LA BOUVIÈRE
Dltn BlTTKBLlNU.
RhODEI/S AMARU8. AgHSsiz.
Brun olivâtre ou violacé, en dessus ; flancs venlûires ou violets ; Jaccs inférieures argentées, ou roses et orangéts. Une hande latérale imstérieure bleue ou verte. Dorsale et anale souvent bordées de noir; anale volontiers orangée à la basf. Corps élevé et comprimé. Écailles latérales moyennes de surfait environ moitié de Vœil chez Vadulte, en majorité plus hautes que longues, avec des stries concentriques assez grossières. Ligne latérale ne dépassant guère la septième écaille. Dorsale naissant vers le milieu du corps sans la caudal**, sulfi-arrée et presque égale en hauteur et longueur. Anale comme dnrsale et naissant ordinairement sous le si.rièpne rayon divisé de celh^. Ventrales implantées légèrement en avant de la dorsale. Otudate médiiH-rement échancré'c. (Taille d'adultes : oO à />0*".)
D'tn'dinnire cinq sous-orbitaires : le premier sultcurré et un peu plus grand que la pupille; le troisième presque aussi long que Vo'il, mais large au plus eomme la moitié de edui-ri ; le dernier très petit. Ma cillaire sup. aeec un coude postérieur en hache coneave dessus et dessous. Aile des pharyngiens large, avec un angle vif devant la dernière dent. Meule grande, ovale, dure et aplatie. Dents pointues et allongées en couteau, avee un Killnn loitgitudinal sur la tranche,
1). 3ÎÏ-I0, A. 2-38—10, V. 1-3/7— «, P. I/IO— Il C. 19 m^. S<|iiain. loiij;il. 31—38: Sl^. Iransv. 10 — 1i: Lig. lai. 0—7. \ cri 3i
RHODEUS AMARUS. 303
CïPRiicus AMAHUS, Bloch, Fische Deutschlands, I, p. $i, Taf. 8. fig. 3. — Holandt^^ Faune de la Moselle, p. 243. — Schinz, Europ. Fauna, I[, p. 30i.
» SERiCEUS, Patios, Zoogr., p. 302.
Raobcus AMARUS, Agassii, Mém. Soc. S. N. Neuchàtel, I, p. 37. — Cuv. et Val., XVU, p. 81. — De Selys, Faune belge, p. 201. — Bonaparte, Cat. Met., p. 27. — Heckel et Kner, Siisswasseï iîsche, p. 100, llg. 53 et 53. — Krausa, Ueber den Bittcrling: Jahi<;. der Wùrtemb. naturw. Jahreshefte, 1858, p. 115. — Frilsch, Fische Buhmens, p. 5; Ccske Kyby, p. 12. — Dybowskij Cyprinolden LivUnds, p. 83. — De Siebold^ Siisswasserlische, p. 110. PI. I. — Jeitteles, Fische der March, il, p. 3. — JàcUet, Fische Baveins, p. 30. — Blanchard, Poissons de France, p. 346, fig. 72. — De la Fontaine, Faune du Luxembourg, Poissons, p. 35.
NoM'ï VTLGAIKES : Ce petit poisson avait été pris jusqu*ici, par nos pécheurs des bords du Rhin, pour un jeune du Gardon Bo'tleli, ou une jeune Brème Brochseli ou Brœseli. En Alsace, non loin de nous, il est volontiers connu sous le nom de Schneidcrka'rpfli, qu'on lui donne dans quelques pairies de l'Allemagne. Selon le D'' Leuthner, on lappclerait aussi, non loin de Bàle, Blaukœrpfli.
Corps élevé, médiocrement allongé et sensiblement comprimé. Le profil supérieur assez fortement voûté jusqu'à Tori^çine de la dorsale, et, de ce point, descendant assez rapidement vers la caudale, en décrivant, suivant les individus, une ligne presque droite ou un peu concave. Le profil inférieur à peu près régulièrement convexe du museau à Tanale, oblique et plus relevé le long de cette nageoire, enfin presque droit ou légèrement concave jusqu'à la caudale. La courbe ventrale volontiei"» un peu plus accentuée chez les mâles que chez les femelles (sauf à l'époque de la ponte), et souvent presque semblable au profil dorsal, chez les premiers. Le dos tectiforme ; le ventre subarrondi transversalement.
La hauteur maximale devant la dorsale, ou un peu en avant de celle-ci, à la longueur totale, comme 1 : 3 Vi à 3 V4, et même à 4, selon les individus mâles, femelles ou jeunes ; à la longueur sans la caudale, comme 1 : 2 V3 ^ 3 'Z^. L'élévation minimale, vers la caudale, égale à peu près à '/j de la hauteur la plus grande, chez les mâles, relativement
304 FAUNE DES VERTÊBHÉS.
un peu plus forte chez les femelles. L'épaisseur maximale, située plus ou moins en arrière sous les pectorales, selon Tâ^e plus ou moins avancé, égale environ à la V2 de la hauteur du tronc chez les femelles, relativement bien moins fort!» chez les mâles et les jeunes. Une section verticale, par le fait, d'un ovale plutôt étroit et légèrement pincée aux deux bouts.
L'anus ouvert à peu près ù égale distance de Torigine dos ventrales et de Tanale, soit un peu en an-ière du milieu de la longueur du poisson sans la caudale. Le canal urogénit^il prolongé extérieurement chez les femelles en noces. Tête subconi(|ue et ramassée, soit haute, relativement courte, ass(»z large et arrondie en avant. Le profil supérieur passablement busqué en avant, un peu voûté en dessus des narines et droit, bien que toujours ascendant en arrière de celles-ci. Le profil inférieur régulièrement et mé<liocrement convexe, avec un menton peu accentué.
