Sq. 39 -jzzr
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Moselle, p. 244.
. ' Benacensis, PoUini, Yiaggio, 1810, p. 21, tav. fig. 2.
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Soc. S. N. Neuchàt., I, p. 36. — Bonaparte, Fauna ital. et Cat. Met., p. 27. — NiUfson, Skand. Fauna, IV, p. 300. — Schinz, Fauna Uelvet, p. 154. Europ. Fauna, II, p. 305. — Selys. Faune belge, p. 194. — YarreU, Brit Fish., I, p. 325.— Bapp., Fische des Bodensee*s, p. 10. — Dybowski, Gyp. Lîvlands, p. 72.
— SidfoUij Sii9swasserfische, p. 112.— Jâckel, Fische Bayerns. p. 28. — Canestrlni, Ppospet. crit., p. 36. — Blanchard, Pois-
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(ioHio onTCSiROSTRis, Cuv. et Vai, XVI, p. 311. é lA'TESCXNS, De Filippi, Cenni, p. 393.
VKNATLS, Bonaparte, Fauna ital., Cat. Met., p. 27. Benacensis, Nini, Cenni» p. Ai.
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Noms m Ui a ires suisses : S. F. (ioujon. — S. A. (iratdintj, (ire^ling ou Kressling, Ginindel^ (irundeli ou Gnntdely (h^ûndling, Gudge, Gût9cheti et Etnef^.
(\)rps fusifomie, plus ou moins cylindrique ou subtétragonal, assez épais eu avant et relativement allongé. Le profil supérieur doucement et à peu près régulièrement convexe depuis les narines jusqu'à la dorsale, presque droit en arrière de (*ette nageoire ; le profil inférieur presque rectiligne ou décrivant un courbe très faible jusqu'à Tanale. légèrement relevé ou im peu arqué à partir de ce point. Le ventre assez large et aplati, soit subcarré ; le dos arrondi, large vers la nuque et souvent en cet endroit, chez les vieux, un peu renflé sur les côtés et légèrement creusé longitudinalement sur le centre, avec une écaillure assez irrégulière.
La hauteur maximale, à T avant de la dorsale, à la longueur totale, comme 1 : ô— r» y^ et, à la longueur sans le caudale, comme 1 : 4 '/a—'» '/„ selon Tftge plus ou moins avancé des individus. L*éIévation minimale, un peu en avant de la caudale, un peu plus forte que le tiers de la hauteur oiaximaie, chez les adultes, égale à peu près à la moitié de celleci, chez les jeunes. L'épaisseur ou largeur la plus forte, sur Topercule dans le bas Age et plus ou moins reculée le long
' Ce dernier nom serait, selon llartmann et Schiiu, propre à TOber-
land hemoiit.
60BI0 FLUVIAT1LIS. 283
des pectorales chez Tadulte, selon les sujets et les saisons, égale environ aux Va ou aux Vo voir même parfois près aux Vs de rélévation la plus grande * . Ces divers rapports donnant à la section verticale la forme d'un ovale assez court et volontiers, par le fait de Taplatissement du dos et surtout du ventre, légèrement quadrilatéral .
L'anus ouvert à peu près au milieu de la longueur totale, ou légèrement en arrière chez les vieux. Tête forte, soit assez longue et épaisse, de formes un peu anguleuses, à peu près plate sur le front, un peu renflée sur les narines, légèrement creusée en avant de ces orifices et de nouveau un peu relevée vers l'extrémité du museau. Le profil inférieur presque droit et horizontal. Une dépression longitudinale bien accentuée de chaque côté sur le museau.
La longueur, au bord de Topercule, h la longueur totale du poisson, comme 1 : 4 '/a — 5 V4, voir même 5 Va, non seulement selon les sujets jeunes ou vieux, mais encore, chez des individus de môme taille, selon la forme plus ou moins prolongée du museau. Ce même axe céphalique, à la longueur sans la caudale, comme 1 : 3 •/j— 4 Vs- La longueur latérale de la tête par conséquent beaucoup plus forte que la hauteur du tronc chez les jeunes, un peu plus grande seulement chez beaucoup d'adultes et à peu près de même dimension chez quelques sujets à museau court. La longueur de la tête en dessus, à la longueur latérale, le plus souvent, comme 1 : 1 Ve—l Va *• La hauteur à l'occiput égale environ aux V9 de la longueur latérale, souvent à la moitié seulement chez les jeunes. L'épaisseur sur l'opercule, sensiblement plus faible que la hauteur ou à peu près égale à celle-ci, selon l'âge plus ou moins avancé, égale le plus souvent à l'espace compris entre le bout de l'opercule et le milieu de l'œil, et, suivant la forme plus ou moins ramassée du museau, dépassant plus ou
^ Plus les individas, dûns les deux sexes, sont éloignés de l'époque du nit, pins Fépatssettr maximale remonte le long des pectorales. Durant rkiver, la largeur se rapproche souvent davantage de la hauteur que pendant rété, le ventre étant généralement plus plat.
* Des mesures fournies par Canestrini, sur des Goujons d'Italie, on peut tirer aussi les rapports, comme 1 : 1 Vis — 1 \'ti .
FAUNR DES VERTEBRES.
moins la moitié de la longueur céphalique, ou seulement parfois presque égale à la demi de ce grand axe. Cette même largeur correspondant, selon les cas, à la hauteur devant Toeil. au centre de l'orbite ou derrière celui-ci.
