et la boite cràmenne ronde et très renflée.
mée. Les apophyses frontales sont médiocrement développées ; celles des zygomatiques le sont bien moins encore (Voy. PI. Vm, fig. 4).
Les incisives sont sillonnées en arrière et disposées sur une même ligne ; les externes étant toujours les plus fortes. Les canines sont longues et aiguës.
La mâchoire supérieure compte vingt dents : trois prémolaires et deux tuberculeuses ; les incisives médianes en forme de trèfle, ou plus ou moins tiîlobées en arrière.
La mÂchoire inférieure porte vingt-deux dents : quatre prémolaires et deux tuberculeuses*; les incisives bilobées, à la face interne, ou légèrement trilobées. Le talon, ou troisième lobe de la carnassière, est déprimé au niveau de la tuberculeuse qui suit (Voy. PI. VUE, fig. 4 et 5).
Formule dentaire :
= 42 dents.
Les oreilles sont bien développées et souvent pointues.
Les membres sont élancés, et ne reposent que par l'extrémité des doigts. Le pied est pourvu, en dessous, d'une pelote majeure médiane autour de laquelle sont disposés des tubercules sous-articulaires en quantité égale à celle des doigts. Ces derniers sont au nombre de 5 devant et de 4 derrière ; le pouce de la patte antérieure toujours élevé au-dessus du sol. Les ongles sont non rétractiles et peu acérés.
La queue est variable dans les formes, quoique toujours assez grande.
Le museau est allongé et acuminé.
^ Le nombre de ces tuberculeuses varie aussi dans les raeea domestiques.
Le pelage présente des aspects très différents suivant les espèces.
Les animaux de xe genre habitent les forêts et les prairies dans les diverses régions du globe, et dans les montagnes comme dans les plaines. Bs s'accouplent, en général, durant l'hiver ou à la fin de cette saison, et mettent au monde, une fois par an, de trois à neuf petits. Les uns gitent à l'air Ubre sous un simple abri, ]es autres se cachent dans des terriers.
L'Europe compte, dans ce genre, quatre espèces sauvages qui rentrent dans deux groupes différents, les Loups et les Renards. La Suisse n'en possède qu'une dans chacune de ces subdivisions. Les Oanis aureus et C. Gorsac du sudest et de l'est manquent à notre pays.
C'est à ce genre, et particulièrement au sous-genre Lupus y qu'il faut rapporter notre Chien domestique (Canis familiaris Linné) et toutes ses races si variées. Le problème de l'origine de cette forme est loin d'être résolu ; un mélange complet des caractères du Loup et du Chacal ne permet pas, pour le moment, de trancher la question en Éaveur de l'une ou de l'autre des souches. Toujours est-il que le Chien existe maintenant partout où l'homnie s'est établi, et que, déjà dans les temps anté-historiques, il vivait avec lui à l'état privé.
Les plus anciennes demeures de l'homme sur notre sol, à l'âge de pierre, tant lacustres ' que terrestres, fournissent, en grand nombre, des ossements fossiles d'une race domestique et constante de cet animal de la taille moyenne d'un Chien courant à peu près *.
> Rûtimeyer, L. Untersuchangen, 1860, p. 8— 32. — Pfahlbaaten, 1861, p. 116.
' Dans les restes d*ane station homaiue de date comparativement très