La longueur, au bout de l'opercule, ù la longueur totale, comme 1 : 4 ^i^—h '/g, même à 5 Va» selon les individus jeuue> ou vieux, ou mâles et femelles, et, à la longueur sans la caudale, comme 1 : 8 •/^ — 4 ^/g, même à 4 * j. La longueur céphalique jusqu'à Tocciput, à la longueur latérale, le plus souvent comme 1 : 1 '/^ — 1 */,. L'élévation à l'occiput à peu près égale à la longueur jusqu'à ce point, ou un peu plus faible chez les jeunes. L'épaisseur de la tète d'ordiuain* légèrement moindre que celle du tronc, bien que un peu plus différente chez les femell(»s que chez les mâles ou presque ég^le chez l(*s jeunes, mesurant environ les Vj de la hauteur à l'occiput, ou un peu plus, et correspondant à peu pn*> à l'élévation vers le tiers ou la moitié d«» l'orbite.
Museau large, obtus, et orné de coii)Uscules osseux chez les mâles en rut. — Bouche un peu obliciue <*t petite, soit fendue à peine jusqu'au-dessous des narint*s: la mâchoire supérieure, bien protractile, dépassant un peu l'inférieure. Lèvres peu charnues. Langue relativement peu développée.
Xarin(»s grandes, doubles, subarrondies et entourées de toutes parts par un rehaussement des pièces osseuses environnantes. La doi.son séparatrice située environ au tiers de
RH0DEU8 AMARUS. 305
la distance comprise entre Toeil et le museau, ou un peu plus Yoisine du premier. L'orifice antérieur bordé d'une petite valvule membraneuse.
Des pores et de petits canalicules, suite de la ligne latérale, passant sur la tête au-dessus de Toeil et, de chaque cOté, au-dessous de celui-ci, jusqu'aux narines et sur le museau.
Œil fpund, rond, assez élevé et d'un diamètre, à la longueur cépbalique latérale, comme 1 : 2 Va — 3, même à 3 Vu selon les sujets jeunes ou vieux.
L'espace préorbitaire souvent de V5 à 1 7* moindre que l'œil ; au plus égal à celui-ci chez de vieux sujets.
L'espace postorbitaire, par contre, selon l'âge plus ou moins avancé, de Vi« environ à Vb plus grand que l'œil.
L'espace interorbitaire à peu près égal au postorbitaire chez des individus de taille moyenne, ou un peu plus fort chez des vieux, soit constamment plus grand que le diamètre oculaire et mesurant d'ordinaire à peu près la moitié de la longueur céphalic|ue supérieure, chez des vieux, un peu moins chez des jeunes.
Arcade sous-orbitaire composée de cinq os, minces et lâchement reliés les uns aux autres : un premier subcarré, d'une surface à peu près égale à celle de la pupille, avec le petit cercle doré qui l'enveloppe, et creusé au côté supérieur, de manière à embrasser un peu les orifices nasaux ; le second à peu près de même longueur, mais beaucoup plus étroit ; le troisième au moins deux fois aussi long, soit presque égal au diamètre de l'œil et en forme de croissant, avec une largeur au plus égale à la moitié de l'orbite ; le quatrième sensiblement plus court que le second, mais un peu plus large et un peu carrélong ou subovale. Le cinquième enfin très petit et souvent fort indistinct.
La voûte susorbitaire étroite.
Maxillaire supérieur légèrement convexe en avant et développé en arrière, vers le milieu, en un grand coude en forme de hache allongée, large à la base et un peu concave en dessus et en dessous. La branche inférieure assez longue, bien que plutôt épaisse, fortement tordue et dilatée à l'extrémité en une palette relativement grande (Voy. pi. Il, fig. 29). T. IV. 20
FAUNE DES VERTEHRE8.
Opercule plutôt petit, soit d'une surface faiblement plus grande que celle de Tœil, et d'une longueur égale à peu près aux ' , ou aux Vi àe sa hauteur. Le côté postérieur un peu concave ; le côté inférieur convexe, sensiblement plus grand que le précédent, mesurant au moins une fois et demie le supérieur et formant avec le postérieur un angle très ouvert, largement arrondi.
Sous-opercule en large demi-croissant.
Interopercule formant un triangle bien apparent entre les pièces précédentes et la suivante.
Préopercule étroit, légèrement convexe aux bords postérieur et inférieur, et formant un angle largement arrondi. La bordure branchiostège bien développée.
Os pharyngiens plutôt forts, avec une aile largement développée et très anguleuse dans le bas, en face de la dernière dent à peu près. La corne supérieure brusquement coudée et légèrement recourbée, ainsi qu'un peu élargie vers l'extrémité. La branche inférieure assez épaisse et médiocrement allongée, ainsi que un peu élargie et à peu près carrément tronquée vers le bout (Voy. pi. IV, fig. 15).
Dents pharyngiennes sur un seul rang, au nombre ordinaire de cinq de chaque côté, assez fortes et solides à la base, avec une couronne pincée en forme de serpe allongée, un peu recourbée, mais non crochue vers l'extrémité et quasi droite ainsi que tranchante, avec un sillon longitudinal médian 5ur la face de frottement. Les dents supérieures plus allongées que les inférieures ; la seconde en haut souvent la plus grande (Voy. pi. IV, fig. 15).
Meule très grande, assez dure, facilement isolable, ovale et relativement plate. L'extrémité postérieure un peu conique, avec un crochet bilobé à peine sensible, le bord antérieur plus largement arrondi, affectant souvent une courbe parfaitement régulière, d'autres fois présentant une petite pointe au milieu. La face inférieure de cette pièce légèrement creusée vers le centre et un peu relevée sur les côtés : le pourtour formant au côté antérieur un petit rebord relevé en une faible corne contre la face opposée ou supérieure. Cette meule, destinée à servir de planche à hAcher, n'offrant que
RH0DEU8 AMARDS. 30'T'
peu OU pas dMmpressions dentaires, il parait probable que les dents n'appuyent sur elle que pour découper les aliments. Cette pièce de la Bouvière mesure près de 2 millimètres chez des individus dont la plus grande longueur de la tête n'est que de 11 millimètres ; elle se trouve, par le fait, avoir des dimensions relatives au moins doubles de celle de TÂblette (Voy. pi. IV, fig. 16, 17 et 18).