Museau plus ou moins allongé, mais généralement épais, un peu déprimé devant les narines, creusé longitudinalement de chaque côté, entre celles-ci et le premier sous-orbitaire, et dépassant légèrement la fente buccale.
Bouche ouverte un peu en dessous, en forme de large fer à cheval, avec des lèvres médiocrement épaisses et fendues un peu moins loin que Taplomb de Torifice nasal antérieur: la supérieure bien protractile. Langue peu proéminente mais assez épaisse. Menton raplati.
Un barbillon suspendu, de chaque côté, vers F angle de la I>ouche, au bout du maxillaire supérieur, égal, suivant les individus, à un ou un et demi ou même à deux diamètres de Forbite oculaire et parvenant rabattu, selon les siyet^, h peine jusqu'au bord de l'œil ou jusqu'au centre de celui-ci, parfois même un peu au delà.
Narines doubles assez grandes et ouvertes assez près de Tœil, soit situées le plus souvent au quart de la distance qui sépare celui-ci du bout du museau (parfois au tiers chez des sujets à museau court). L'orifice antérieur arrondi et bordé d'une large valvule susceptible de recouMir le postérieur toujours beaucoup plus grand.
Canalicules très apparents tout le long de l'arcade sousorbitaire ; quelques pores sur la tète, sur le préoperrule et sous le maxillaire inférieur.
Œil de moyenne dimension, subelliptique, très mobile et latéral, bien qu'assez saillant et situé au ras du profil frontal ; le diamètre horizontal, à la longueur céphalique latérale, comme 1 : 3 Vj chez des jeunes à 4 '/, ou 4 »/* chez des vieux. L'espace préorbitaire, à peu près égal à l'espace postorbitaire. soit légèrement plus faible ou plus fort selon la forme plus ou moins ramassée du museau, entrant environ deux fois et deux tiers dans la longueur de la tète et mesurmot, suivant l'ftgeplus ou moins avancé, 1 *,\ ou 1 Vi diamètre de Tœil. L'espace interorbitaire h peu près és?al au diamètre
GOBIO FLUVIATILIS. 285
oculaire ou sensiblement plus fort, suivant les individus et la forme plus ou moins allongée de la face, et égal environ au quart de la longueur céphalique, un peu plus ou un peu moins selon l'&ge et les sujets.
Arcade sous-orbitaire composée de cinq os juxtaposés, parfois de six par subdivision du second. Le premier, comme chez les Barbeaux, allongé en lame légèrement incurvée et creusée depuis r œil jusque sur le côté du museau, mais un peu plus long que Tœil seulement ; le second un peu moins long, plus mince, plus étroit et s'engageant sous le premier presque jusqu'à la moitié de sa longueur. Le troisième à peu près de même longueur que le précédent ou un peu plus long, mais plus large au-dessous de rœil. Le quatrième, derrière l'orbite, plus court, subtriangulaire ou subcarré, selon TAge plus ou moins avancé, et légèrement plus haut que large, chez l'adulte. Le cinquième, enfin, beaucoup plus petit encore et plus haut que large.
La voûte susorbitaii*c petite et légèrement proémiijente, en avant de l'œil seulement.
Une saillie osseuse du frontal antérieur bien apparente devant l'œil, donnant au crâne dans cette partie une assez grande largeur.
Maxillaire supérieur large dans le haut, avec une arête oblique faisant un peu saillie sur le côté antérieur de l'os, mais non prolongé au-dessus de l'articulation. Un coude bien développé et concave en dessous, vers le milieu à peu près du côté postérieur. La branche inférieure presque droite ou peu tordue, relativement assez étroite et un peu renflée vers l'extrémité. (Voy. PI. U, fig. 28.)
Ce maxillaire, qui rappelle passablement ceux de nos Barbeaux par la forme recourbée vers le bas de son coude postérieur, se différentie cependant à première vue de ces derniers par sa forme non prolongée dans le haut et plus grêle ainsi que moins tordue dans le bas.
( opercule trapézoïdal, assez large et relativement peu élevé, soit presque aussi large que haut. Le côté supérieur légèrement oblique, droit ou un peu concave, et le plus court. Le côté postérieur un peu plus long, à peu près rectiligne et for-
98é FAUNE DES VERTÉBRÉS.
mant avec rinférieur uu angle quasi droit plus ou moins arrondi. Le bord inférieur, égal à peu près au c6té antérieur fortement oblique, droit ou légèrement concave et volontiers un peu dentelé chez T adulte.
Sous-opercule grand, large et arrondi sur le bord.
Interopercule formant un coin assez apparent entre les pièces précédentes et le préopercule, et se montrant comme une fine bande au-dessous de ce dernier.
Préopercule assez grand, à peu près vertical au bord postérieur et formant un angle largement arrondi.
La joue épaisse et charnue.
La bordure branchiostège passablement développée. Os pharyngiens présentant une aile médiocrement développée, subanguleuse dans le bas, en face de la troisième grande dent, et se continuant en courbe largement arrondie avec la corne supérieure ; celle-ci haute, longue et fortement recourue en avant. La branche inférieure relativement courte et épaisse. (Voy. PI. IV, lig. 11.) Dents pharyngiennes sur deux rangs et au nombre de six à huit, ou plus rarement de dix de chaque côté : quatre ou cinq, exceptionnellement six majeures, sur un rang postérieur, et deux ou trois, exceptionnellement quatre, beaucoup plus petites sur un rang antérieur, en face des supérieures du rang pn^ cèdent. Le cas le plus fréquent parait être cinq grandes dent> à droite et à gauche et trois petites d'un côté, avec deux de Tautre* ; cependant Pon trouve souvent des nombres diif<^ rents à droite et à gauche, chez le même individu. Les dents l>ostérieures, les plus grandes, présentant une base a^sse/ épaisse bien que relativement élevée ; la couronne renflée, un peu recourl)ée en crochet au sonunet et, suivant Pétat de fratcheur ou d'usure, plus ou moins comprimée, déprimée, ou même creusée au côté supérieur ; le crochet par là souvent complètement usé. La première ou la seconde ea haut. selon les cas. la plus forte. La dernière en bas la plus pelite.
