LE CHEVREUIL
Das Reh
Cbrvus Cap&bolus, Linné
D'un gris raussâtre ou brunâtre en dessus; plus dair en dessous; la gorge plutôt jaunâtre: le bout du museau noirâtre, à Vexception d'une tache daire sur le bord de la lèvre supérieure; le menton de couleur blanche, ainsi qu'un vaste miroir st^r la région fessière. Queue presque nulle. Oreille mesurant à peu près les deux tiers de la tête. Cornes dépourvues â^andouiUer basilaire dirigé en avant, et égales environ à la tête chee Vadulte. Longueur totale moyenne 1160'^.
Cervus Gapreolus, Linné, S. N. XII, p. 94, 6. » Pyoarous, PaU, It. I, p. 97, app. p. 453.
En tout 32 dents; les molaires s'aplatissant, avec Tftge, et Tusure efiagant de plus en plus les divers replis de la lame d'émail.
Mftchoire supérieure: les trois premières molaires composées d^m seul prisme; les trois dernières formées en doubles croissants.
Mâchoire inférieure: les incisives médianes fortement élargies au sommet. La première molaire, de beaucoup la plus petite et présentant, sur le côté interne, deux légers replis intérieurs de la lame d'émail ; la seconde molaire pourvue de deux replis beaucoup plus profonds et fortement encochée vers le centre; la troisième pénétrée par le même nombre de feuillets, celui de devant traversant en biais presque toute la dent. Les molaires suivantes affectant la forme de doubles croissants ; la dernière munie, en arrière, d'un troisième petit prisme juxtaposé.
Crâne court et conique ; le front plat et le dos du nez étroit. Le maxillaire supérieur en contact avec les os nasaux sur les deux tiers environ de leur longueur.
Larmier déprimé, court et arrondi ou triangulaire, suivant Tftge.
Bois cylindriques, dépourvus d'andouiller basilaire dirigé en avant et divisés, vers le haut, en deux fourches et cinq pointes, chez les adultes ; une corne mesurant, dans cet état, un peu plus de la longueur de la tête. Ainsi que chez le Cerf, un ou deux andouillers surnuméraires peuvent encore se montrer parfois chez de très vieux sujets ; Tàge de l'animal peut également se lire sur le bois, de la même manière.
Membres longs et grêles ; le tarse muni d\in bourrelet velu, sur le côté externe.
Oreille mesurant environ les deux tiers de la tête, acuminée et marquée à Tintérieur, de cinq raies verticales de poils blanchâtres.
Queue rudimentaire et perdue dans le poil environnant.
Museau noir à Textrémité, nu sur la lèvre supérieure en dessous et entre les narines et orné de quelques cils épars.
Pelage assez égal, plus développé seulement sur les parties inférieures et vers les fesses ; un revers du poil au-dessus du larmier, devant rœil.
Faces supérieures d'un gris fauve ou roussâtres, en été; d'un gris brun, en hiver. Un miroir blanc sur la région fessière. Le bout du nez et de la lèvre d'un brun noirâtre, à l'exception d'un petit espace blanchâtre, de chaque c6té, sur le bord extrême de cette dernière.
Faces inférieures plus claires ; la gorge d'un jaune roussâtre clair; le menton blanc ; une tache d'un brun noirâtre sur le bord et vers le milieu de la lèvre.
Jeunes offrant, jusqu'à la première mue, des taches blanches dans leur manteau.
Cette espèce présente des variétés très foncées, conune aussi des individus d'un albinisme parfait.
Longaenr totale l-,130àl-,190
> delatôte 0,220 0,240
» deToreille 0,140 0,150
> du pied postérieur (avec le tarse) 0,840 0,355
Hauteur moyenne (sur le dos) 0,720 0,780
Un m&le adulte peut peser, en moyenne, de 40 à 60 livres, plus rarement 70. La femelle, toujours plus petite et dépourvue de bois, est naturellement aussi moins pesante.
Cette espèce habite l'Europe moyenne et s'étend davantage au nord que vers le midi. Du temps de Gessner et de Wagner >, elle se trouvait en grande quantité dans les montagnes suisses, tandis qu'elle est devenue actuellement très rare dans la majeure partie de notre pays. Le Chevreuil a disparu de la plupart des cantons où il était autrefois, et ce n'est plus que de loin en loin, et comme une grande rareté, que l'on signale maintenant un individu qui s'est aventuré jusque dans le centre de la Suisse. Toutefois, il n'y a pas plus d'un demi-siècle que ce gracieux animal vivait encore dans la forêt du Gumigel, près de Thoune. De nos jours, ce n'est plus guère que dans les cantons voisins des frontières françaises ou allemandes, que ce gibier est encore sédentaire. Les chaînons du Jura, qui font partie des cantons de Vaud, de Neuchàtel, de Berne, de Soleure, d'Argovie et de Bftle, ainsi que les forêts voisines du Rhin, de SchafThouse et de Thurgovie, en abritent toujours quelques paires. C'est, en particulier, dans le bas Jura argovien, où la chasse est mieux gardée, que cette espèce me semble la plus abondante chez nous. De ces petits noyaux suisses, débris d'une grande famille, ou du Vorarlberg, en Allemagne, arrivent, de temps à autre, quelques Chevreuils jusque dans les forêts de Zurich et dans les Grisons, au Prattigau, ou dans la Basse-Engadine.
Jamais le Chevreuil ne s'élève bien haut dans les montagnes ; son pied, petit et délicat, n'est pas fait, comme celui du Chamois, pour grimper les rochers et parcourir les glaciers. Il préfère vivre paisiblement, en famille ou en petite compagnie, dans les forêts
* Oessner, de Qoad. riTÎparis, 1561.— Wagner, J. Hist Nat. Helv. 1660.
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de la plaine et de la région montueuse. H passe la journée conché dans quelque fourré et sort vers le soir, dans les champs, pour p&turer et prendre ses ébats. L'accouplement a lieu, en général, en juillet ou en août, et, à ce moment, les miles forieux se livrent entre eux de terribles combats. Les femelles mettent bas, une fois Tan et généralement en mai, un, deux, ou au plus trois petits.
De nombreux débris fossiles du Cervus Capredus ont été trouvés dans les dépôts récents, dans les tourbes et dans les Palafittes. Gomme ceux du Cerf, les ossements de cette espèce abondent déjà dans les restes de l^ge de pierre *.
* Hfltimeyer, L. Unteisuchangen, 1860, p. 14— 32.— Pûdilbaaten, 1861, p. 61.
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