Dorsale naissant au milieu de la longueur du poisson sans la caudale, soit légèrement en arrière de Torigine des ventrales, avec une forme subcarrée, soit anguleuse au sommet, droite sur la tranche et faiblement décroissante en arrière. La hauteur du plus grand rayon variant entre la Vs et les Vs de Télévation du tronc, souvent relativement un peu plus haute chez les femelles (non pleines) que chez les mftles, par le fait de la moindre courbure du ventre. La longueur basilaire souvent un peu plus forte que la hauteur, parfois légèrement plus faible.
Douze à treize rayons : trois simples et neuf à dix divisés*. Le premier simple très court ; le second, assez rigide, égal environ à V, du troisième ; celui-ci articulé mais non dentelé et à peu près égal au premier divisé, ou très légèrement plus haut et alors le plus grand de tous. Le dernier rameux à peu près égal au second simple ou un peu plus long, soit mesurant environ les V, du plus grand.
Anale assez distante de Toniice anal, mais naissant bien en avant du bout de la dorsale, soit, le plus souvent, audessous du sixième, plus rarement au-dessous du cinquième rayon divisé de celle-ci. Quant à la forme, très semblable à la dorsale. Lie hauteur parfois presque égale h celle de cette dernière, d'ordinaire un peu moindre. Cette différence, à ce qu^il m'a paru souvent, un peu moins sensible chez les mftles que chez les femelles. La longueur à peu près égale à la hauteur, soit, suivant les individus, légèrement plus courte ou plus grande.
Onze à treize rayons : le plus souvent trois simples et huit à dix divisés*. Le premier simple très petit ou tout à fait
' £d Suisse, le plus souvent neuf divisés. ' En Suisse, le plus souvent neuf divises.
308 FAUNE DES TERTBBRÉS.
rudimentaire , parfois môme complètement dissimulé. Le second simple assez rigide et égal à peu près aux V» du troisième ; celui-ci au plus égal au premier divisé le plus grand de tous. Le dernier divisé variant entre les V» ^t les Vi du plus long.
Ventrales implantées un peu en avant de Torigine de la dorsale et parvenant rabattues presque jusqu'à la naissance de Tanale ou un peu plus loin, même jusqu'à la base du premier rayon divisé de celle-ci ; cette dissemblance provenant plutAt de la courbure variée du ventre que d'une différence dans la longueur de la nageoire elle-même. La longueur du plus grand rayon parfois à peu près égale à la hauteur de Tanale, le plus souvent un peu moindre, de '/, ou V, environ. Ces nageoires, de forme subovale, arrondies au sommet, comme sur la tranche, et médiocrement décroissantes en arrière ; le dernier rayon mesurant environ la moitié du plus grand.
Généralement huit, plus rarement neuf rayons assez irréguliers : le plus souvent, deux simples, dont un petit et un grand un peu plus court que le suivant, et six divisés : parfois un grand simple seulement et sept divisés, ou encore deux grands simples et sept divisés ; d'autres fois encore, trois simples, un petit et deux grands, et six divisés. Le petit simple, osseux et sublatéral, toujours assez difficilement visible ; les deux premiers rameux à peu près égaux et les plus grands. La formule des ventrales par le fait, suivant les cas : Ve» V71 Vi ou V«- Pectorales rabattues laissant entre leur extrémité et Torigine des ventrales un espace susceptible d^ varier, avec les individus, de V« à la Vs de leur longueur. La dite longueur au plus grand rayon légèrement plus forte que celle des ventrales et à peu près égale à la hauteur de Tanale. De forme subovale, soit arrondies au sommet, conrexes sur la tranche et passablement réduites en arrière.
Le plus souvent onze à treize rayons : un simple un peu plus court que le premier rameux, et dix ou onze, plus rarement douze divisés ". Le second ou le troisième rameux le
* Le total de onze dÎTisés m* a para le plos fréquent cbcz noas. An
RH0DEU8 AMARUS. 309
plus grand ; le dernier mesurant entre V» et '/« <iu plus long. Je n'ai pas enccire rencontré, dans nos eaux, les miniroa 7 et 8 divisés signalés par Jeitteles*.
Caudale moyenne, à lobes égaux subarrondis à l'extrémité et médiocrement échancrée. La plus grande longueur de cette nageoire, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 4 */e à 5 Vs chez des adultes de taille moyenne, selon qu'ils sont femelles ou mâles, parfois à 4 Vi chez certains jeunes ; par le fait à peu près égale à la longueur latérale de la tête.
Dix-neuf principaux rayons, 17 divisés et 2 non divisés, appuyés de chaque côté par de très petits rayons décrois- ^ sants, le plus souvent au nombre variable de quatre à huit. Les rayons médians mesurant environ ^|^ à */s àes plus grands.
Écailles assez grandes, passablement adhérentes, bien que plutôt molles et assez minces, se recouvrant à peu près à moitié et en majorité ornées sur le bord libre de petits points pigmentaires. Une écaille latérale médiane de forme elliptique, au moins de moitié plus haute que longue, parfois presque deux fois aussi haute que longue, et d'une surface égale environ à la moitié de l'orbite oculaire, soit mesurant, chez Tadulte, un grand axe presque égal au diamètre de celui-ci. La même squame, chez les jeunes, mesurant seulement le quart ou le tiers de la surface de l'œil. Les dites écailles latérales moyennes généralement les plus grandes, marquées de stries concentriques relativement assez grossières sur toute la surfiice, avec des rayons assez déliés et plus ou moins nombreux (suivant les individus, de 10 à 35, et souvent moins chez les jeunes que chez les vieux ') disposés, sur la partie découverte, autour d'un nœud, parfois assez vague, d^ordinaire situé un peu plus près du bord fixe que du bord
reste, il est très facile tie se tromper sur le nombre des plus petits, si Ton ne compte pas ces rayons très attentivement avec la loope.