Jurine {Denis ei masHcaUon des Cyprins, Mém. Soc. PbjB. 1891, I. p. S4) M donne que cinq dents tar an rang. Cet antear paraît a'avoir pai remarqué le aecond rang de petites dente antârienrce.
GOBIO FLUVIATIUS. 287
subconique et un peu penchée contre la précédente. Les dents en rang extérieur beaucoup plus petites, assez irrégulières et, comme les précédentes, plus ou moins crochues ou déprimées. (Voy. PL IV, fig. 11 une dentition irrégulière et passablement usée.)
Meule semi-dure, peu épaisse mais assez facilement isolable, de forme triangulaire vue par-dessous, creusée sur le centre à la face supérieure et saillant en carène, surtout en arrière, sur la ligne médiane de la face inférieure soit de frottement. Cette dernière marquée d'impressions dentaires rayonnantes, mais non multilobée. comme chez les Barbeaux. (Voy. PI. IV, fig. 12, 13 et 14.)
Dorsale naissant sensiblement en avant du milieu du corps sans la caudale, soit un peu en avant de l'origine des ventrales, passablement plus haute que longue, subacuminée au sommet, presque droite ou un peu concave sur la tranche et médiocrement décroissante en arrière. La hauteur à peu près égale à l'élévation du corps ou un peu moindre chez l'adulte, par contre sensiblement plus forte chez beaucoup déjeunes; par le fait, à peu près égale à la tête jusqu'au bwd du préopercule ou un peu en arrière. La longueur basilaite variMit entre les <^',o et les ' ;. de la hauteur au plus grand rayon.
Géaéralement dix rayons : trois simples et sept divisés ' . Le premier simple très petit, parfois dissimulé sous les téguments; le second mesurant entre le tiers et la moitié du troisième ; ce dernier relativement grêle, non dentelé et à peu près égal au prunier rameux. Le dernier divisé profondément bifurqué jusqu'à la base et égal à la moitié ou, plus souvent, à un peu plus de la moitié du plus grand.
Anale naissant fort en arrière de la dorsale et à une assez grande distance de l'anus, soit séparée de celui-ci par quatre à six le plus souvent cinq écailles; demeurant en outre rabattue toiyours très loin de l'origine de la caudale. La hauteur de cette nageoire toujours moindre que celle de la
^ Cuiestriai, «ur 50 individus, en a trouvé un qui comptait 8 rayons di^8 à la dorsale.
dorsale, mais cela (Pune quantité variable suivant les sexes et les individus : souvent de Vs ^ Vs moindre, plus rarement de un dixième seulement. La longueur variant entre la Vi et les V5 de la hauteur, parfois égale aux Vs de celle-ci. Quant à la forme : subcarrée, anguleuse en avant et en arrière, à peu près droite sur la tranche et relativement peu décroissante. Généralement neuf rayons, trois simples et six divisés'. Le premier simple très court, parfois dissimulé ; le second égal à la moitié du troisième ou un peu moins ; ce dernier à peu près égal au premier rameux ou plus souvent un peu plus court. Le dernier divisé d'ordinaire sensiblement plus Iod^ ((ue la moitié du plus grand.
Ventrales implantées un peu en arrière de Torigine de la dorsale, soit à peu près au milieu de la longueur du corps sans la caudale, ou légèrement en arrière, et parvenant rabattues jusqu'à Tanus au moins ou assez au delà, suivant Tâge, le sexe et les individus ; dépassant, par exemple, souvent cet orifice de un huitième à un cinquième de leur longueur, chez des femelles de taille moyenne, jusqu'à un tiers même chez quel- (|ues mâles. La dite longueur de ces nageoires variant, par le fait, entre un peu plus de la Va et les Vs» parfois près des trois quarts de la longueur céphalique latérale et, suivant les individus, égale à la hauteur de Tanale ou un peu plus forte, ou légèrement plus faible. Quant à la forme : arrondies sur la tranche et au sommet.
Huit à dix rayons : deux simples et six à huit divisés ; chez nous le plus souvent sept de ces derniers. Le premier simple très petit ; le second un peu plus court que le premier rameux. Le second divisé d'ordinaire le plus grand; le dernier égal à peu près aux deux tiers du plus long.
Pectorales toujours notablement plus longues que les ventrales, égales à la hauteur de la dorsale ou un peu moindres et parvenant rabattues, suivant le sexe et les individus, plus ou moins près de l'origine des ventrales; demeurant le plus souvent séparées de celles-ci par un espace variant entre
* Sor 50 indiTÎdas, Canestrini a trouvé one fois 5 et ane fok 7 rajons diTiséfl.
GOBIO FLUVIATILIS. 289
Vt et ^5de leur longueur. Avec cela, déformes un peu différentes dans les deux sexes, surtout au moment du rut, par suite d'un gonflement, chez le mâle, des grands rayons antérieurs, soit des trois à sept premiers, suivant les individus. La pectorale donc subarrondie chez les femelles et, le plus souvent, subtriaugulaire chez les mâles adultes.
Quinze à seize, plus rarement quatorze ou dix-sept rayons : un simple égal au quatrième ou au cinquième divisé et quatorze à quinze, plus rarement treize ou seize divisés. Selon les cas, le 'second ou le troisième rameux le plus long; le dernier égal à peu près à la moitié du plus grand ou sensiblement plus court.
Caudale plutôt grande, médiocrement échancrée et à lobes subacuminés, légèrement arrondis sur la tranche. Le lobe supérieur volontiers un peu plus long que Tinférieur, chez Tadulte surtout. La longueur la plus grande de cette nageoire, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 4 ^5— 5 Vs selon les sujets jeunes ou vieux et, par le fait, dans la majorité des cas, un peu plus faible que le grand axe céphalique ou au plus égale à celui-ci.
Dix-neuf (exceptionnellement vingt) principaux rayons : 17 (except. 18) divisés et un grand simple de chaque côté; les médians mesurant entre la moitié et les deux tiers des plus grands. Après cela, des petits rayons basilaires en nombre variable et plus ou moins apparents ; souvent sept à huit de chaque côté. (Je répète que le nombre de ces rayons décroissants et en partie rudimentaires n'a pas pour moi une grande importance spécifique.)
Écailles minces, bien que passablement adhérentes, et paraissant assez grandes, par le fait qu'elles ne se recouvrent pour la plupart qu'aux deux cinquièmes ou au tiers seulement. Une squame latérale moyenne d'une surface, suivant la taille et les individus, égale à la demi ou aux deux tiers de celle de l'œil, chez des adultes, au plus au quart chez des jeunes. Cette écaille, sensiblement plus haute que longue, présentant une courbe assez régulièrement convexe au bord libre, comme sur les côtés en haut et en bas, plus droite au bord fixe, bien qu'un peu convexe ou bilobée au milieu, marquée
îdo
FAUNE DES VEKTEBRES.
(le fines stries concentriques autour d'un noeud toujours beaucoup plus voisin du bord caché que du bord apparent ot ornée, h partir de ce point, de nombreux i*ayons régulièrement distribués en éventail sur la face découverte, rayons correspondant sur le bord libre à autant de petits festons. Ce$ rayons, bien apparents, souvent au nombre de douze à vin^. ou, par subdivision vers le bord, de vingt-huit à trente-deux et coupés transversalement par des raies plus ou moins nombreuses et irrégulières (Voy. PI. III, fig. 19). Une écaille antérieure, sur les côtés du tronc, légèrement plus petite, encore plus haute que longue, mais généralement plus ovale ou moins anguleuse aux extrémités du bord fixe. Une squame postérieure un peu plus petite aussi que les médianes, mais à peu près égale dans les deux axes, ou même un peu plus longue que haute, avec un bord libre plus conique et un bord fixe plus découpé (Voy. PI. III, fig. 2(M. Les ventrales latérales et les marginales de T anale assez semblables aux latérales moyennes, bien qu'un peu plus \^ tites et un peu plus irrégulières. Les abdominales inférieures plus petites encore et en majorité plus coniques, toujours, comme les précédentes, avec un nœud reculé vers le boni fixe, des rayons en éventail sur la partie découverte et des festons sur le bord libre. Les dorsales antérieures, enfin, souvent un peu en désordre chez les vieux sujetij et assez irrégulières sur la nuque, subellyptiques ou beaucoup plus larges que longues, et un peu plus petites que k»s latérales moyennes, avec un nœud beaucoup plus vague et plus voisin du cc»ntre.
Généralement cinq à six écailles au-dessus de la ligne latérale, v(»rs la hauteur maximale, et quatre ou cinq au-dessous, jusqu'aux ventrales.
Un large espace subtriangulaire. déiK)ur\'U d'écaillés entr^ la gorge et la base des nageoires pectorales. Ligne latérale décrivant, vers le milieu du corps et à peu près jusqu'au-dessous de l'extrémité de la dorsale, une rourt>e très lé^îèrement concave, puis gagnant en ligne droite le rentre de la caudale.
Trente-neuf à quarante-quatre écailles tubulées sur cette liirne : les médianes striées, sillonnées et festonnées au bord
GOBIO FLUVIATILIS. 291
libre, comme leurs voisines, mais un peu moins hautes, plus carrées et un peu plus découpées au bord fixe, avec un tubule cylindrique assez épais, largement ouvert aux deux bouts, naissant assez près du bord fixe et parvenant jusqu'à la moitié ou aux trois cinquième^ des rayons de la face découverte (Voy. PI. m, fig. 21). Les antérieures un peu plus petites et plus arrondies, avec un tubule plus court et plus large. Les postérieures plus petites aussi, mais plutôt plus allongées et plus bilobées au milieu du bord fixe, avec un tubule légèrement plus étroit et plus long.