* Fi»che der Mardi, II, p. 4.
* Cette variabilité dans le nombre des rayons, selon la taille des individus, déjà signalée par Dybowsky (Cyp. Livlands, p. 86), ne m*a pas paru aussi constante que d'autres différences dépendant de Tàge.
310 FAUNE DBS YSHTÉBRÊS.
libre. Le c6té fixe subconvexe ou légèrement conique vers le milieu, le cAté libre un peu plus arrondi ; les extrémitës supérieure et inférieure arrondies (Voy. pi. III, fig. 22). Les squames latérales antérieures un peu plus petites et relativement moins élevées que les médianes ; les postérieures plus petites encore, mais de forme par contre plus allongée, soit subcarrés ou subovales dans le sens horizontal, avec un nœud reculé (Voy. pi. III, fig. 23). Les latérales sur la région ventrale, comme les autérieures, plus petites et un peu moins élevées que les médianes. Les dorsales antérieures beaucoup plus petites que les moyennes latérales, de forme assez irrégulière, bien que pour la plupart plus larges que longues, et souvent bilobées ou échancrées sur le bord libre. Les pectorales à peu près de même dimension que ces dernières ou un peu plus petites, avec une forme arrondie ou subovale dans le sens horizontal, un nœud reculé et un bord libre volontiers un peu conique.
Généralement dix ou onze, plus rarement douze écailles en ligne oblique entre la dorsale et les ventrales ', et trentequatre à trente-huit entre Fangle d^ Topercule et le centre de la caudale.
Ligne latérale n'occupant que la partie antérieure du tronc, soit rarement plus de sept écailles à partir de Tangle sapérieur de Topercule, le plus souvent six, cinq ou quatre écailles seulement, chez certains individus même une on deux d'un cAté et point de Tautre. Les squames de cette courte ligne à peu près de même dimension que leurs voisines inférieures, soit notablement plus petites que les latérales moyennes, relativement moins élevées et un peu plus anguleuses, avec un tubule subcylindrique plutôt court, assez large, bien ouvert aux deux bouts et demeurant d^ordinaire un peu plus distant du bord fixe que du bord libre parfois légèrement échancré en cet endroit (Voy. pi. III, fig. 24).
Coloration très différente suivant les saisons et les sexes. Eb
* Le toul 10 m*a para le plui fréquent dans dm eaax.
RHODEDS AMARUS. 311
d^ors de Tépoque des amours, chez le mâle, comme chez la femelle à peu près : d'une teinte olivfttre, en dessus, se fondant plus ou moins sur les flancs dans un blanc d'argent un peu irisé ; une bande longitudinale verdfttre plus ou moins apparente sur la moitié postérieure ou caudale du corps ; un pointillé noirâtre sur les côtés de la tête et un peu sur le bord des écailles ; les faces inférieures d'un blanc argenté. Les nageoires pectorales et ventrales d'un jaunâtre pâle, l'anale plus jaune, la dorsale plutôt plus rougeâtre et volontiers enfumée avec une bande transversale plus claire ; la caudale, enfin, un peu verdâtre ou d'un jaunâtre plus ou moins enfumé ou mâchuré.
La litrrée de noces, soit du printemps, chez le mâle, très difiërente de la précédente, très riche et, par le fait de son aspect chatoyant, très difficile à bien décrire : Les faces supérieures d' un brun bronzé plus ou moins violacé, se fondant rapidement sur les côtés dans une couleur plus claire lila ou violette et mélangée de reflets argentés ou irisés. Les flancs, un peu plus bas, nuancés également de lila ou de violet, dans la partie antérieure, et tout brillants de reflets mélangés bleus et rosés. Une large bande longitudinale d'un beau vert émeraude fait suite à cette dernière coloration, sur la moitié postérieure du corps, depuis au-dessous du milieu de la dorsale à peu près jusqu'au centre de la caudale. Les côtés de la poitrine et du ventre en avant d'un rose violacé ou d'un rouge carminé plus ou moins intense passant peu à peu sous la partie postérieure du corps à un rouge par contre plutôt orangé. De petits corpuscules osseux temporaires sur le museau. Quelques points noirâtres sur les côtés de la tète. Iris orné d'une belle tache rouge dans le haut.
La nageoire dorsale d'un rouge carminé en avant et lavée de jaune en arrière, avec une bordure noirâtre vers la tranche et assez souvent encore une bande claire au-dessous de oelle-ci. L'anale d'un rouge orangé et nuancée de jaune, volontiers aussi avec une bordure noirâtre. Ventrales et pectorales verdâtres ou d'un jaunâtre pâle, et parfois un peu lavées d'orangé. Caudale d'un jaune verdâtre, plus ou
3ii
FAUNC DBS VCRTEBRKS
moins enfumée vers la base et souvent lavée de rougefttre dans la moitié extrême.
Lajhnelle, au printemps, rel^^tivement bien moins différente quant à la robe de ce qu'elle était en autonme : la bande latérale postérieure plus brillante, toutefois, et maintenant d'un joli bleu ; les nageoires . dorsale et caudale ornées assez souvent, chez les vieux sujets surtout, d'une légère teinte rougefttre, Tanale un peu plus jaune. Tins marqué vers le haut d'une tache quelquefois verte, le plus souvent rougefttre. Enfin, le tube urogénital extérieur, avant d'avoir pris ses grandes dimensions, d'un beau rouge orangé, vers la base principalement, et jouant à première vue exactement le même effet que la nageoire anale du mftle.