Au-dessus de cette ligne, un trait ou sillon horizontal et droit, assez apparent chez les sujets frais, partant de Tangle de l'opercule à peu près et se rapprochant de la ligne latérale près de l'endroit où celle-ci termine sa courbe *. Coloration des faces supérieures d'un gris, suivant les individus, les saisons et les localités, plus ou moins verdâtre, fauve, brunâtre ou noirâtre, avec des taches verdâtres ou brunes tantôt arrondies, tantôt en bandes transverses assez régulièrement distribuées le long de la ligne dorsale; d'autres macules beaucoup plus petites et plus ou moins apparentes, ou des points noirâtres, non seulement sur le dos et la tète, mais encore sur une partie des joues et de l'opercule, et souvent jusqu'autour de la base des pectorales. Les côtés du coi^ps et de la tète argentés ou légèrement dorés et nuancés de verdâtre, avec de brillants reflets irisés. Une bande dorée, plus ou moins large et apparente, vers le haut des flancs, d'abord en dessous de la ligne latérale, puis en dessus, marquée de distance en distance de grandes taches d'un bleu d'acier, ou d'un noir bleuâtre, ou violettes et volontiers au nombre de sept à douze entre Topercule et la base de la caudale. Souvent quelques taches semblables en dessous de ces premières,
^ Ce trait, plus apparent ici que chez nos autres Cyprinides, à cause M la transparence des téguments, forme, sous les écailles les plus voisiaes de la li.:;ne latérale, un léger sillon correspondant, tout le long de la ligne de réunion des faisceaux musculaires supérieurs et inférieurs, au filet nerveux (rainua laferalis) du nerf vague qui sort de la base du crine ài-ôté des rameaux destinés aux branchies et qui s'étend, en ligne droite, ju»que sur les côtés de la queue.
292 FAUNE DE8 VCRTÊBRÊS.
sur la moitié antérieure du tronc principalement '. Souvent aussi une tache noirâtre allongée de chaque côté sur le museau, et une autre subarrondie, plutôt bleuâtre, sur Topercule. Faces inférieures d'un blanc argenté. Iris doré ou argenté, avec un petit cercle doré, et plus ou moins mâchuré vers le haut.
Nageoires doi*sale et caudale jaunâtres, verdâtres ou un peu rougeâti'es, la seconde surtout, et marquées de petites taches brunes ou noirâtres plus ou moins régulièrement distribuâmes en bandes transversales, sur la caudale principalement. Anale et ventrales d'un jaunâtre transparent et d'ordinaire sans taches, souvent roses ou rougeâtres à la base à l'époque des amours. Pectorales d'un jaunâtre pâle et généralement immaculées, bien que parfois légèrement màchurées à la base et le long des rayons antérieurs.
Dimensions assez variables à un même âge dans des conditions différentes. Les Goujons du lac Léman paraissent parmi les plus grands. Le sujet le plus long dont Canestrini donne les mesures, dans ses Poissons d'Italie, ép:alait 108"".5 de longueur totale. De Betta donne à son Oobw PolUnii un maximum de taille de 1:^0"". D'après Blanchard, un Goujon de 140"" serait, en France, un grand échantillon. De Selys, en Belgique, et Heckel et Kner, en Allemagne, attribuent à cette espèce un maximum de i^ pouces, soit de 1H2*" au plus. 1)(^ Siebold dit que ce poisson peut atteindre jusqu'à r> ou «» ' , pouces de longueur totale. Enfin, De la Fontaine* raconte que Ton trouve dans YE'isvh, dans le Luxembourg, des (ioujons de 22 centimètres de long et du poids de .'if» «ïramnH^: tandis que, d'ordinaire, ce poisson ne dépasse guère W\ millimètres, avec un poids de :>:^ grammes. Li\splus gran<ls(ioujoiis que j'ai mesurés provenaient du lac Léman et é^'alai^'iit près de six pouces et quatre lignes, soit environ 17o millimètres, avec un poids moyen de trente-cinq grannn»environ.
Mâles ornés, h Tépoque des amours, de petites tubercules sur la
' Ces ilf r.iitîres taches di^pa^ais.sont assoz rapidomont après I:i mort. * Faiino (lu Luxorabourjr, Poissons, 1872, p 22.
GOBIO FLUVIATILIS. 2U3
tête et parfois de fines granulations sur la première partie <lu dos et la partie antérieure des pectorales. Souvent aussi, •chez les vieux sujets, un certain élargissement de la nuque amenant du trouble ou de l'irrégularité dans Técaillure de lette partie. Volontiers encore , à cette époque , une taclie Kl'un noir bleu sur Topercule, beaucoup plus apparente que chez les femelles. Enfin, comme je l'ai dit déjà, une forme plus triangulaire des nageoires pectorales , avec un gonflement plus ou moins accentué et en partie erotique, des trois à sept premiers grands rayons ; parfois ces rayons déformés par places par un renflement local de telle ou telle articulation formant çà et là comme de véritables nœuds articulaires.
Jeunes plus effilés, avec une tête relativement plus forte, un œil
plus grand et une caudale plus longue.
Vertèbres au nombre de H7 à 41.
Vessie à air assez grande et étranglée en avant du milieu : la portion antérieure assez large, un peu pincée vers le tiei"S antérieur et sensiblement renflée ainsi que bilobée en avant ; la partie postérieure plus allongée et subarrondie à Textrémité.
Tube digestif court, soit formant deux petits replis et mesurant au plus la longueur de l'animal sans la caudale. Testicules doubles. Ovaires largement réunis par le bas dans rétat de plénitude.
Une rangée de filaments pseudobranchiaux passablement développés et disposés en éventail au sommet de la cavité branchiale, derrière le haut du préopercule.
Cette espèce varie assez dans les formes et la coloration pour avoir donné lieu à la création de plusieurs fausses espèces. Si iiûnther*, de Siebold'et d'autres n'avaient pas déjà montré que le Gobioohtitsirostris de Cuv. et Val. ' n'est qu'une simple forme
* Fiscbc des Ncckars, p. 45.
' Sîisswasscrfische, p. 114.
^ Ilist. Nat. XVI, p. 31 1| appuyant Topinion première d'Agassiz.
du O. fiuviatilis de ces mêmes auteurs, il suffirait, je pense, de jeter un coup d'œil sur la variabilité des rapports de proportion» que j'ai constatée chez des sujets souvent de même provenance, pour prouver combien cette distinction spécifique, basée principalement sur les dimensions comparées du corps, de la tête et du museau, a ici peu d'importance. On a cru longtemps que le Goujon à museau allongé (O.fluvintilis) habitait surtout les eaux en coiTespondance avec les mers du Nord, taudis que le Goujon à museau court (6^. ohtusirostris) serait plutôt propre aux eaux plus méridionales ou orientales de notre continent ; mais on a reconnu depuis lors les deux formes dans les deux conditions. J'ai trouvé, en particulier, dans le lac Léman dépendant par le Rhône de la Méditerranée et isolé par la perte de ce fleuve, des Goujons à tête plus ou moins allongée et à museau plus ou moins ramassé, même parmi des adultes de tailles semblables et pris au même endroit. Selon Valenciennes, la tête égalerait près de */* de la longueur totale chez le G.Jluriatîlh, tandis qu'elle mesurerait */a seulement de celle-ci chez le G. ohtusirostris. GUnther fait observer que la tête des Goujons du Neckar entre de 4 à près de 5 fois dans la longueur totale. Je trouve pour le rapport de la tête à la dite longueur, chez noa Cioujons suisses, comme 1 : 4 Vs — -^Va»
Le Goujon méridional décrit par De Filippi', sous le nom de Gohio Uiti'sveus, n'est pas davantage spécifiquement différent de notre G.Jinviatilis. Les principaux caractères invoqués par cet auteur s(* retrouvent tous chez beaucoup de nos (ioujons relativement septentrionaux. La petite proportion de la bouche ne joignant pas la verticale menée depuis les narines, la position latérale des yeux, la forme un peu quadrilatérale du corps, Im forme iicuminée des lobes de la caudale et le fait de proportions un peu pluîî fortes au lobe supérieur qu'à l'inférieur, la courbe même de la tête ou de la face, sont autant de traits caractéristiques (jue l'on retrouve toujours h des degrés plus ou moins accentués chez tous les représentants de notre G . JtKviatiUê,
Si, en revenant chronologiquement en arrière, nous lisons, maintenant la description du Cyprimis Ben(juenêisY^TVo\\m*^
• Conn», p. 393.
■ Viuffffio. p. 21
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nous verrons que ce sont les mêmes caractères déjà invoqués par cet auteur pour distinguer sa prétendue espèce du lac Benacus du Cyp. Gobio de Linné qui ont été de nouveau mis en avant par De Filippi pour son 6. lutescenê. Inutile donc de revenir sur le Qjp. Benacensis du lac de Garda (Benacus) pour prouver comment, s'il est semblable au O, hdescens, il est de fait aussi de même espèce que le (?. fluviatilis de Valenciennes,
Peut-être pourrait-on attacher quelque importance au fait que, chez le prétendu Oyp. Bemxeensis, les pectorales rabattues atteindraient par la pointe presque à rattache des ventrales, tandis que ces nageoires restent le plus souvent assez en arrière de ce point chez la majorité des adultes de notre O. fluviatilis; mais Pollini attribue à son Goujon des proportions assez réduites (SO^*) pour permettre de supposer que la description de cet auteur a été prise sur des sujets jeunes encore, et il ne faut pas oublier la remarque que j'ai faite plus haut, dans ma description, au sujet des dites nageoires pectorales qui se rapprochent généralement plus des ventrales chez les jeunes que chez les vieux.
Le Gobio venatiis de Bonaparte* n'est encore que le Ct/p. Benacensis de Pollini et le 0. Lutescens de Filippi. Les divers caractères censés distinctifs de cette prétendue espèce, proportions relatives de la tête et du corps, dimensions comparées de rœil et de l'espace interorbital , allongement médiocre des barbillons, position de la dorsale, etc., s'appliquent, en effet, tous parCaitement à un grand nombre des représentants d'âge moyen ou adultes de notre O. fluviatilis.
FiUfin, le Oohio Pollonii de De Betta' n'est à son tour qu'un composé des trois précédents, comme l'auteur lui-même le reconnaît, et par le fait une simple forme méridionale de notre Oobioflaviatilis. Je suis, au point de vue de la question d'identité de toutes ces prétendues espèces méridionales , tout à fait d*accord avec l'illustre auteur du Prosp. crit. dei Pescid' arqua dolre d'Italia '.
Des Goujons que je conservais dans un vase opaque et à l'abri
* F:iiin«a Italica.
* luiol. Veron, p. 77.
* Caiiestrini, Prosp. p. 36-39.
FAlîNE DES VF.RTEBRES.
de la lumière, ont perdu, dans l'espace de trois semaines (rn février), non seulement leurs taches, mais encore toute es|)èce de coloration, à l'exception de la macule de l'opercule: ils sont devenus d'un blanc jaunAtre unifonne en dessus, et blancs sur les côtés et en dessous.
Le Goujon habite l'Europe presqu'entière. A l'exception dt*s pays extrêmes au Nord et au Sud, on le trouve partout, en plus ou moins grande abondance, entre le Danemark et la Russie, au delà même de Pétersbourg, d'un côté, et l'Autriche et le centre de l'Italie de l'autre.