Dimensions variant passablement avec les conditions, mais ne dépassant guère 90 à 95 millimètres de longueur totale, demeurant même le plus souvent bien au-dessous de cette taille extrême, soit dans une moyenne de 55 à 65*", avec un poids approximatif de deux à quatre grammes environ. Suivant Jftckel le Rhod^us mesurerait généralement, dans TAltmtthl en Bavière, 2 pouces, soit 53*" seulement, bien que Ton ait trouvé quelquefois des individus allant jusqu^à 2 Va pouces ou 67"". Heckel et KneF donnent à l'espèce en Autriche un maximum de taille de 2 pouces 4 lignes, soit 68"". Le plus grand individu de Livonie dont Dyboirski donne les dimensions était une femelle et mesurait 69"". De Selys donne 2 pouces 8 lignes, soit 71"", comme taille de l'espèce en Belgique. Blanchard dit que des sujets de HO"", sont de très beaux échantillons et que la plupart des Bouvières, en France, ne mesurent pas plus de 50 à 60"". Le plus grand sujet de la March examiné par Jeitteles égalait 87"". Enfin, de Siebold dit avoir trouvé à Wûrzbourg plusieurs individus de 3 et même de 3 Va pouces, soit de 81 à 95"", et attribue aux mftles le maximum de taille.
Sur plus de 100 échantillons que j'ai examinés provenant des AltwAsser du Rhin, en Suisse, cinq à six individus seulemejdt atteignaient à une taille de 62*^. Parmi quelques indi- >idus provenant des environs de Winterthur, deux ou trob
RH0OEU8 AMARUS. 3 1 3
mesuraient jusqu'à 62 ou 63 millimètres ; les plus grands étaient des femelles. .Beaucoup de sujets des deux sexes, bien que ne mesurant encore que 38 à 45"", attestaient cependant déjà une parfaite maturité pour la reproduction, les mftte8 par leur livrée et Tétat de leurs testicule^, les femelles par le développement de leur ovaire et rallongement externe de leur tube oviducte.
Mftles et femelles se différentiant, à Tépoque des amours, non seulement par la livrée que nous avons vue si tranchée dans chaque sexe, mais encore par le développement temporaire et purement erotique de quelques parties accessoires : les premiers, par la présence de petits corpuscules osseux groupés en deux paquets, à droite et à gauche de la face, six à douze corpuscules en un groupe antérieur sur le museau, et trois à six en un paquet postérieur entre les narines et Tœil ; les secondes par rallongement extérieur et plus ou moins grand du tube urogénital dont nous avons parlé cidessus.
Le temps de frai passé les mftles se distinguent encore le plus souvent des femelles par une courbe un peu plus prononcée du profil ventral. Il m'a paru également que les mftles ont volontiers la tête relativement un peu plus forte que les femelles. Je n'ai pas constaté dans ce genre un gonflement bien sensible des rayons des nageoires pectorales chez les mftles.
Jeunes présentant une nageoire caudale et une tête un peu plus longues, ainsi qu'un œil un peu plus grand que chez les adultes. Les deux profils, dans le bas ftge, moins régulièrement arrondis : Tinférieur d'ordinaire moins convexe, le supérieur souvent plus anguleux vers la dorsale.
Vertèbres au nombre de 34 à 36.
Vessie à air grande et étranglée en avant du tiers antérieur. La partie antérieure quasi pyriforme et un peu bilobée en avant ; la partie postérieure un peu ceintrée ou recourbée vers le bas et arrondie à l'extrémité. La différence sexuelle signalée ici par Heckel et Kner*, m'a paru loin d'être constante ; le diamètre de la partie postérieure de la vessie
*■ SOsswuserfische, p. 102.
8 1 4 FAUNE DES YERTÉBRÊS.
me semble dépendre surtout, chez les femelles, de Tépoque et du développement différent de l'ovaire refoulant plus oa moins la vessie et Tair vers la partie antérieure de celle-cL
Tube digestif enroulé en spirale et d'une longueur exceptionnelle, soit mesurant deux fois et deux tiers à trois fois et demie la longueur du poisson sans la caudale (selon Jeitteles jusqu'à cinq fois la longueur totale de l'animal). L'intestin, roulé cinq à six fois sur lui-méipe, décrivant d'ordinaire quatre à cinq tours de spire extérieurs, à partir de l'estomac, et un ou deux tours intérieurs conduisant à l'anus. Le péritoine fortement pigmenté de noir.
Testicules doubles et relativement petits. Ovaire généralement simple, mais bilobé en avant*. L'ouverture urogénîtaie, d^ordinaire assez apparente dans les deux sexes, prolongée en un long tube oviducte extérieur, chez les femelles à l'époque des amours. Ce conduit externe, d'un rouge orangé sur une plus ou moins grande étendue h partir de la base, et volontiers d'un noir violacé vers le bout, du moins tant que ses dimensions sont encore assez réduites, flotte dessous la nageoire anale et arrive même à dépasser quelque^ fois la caudale au moment de la ponte ; il mesure alors parfois, dans son plus grand allongement, jusqu'à 40 à 50 millimètres de longueur '.
Heckel et Kner * ont déjà fait remarquer comment l'ouvertura conduisant de la bouche aux branchies est passablement réduite par l'interposition d'une cloison membraneuse joignant les extrémités des arcs branchiaux.
Une rangée de pseudobranchies digitiformes et bien développées derrière le haut du préopercule.
Cette espèce varie passablement, comme nous venons de le voir, non seulement avec l'âge et selon le sexe ou les époques^
' Jeittelrs (Figrbe der Marrh, II, p. 5) croit avoir observé quelque no seroml petit ovaire rudimentaire au càié gauche.
* De Sinliold (SQsswasaertische, p. 120) fait remarquer que le canal nri* naire Tient le déverser dans le tube eitérieur et que celui-ci reprétrate nn vériuble canal urogénital doué de mobilité et de sentibilité.
* Sasswasserfiscbe, p. 101.
RHODEUS AMARUS. 315
mais encore d'individu à individu, tant dans les proportions différentes du corps, de la tête et des membres, que dans le nombre des rayons des nageoires et des écailles. Ajoutons que la taille, qui influe notablement sur le développement de di* verses parties, parait varier également assez avec les localités et les conditions d'existence.
Le Rhodeus, notre plus petit poisson avec le Gobie et TÉpinoche, présente plusieurs caractères anatomiques qui lui font une place, pour ainsi dire à part, au milieu de nos autres Cyprinides et semblent devoir indiquer dans ses mœurs des particularités correspondantes. Qu'il me suffise de rappeler, à ce propos : premièrement la grande extension et le curieux enroulement de l'intestin, ayant une certaine analogie avec la disposition du tube digestif chez les larves des Grenouilles et donnant l'idée d'une digestion probablement très lente ; secondement l'allongement externe du conduit urogénital expliquant un mode de ponte tout à fait particulier; enfin, la présence de la cloison membraneuse qui réduit beaucoup la communication entre la bouche et les branchies et qui, avec l'allongement des- feuillets branchiaux doit, comme l'ont déjà fait remarquer Heckel et Kner ', avoir probablement quelque rapport avec la grande ténacité vitale de ce petit poisson.
La Bouvière habite plusieurs pays dans l'Europe moyenne : la France, une petite partie de la Suisse, la Belgique, la Hollande, la Prusse, la Bavière, diverses contrées dans l'Empire d'Autriche, la Livonie et, si le poisson décrit par Pallas' sous le nom de Ci/p. sericeus est bien, comme il paraît, le même que notre Bhodeus amarus, elle se trouverait jusque dans les eaux stagnantes de la Daourie, dans les régions élevées de l'Asie centrale. On la rencontre dans plusieurs rivières et sur les bords de quelques lacs ; toutefois, elle recherche de préférence les ruisseaux, les fossés ou, mieux encore, les mares ou les eaux mortes et facilement réchauffées, laissées après la crue dans le voisinage des lacs, des fleuves ou des rivières.
I SOsswassprfischo, p. 101, noto.
ous5wiu0t-ru9Ciir, p. lui, note.
Zoogr., p. 3*20. Trad. frtDç., VIII, p. 110, n« 114.
L* existence de ce petit poisson en Suisse n^a été jusqu'ici constatée que dans les parties septentrionales et orientales du pays, dans les bras morts {Aliwàsser) du Rhin près de Bàle, dans quelques ruisseaux des environs de Winterthur et près de Rbeineck dans le canton de St-Gall ; au-dessous et au-dessus, par conséquent, de la chute du Rhin. Encore ces quelques découvertes ne sont-elles pas bien anciennes. Bien qu'indication m'ait été donnée de la présence d'un petit poisson semblable à la Bouvière, dans les environs de Luceme, je n'ai pas encore eu jusqu'ici le bonheur de constater l'habitat de cette espèce au centre de notre pays * .
C'est à une obligeante communication du prof. Rûtimeyer, en date du 14 février 1874, que j'ai dû d'abord de pouvoir faire rentrer dans la faune suisse et de décrire ici ce curieux petit Cyprinide. Je dois également au D' F. Leuthner % qui le premier a découvert l'espèce près de Bâle, de sincères remerciements pour les intéressantes données et les nombreux échantillons de ce poisson en livrée de noces qu'il a bien voulu me fournir, quelque temps après. Les premiers exemplaires du Rhodeus amaruif furent recueillis dans des eaux stagnantes, sur la rive gauche du Rhin, à Neudorf, à une lieue de Bâle. Presque à la même époque, au printemps de 1874, la même espèce était aussi reconnue, non loin de là, sur la rive droite du fleuve, par les pêcheurs de Markt et d'Efringen. Un excellent pêcheur et observateur de Bàle assurait, en même temps, que le même petit poisson habitait également les mares qui bordent la Wiese, plus près de BAle, sur sol suisse; ajoutant que les déjections d'une fabrique chimique avaient presque entièrement chassé l'espèce de la localité. La Bouvière avait été jusqu'alors prise par tous le»
* Un directeur de ménagerie, alsacien, assura au prof. RAtimeyer, cbei lequel il voyait des Bouvières, qu'il avait rencontré le même petit poétscm. d'un cùté à Mulhouse, et de l'autre à Luceme dans l'Unterwàiiser, étanf d>au sugnante dépendant du lac des Quatre-Cantons. Il n'y aurait rieo d'étonnant du reste à ce que la Bouvière se trouvât ailleurs en Suisse, dans certaines localités où abondent les Anodontes, près de Luceme et df Morit par exemple.
* Le D' Leuthner a publié sa découverte dans sa àliUtlrhciifiichi Fùchfauna^ en 1877, p. 25.
RHODEUS AMARUS. 3t7
pécheurs des environs pour un jeune du Bôthel (Leuc. ridilus) ou de la Brachsme (Ab. Brama).
Seize mois plus tard, le 3 juin 1875, je recevais encore du prof. Rtttimeyer de superbes échantillons du Rhodeus amants qui avaient été découverts et capturés par MM. Wegeli et Leuthner à Reineck, dans le canton de St-6all, encore dans des eaux mortes du Rhin et dans des conditions semblables aux premières, mais cette fois au-dessus de la chute du fleuve, au del^ du lac de Constance.