En Suisse, il \it, en plus ou moins grande quantité, dans presque tous les courants et les lacs dépendant des bassins du Rhône et du Rhin, jusqu'à un niveau de 8()() mètres environ. On voit rapidement diminuer, puis disparaître bientôt les Goujons, quand, en quittant les régions basses, on remonte un peu le courant de nos eaux pour la plupart glaciaires, soit assez cru(*s et trop froides encore. Ce poisson, qui abonde dans le lac de Thoune, est, par exemple, relativement rare déjà dans le lac de Brienz, sur le cours de la même rivière TAar. peu au delà et à un niveau quasi semblable, mais plus près de la source. Ciri dit, il n'y a rien d'étonnant à ce que le Goujon fasse défaut au cours supérieur de l'Inn dans l'Engadine: mais ce qui parait moins explicable c'est l'absence ou la grande rareté de cette espèce dans les eaux du canton du Tessin. En effet, l'on se demande pourquoi ce poisson qui habite la Lombardie et en particulier la rivière du Tessin ne remonterait pas jusque dans nos lacs et nos courants au sud des Alpes. La%izzari a. il est vrai, inscrit le Gohio Ittfpsre^ni dans la liste qu'il donne des poissims du lac Majeur'; mais Pavesi, qui a étudié consciencieusement les espèces du canton en question, n'a pas réussi à se procurer, sur notre territoire, un seul échantillon de celle-ci *.
Bien que le Goujon semble se plaire surtout dans les eaux courantes à fond graveleux ou sablonneux, on le trouve cefn^n-
* FVursioni; l'esci del Verliano, isr)3, p. 3r>o. « Voy. Pavesi, Pcsci e Pesct, 1H71-1872, p. 74.
GOBIO FLOVfATIUS. 297
dant en grande quantité dans plusieurs de nos lacs, et souvent jusque dans quelques marais, dans des eaux stagnantes à fond plutôt vaseux. Ce poisson vit généralement en sociétés et exécute volontiers, en bandes plus ou moins nombreuses, des voyages des lacs dans les rivières et vice versa. Il se tient sur le fond ou près du fond; on le voit tantôt reposant immobile sur les pierres, tantôt promenant en tâtonnant de droite et de gauche à la recherche de sa nourriture. Ses allures peuvent être au besoin très rapides. Il a dans nos lacs ses places de prédilection, et c'est d'ordinaire près de l'embouchure de quelque rivière qu'on le trouve en plus grande abondance. D'un naturel assez curieux et remuant, il remonte parfois, comme le Véron, par de petits ruisseaux, jusque dans des mares très écartées.
L'alimentation de ce poisson est presque exclusivement animale, ainsi que le font d'emblée supposer le faible développement du tube digestif et la consistance molle de la meule pharyngienne. Le Goujon se nourrit, en effet, principalement de vers, de petits mollusques, de larves d'insectes et de frai de poisson ; il absorbe même volontiers des débris de charognes ou de corps en décomposition. Les éléments végétaux ne paraissent entrer que pour une très faible partie dans son régime. Il fouille souvent les fonds meubles à la manière des Barbeaux. La position inférieure de sa bouche lui permet de remuer facilement et de nettoyer continuellement, en soufflant des courants d'eau, les places qu'il a tâtées avec ses barbillons, afin de mettre à nu les petites proies diverses dissimulées sous le sable ; la mobilité de son globe oculaire lui permet aussi, comme à la Tanche, de regarder facilement et sans bouger, tantôt au-dessus de lui, tantôt au-dessous ou devant son museau.
Au printemps, suivant les localités et les conditions, dès le couiinencement d'avril, en mai, ou seulement en juin, les Goujons quittent leurs quartiers d'hiver pour venir frayer, à de moindres profondeurs, quelques-uns sur le gravier des rives de nos lacs aux abords de quelque embouchure, la plupart dans les ruisseaux ou les rivières qui s'y jettent. C'est alors que l'on voit ces poissons, réunis en troupes plus ou moins nombreuses, remonter nos courants en quête de quelque place propice à leurs amours. Vu certain nombre de Goiyons, et il m'a semblé que ce sont gé-
S9S FAUNR DES VERTEBRES
néralement les plus gros, ne s' écartant guère des lacs oU ils ont élu domicile ; beaucoup font d'assez longs voyages et vont rejoindre, à cette époque, dans les eaux courantes les représentants de leur espèce qui demeurent au contraire toute Tanoée dans nos fleuves, nos rivières et nos ruisseaux. Quelques-uns de ces Goujons migrateurs retourneront aux lacs assez vite après la ponte, d'autres n'y reviendront que vers la fin de la belle saison.
Quelques icbthyologistes ont avancé que le Goujon quitte, à rapproche des froids, les eaux courantes, pour venir passer la mauvaise saison dans les profondeurs des lacs*. Cette opinion u^'st juste qu'en partie et dans certaines conditions seulement. De la Blanchère fait, ajuste titre, remarquer* que les Cioujons de la plus grande partie de la France seraient bien embarrassés s'ils devaient nécessairement trouver un lac pour passer rhiver. Le fond des grands courants héberge, durant les froids, au moins autant de Goujons que celui de nos lacs. Une récente observation de M. Covelle, de Genève, prouve même que les moindres petites rivières peuvent fournir aux Goujons des quartiers d'hiver suffisants, pourvu que le courant ne soit pas trop fort.