Avant cette époque, en 1869, M. Mœsch avait il est vrai publié, dans son Thierreich der Schweiz^ que le Rhodeus ama-rus devait se trouver communément dans les eaux stagnantes ou à faible courant du pays. Toutefois, comme cet auteur ne signalait aucune localité spécialement habitée parTespèce, c'est à la publication du D' Schoch, en 1879 *, qu'il faut attribuer la première citation exacte de ce poisson dans les petits courants de la Suisse orientale, en dehors du voisinage du Rhin. Ce serait, m'écrit le D' Sulzer, en date du 3 juin 1880, M. le D"^ Weinmann qui aurait reconnu l'espèce, non loin de Winterthur, dans un petit ruisseau dit Rietbach et affluent de TEulach. L^espèce aurait diminué, durant ces dernières années, dans la localité, sous l'influence, soit de la correction des eaux, soit du nettoyage des fossés qui a supprimé une grande proportion des Moules ou Ânodontes nécessaires, comme nous le montrerons plus loin, à la reproduction de ce poisson. Les échantillons que j'ai reçu de Winterthur, par l'intermédiaire du D' Sulzer, étaient en livrée de noces et de dimensions légèrement plus fortes que la majorité de ceux des Altwftsser du Rhin.
Il pourrait paraître inexplicable que la Bouvière ait été si longtemps méconnue dans notre pays ; toutefois, on comprend aisément comment un poisson aussi petit a pu ne pas attirer l'attention des pécheurs et ne pas recevoir de ces derniers un nom particulier.
* Septratdruck aus der allgem. Boschrcibungund Statistik derSchweîz, 1869, p. 173.
' Die Technikin der kflnstl . Fischzucht ; Tabelle zur leichten Bestîni. der Fische der Schweiz : Fîschfauna des Cantons ZQrich ; von D' Gustav Scboch, ZQrich, 1879, p. 17.
FAUNE DKS VSRTÊBRÉ8.
Le dire de Heckel et Kner que le Rhodetis amaruê se trouve, en Autriche, aussi bien en plaine que dans la région montagneuse moyenne semble d'accord avec Thabitat relativement élevé du Cyp. sericeus de Pallas dans le centre de TAsie. Toutefois, la Bouvière paraissant avoir une préférence bien marquée pour les eaux stagnantes et réchauffées, il me paratt peu probable que Ton puisse rencontrer cette espèce dans les courants souvent très accidentés et dans les eaux en majorité froides de nos vallées élevées et de nos montagnes '.
Suivant les auteurs des Sasswasseriische der Oestreichischer Monarchie, ainsi que selon Block, Blanchard et quelques autres, la Bouvière ne se trouverait que dans les eaux pures et courantes à fond purement graveleux ; toutefois, les observations faites dans notre pays sont d'accord avec Topinion de Siebold, de Jftckel, de NolL de De la Fontaine et d'autres, pour reconnaître au contraire, chez ce poisson, une préférence pour les eaux stagnantes à fond bourbeux. Cette espèce habite, à Rheineck comme à Neudorf, de petits bassins laissés par les crues du Rhin, d'une profondeur par le fait susceptible Je varier avec la saison de deux ou trois à six ou vingt pieds de profondeur, remplis dans le fond d'une vase épaisse et garnis d'une abondante végétation. Près de B&le, comme à Rheineck et à Winterthur, oo a remarqué que la Bouvière vit généralement dans les mêmes emplacements et dans les mêmes conditions que les Nayades ( Anodontes et Unies) ; rarement on a trouvé ce petit poisson dans quelque mare, sans y reconnaître eu même temps bon nombre de ces Mollusques.
L'estomac de plusieurs individus m'a paru ne contenir que des débris de plantes aquatiques, aussi ne suis-je pas entièrement de l'opinion de De la Fontaine quand il dit, dans sa Faune du Luxembourg, p. 36, à propos de la Bouvière t m nourriture parait être tout animale, car outre du sang elle ne parait mangiT que de tous petits animaux, » Il est bien possible
• ^ Dau8 son Histoire UAtiirelle du Jura et dt>8 département 8 voitiiis.Oférien dit (vol. IH, p. 35G) : < Dans tous les cours d'eau vive de la plaime d pUm rarement dans ceux de la montagne. Je n'ai pu vérifier si cette espèce se trouve sur nos frontières, dans les petits tribataires du Doobt.
RHODEUS AMARUS. 349
que ce petit Cyprinide soit, dans certaines circonstances, presque exclusivement camivore ou insectivore, comme tant d'autres membres de sa famille ; toutefois, je puis certifier qu'il absorbe pas mal de débris végétaux, et, prenant en sérieuse considéra* tion l'observation du prof, de Siebold, quand il dit, SUsswasserfische, p. 119 : Den g amen Darm fatid ich stets vmi grunliehen Algen-Trummem und Diatameen angefikJlt, je penche plutôt vers ridée que la Bouvière est omnivore, et suivant les conditions plus ou moins insectivore ou herbivore *. II semble ressortir des observations récentes du D' Noll (Zool. Garten 1877) que Talimentation de la Bouvière (en privé du moins) soit plus animale pendant l'époque du rut qu'en dehors de ce tetnps. Ces petits poissons qui mangeaient très volontiers des brises de pain sec, avant le temps des amours, recherchèrent surtout alors de petits êtres qui se trouvaient avec eux dans l'aquarium, des Tubifex rivularum et des Daphnia pulex.
La Bouvière vit volontiers en sociétés. Rien de plus gracieux et de plus curieux à la fois que de voir, au printemps, ces petits poissons parcourir en troupes nombreuses les fossés ou les petits bassins qui leur servent de demeure. Les mftles, dans leur bril* lante livrée de noces, paraissent alors, suivant le jour et les divers changements de front, comme couverts de pierres précieuses ; les femelles moins ornées, mais armées de leur long tube urogé* nital, semblent traîner après elles un long ver attaché à la face Tentrale de leur corps.