Le quinze décembre de l'an passé (1875), M. Covelle trouva, vu effet, dans la petite rivière, l'Aire, près de Genève, et à quelques cents mètres de l'embouchure de celle-ci dans TAn'e, :)(> à 40 (îoujons de dix à douze centimètres groupés au fond de Teau, sous un amas de feuilles et de débris végétaux. Le dit tas de feuilles pouvait avoir un mètre et demi de diamètre sur trente à quarante centimètres de hauteur, et n'était pas dans un bien grand foud, puisque l'eau mesurait en cet endroit 7(> centimètres de profondeur seulement. Ces poissons, immobiles sous cet abri, n'étaient cependant pas tellement engourdis qu'ils ne cherchassent de suite à fuire le danger, en se cachant de nouveau sous les feuilU*s renmées. Le même observateur constata la présence,
' Plimniis auteurs me paraissent s'être bornt's à reprcnluire les dooixTa un |*ni trop exclusives de Hartmann, quand il dit : Des Winien kàU tr *irh uwt^ffM tn den Iximiseen au/, et plus bas, Der (irûndling kucht lit den FlutiHcn, etc. (Ilelvet. Ichthyol. 1827, p. 189.)
« Nouv. bict. général ds Pérhes, p. 358.
GOBIO FLUVJATILIS. idd
parmi ces Goujons, de quelques YéroDS et, chose curieuse, de trois mâles ornés, à cette époque, des brillantes couleurs de la livrée de noces. M'étant rendu moi-même à la place indiquée, le 2 février, je trouvais encore sous les mêmes feuilles bon nombre de Goujons de tout âge, mêlés k un nombre à peu près égal de Vérons tous plutôt petits. Les femelles de Goujons capturées alors portaient des ovaires déjà passablement développés ; les mâles avaient également déjà des testicules bien apparents et les premiers grands rayons des nageoires pectorales un peu plus épais que ceux des femelles.
L'époque de frai dure assez longtemps chez le Goujon, se prolonge même quelquefois jusque vers le milieu de juillet ^ j'ai trouvé du moins, durant la première moitié de ce mois, dans le lac Léman, des femelles encore pleines d'œufs imparfaitement mûrs.
L'opération de la ponte se fait de jour et, pour chaque femelle, en plusieurs reprises,souvent même quatre à six semaines durant. LuneP fait remarquer que Ton trouve assez souvent, au même moment en été, des alevins déjà assez gros et des femelles pleines encore. Ces observations ont fait croire aux pêcheurs que le Goujon ferait plusieurs pontes annuelles, tandis qu'elles reposent, avec bien plus de probabilité, sur l'inégalité de maturité ou de développement des œufs. La femelle dépose ses œufs sur les pierres successivement par petits paquets et dans des places différentes. Blanchard' croit avoir remarqué qu'un seul mâle serait souvent appelé à féconder le fi-ai de plusieurs femelles. J'ai, en eflFet, généralement trouvé plus de femelles que de mâles parmi les individus capturés ensemble à répoque des amours. Les œufs, assez petits, de teinte bleuâtre et en nombre passablement élevé donnent naissance^ à des alevins très petits, qui croissent assez vite et qui, dès leur troisième année, paraissent susceptibles de reproduction.
' Selon Valenciennes la pootc ponn ait être reculée jusqu'à la mi-août; qnc*qiies antears ont même voulu prolonger cette époque jusqu'au mois de novembre.
* Poissons du Léman, p. 51.
* Poissons de France, p. 30.).
* Après quatre semaines à un mois, croit-on généralement.
La chair de ce poisson est saine et ajrréable, aussi les «gourmets en sont-ils très friands. Une friture de Goujons passe, chez nous et en France surtout, pour un plat très délicat: toutefois, on semble priser moins ce petit poisson dans la Suisse allemande et en Allemagne. Malgré sa réputation, le Goujon arrive cependant en bien moindre quantité sur nos marchés que beaucoup d'autres petites espèces. Les poissons carnassiers prisent à ce qu'il paraît autant que nous la viande du Goujon, et c'est ceux-ci que messieurs les pêcheurs s'occupent de servir les premiers*. Doué d'une très forte dose de vitalité*, ce petit être constitue, en effet, une des meilleures amorces pour les fils ou les tendues.
On prend le Goujon à la ligne amorcée d'un ver ou d'une boulette de viande, au cerceau, à la trouble et avec un tilet nommé chez nous Oonjonnière, sorte de petite étole basse et à mailles serrées. Il m'a paru que Ton ne fait pas, dans la Suisse allemande une pêche spéciale de ce petit poisson, assez généralement confondu avec les Loches sous le nom commun de GrinuM.
Comme nos autres cyprinides, le Goujon est affecté de différents parasites Helminthes, tant externes qu'internes'.
Genre 5. BOUVIÈRE.
RIIODtClS, Agassiz.
Dents pharijngiennes au nombre de cinq et sur un rang
' Dans quelques pays, en France par exemple, bien des pêcheurs *onl imbus de Tidée que le Goujon engendre l'Anguille.
* Le Goujon, fixé au fil comme amorce, peut résister quelquefois plusieurs jours durant. Il vit souvent encore après être demeuré deux oa trois heures dehors de Peau.
' Ascaris cuneiformù (Zedcr) ; dans les intestins. — Agamamewuï oratum (Zeder) ; dans le foie. — Echimjrhynchuê davaceps (Zeder) : dans les intestins. Kchin, angustatus (Rud.); dans les intestins. Echim, PraUtsê (Westr.); dans les intestins. — Diphstomum cuticola (Xordm.); sur la surface du corps, dans on kyste. — Daciylogynu major (Wagen.); sur les