Les œufs sont jaunes et peu nombreux, grâce à leurs très grandes dimensions. Les plus grosses femelles capturées près de Bâie, au commencement de février, présentaient déjà un tube
• Je nppelerai, à ce propos, que 8i les dents de lu Bouvière sont coupantes, comme celles des Chondrostom^s dont le régime est plut At animal, U nieale, dans ces deux genres, est cependant d'une consistance très différente. La meule du Wiodtus est, en effet, dure et trèi résistante, comme cell«* de la plupart des Cyprinides herbivores ou granivores, tandis que celln do Chondfwtome est relativement molle, comme chez la majorité des Cyprinidft de préférence carnivores. Dans quelques espèces, les Ablettes pnr exemple, la mastication de petiu insectes à carapace semble nécessiter, ilu reste, comme pour les graines dures, une plus grande résisUnee du la meule pharyngienne.
3S0 FAUNE DES VERTEBRES.
urogénital externe de six à huit millimètres et portaient des œufs de forme subarrondie mesurant alors en moyenne 1 Vf niillimètre de diamètre. Ces germes, dans un état de maturité plus avancé, prendraient, suivant de Siebold, une forme ovale et mesureraient alors jusqu'à 1 Va MgT^e de longueur (3**) sur 1 ligne de largeur. Lorsqu'ils ont atteint leur complet développement, les œufs s'engagent à la file, les uns après les autres, dans le tube oviducte externe, à ce moment roidi et allongé, pour être déposés un à un, en perdant de suite la forme cylindrique que la pression du tube leur a pour un moment donnée.
Ici se place une observation relativement récente et fort intéfessante du docteur Noll, sur le mode de ponte et le premier développement de notre petit Cyprinide. Déjà en 1787, Cavolini ' avait constaté la présence d'œufis de poissons dans les Moules (Nayades) et plusieurs auteurs avaient depuis cette époque répété la même observation ; mais personne, jusqu'en 1869, n'avait découvert à quelle espèce appartenaient ces germes ainsi confiés aux Mollusques. En 1858, le D' Krauss de Stuttgart avait remarqué l'appendice ventral des femelles de cette espèce, et, bientôt après, le prof, de Siebold avait constaté la présence d'œufs engagés dans le tube urogénital de Bouvières recueillies sur le marché de Strasbourg; toutefois^ le savant ichthyologiste allemand ne connaissait pas encore, en 1863, le mode de ponte du Rhodeiis, et, en 1866 même, Blanchard ne se doutait point encore que ces œufs, tant de fois signalés dans les branchies des Moules, appartenaient à la Bouvière.
En suivant le développement de ces œufs parasites, le D" Noll a enfin constaté que c'est au Bitterling (Rhodeus) qu'il faut attribuer cette intéressante particularité de mœurs, et, dans diverses notices successives, cet auteur nous fourpit de nombreux et intéressants détails à l'appui de sa découverte '. On s'explique maintenant parfaitement le grand allongement anormal du tube urogénital chez la femelle, ainsi que la mobilité et la sensibilité
' Krzeugung der Fische und Krebse. DeatBch von Zimmermann, 1792.
* Voyez : 1« Bitterling und Makrmuâchel Mit Abbild., I, von D' F. C. No]]. (Zoolog. Garten, 1869, n« 9, p. 257); et 2^ Bitterling und Makrtnuschel (même publication, 1870, p. 237).
naODEUS AMARUS. 321
de cet organe temparaire, et Ton comprend tout aussi aisément le bat de la continneUe cohabitation des Moules et de la Boih vière dans les mtaies conditions. Suivant le D'' NoU, les œufs, de couleur jaune, avec un grand axe de 3"^ environ, sont déposés un à un par la femelle dans l'ouverture du bec de la Nayade, et entraînés par les courants aspirés du mollusque jusqu'entre l68 feuilles des branchies, oii ils se fixent et se développent en nombres différents suivant les individus, rarement plus de 40 dans un seul mollusque. Les Vnios ont paru plus volontiers affectés de parasitisme que les véritables Anodontes.
C'était en général vers le milieu d'avril que notre observateur commençait à trouver des œufis dans les Moules des environs de Francfort ; des œufs trouvés le 14 avril se transformaient déjà, le 8 mai, en petits poissons. Ces germes, probablement parce qu'ils sont successivement pondus, à différents intervalles, dans une même mollusque, se montrent chez celui-ci dans des états de développement assez variés. Le 15 mai, beaucoup de petits alevins parfaits, avec une taille de 11 millimëtres, étaient prêts à quitter leur berceau. Il paratt qu'à force de s'agiter, ces jeunes êtres se dégagent des feuillets branchiaux et que, refoulés et entraînés par les courants entrants, ils viennent ressortir du bivalve par les siphons de rejet. Le 20 mai, ces petits nouveaunés se promenaient en rangs serrés dans les eaux des mares. Le docteur Noil paratt s'expliquer que le tube urogénital, qui conduit les œufis un à un jusque dans le bec de l' Anodonte, ne soit pas coupé par le pincement de ce dernier, par le fait que cette extrémité de la coquille du bivalve, généralement assez molle, ferme d'ordinaire incomplètement l'ouverture et que le tube oviducte, très élastique, est doué d'une grande facilité de rétraction. Le moment même de la ponte et de la fécondation des <BO&, qui n'avait pu être surpris jusqu'ici dans l'étude de ce poisson à l'état libre, méritait encore d*être suivi en aquarium.
Enfin, en 1877, le même observateur, le D' Noll, dans une troisième intéressante notice sur le BitterlingV est venu encore donner de précieux éclaircissements sur ces derniers points
* Gewohnbeiten und Eierlegen des Biuerlings, Ton D' F.-C. Noll(Zool. Gftiten, 1877, n« 6, p. 851 à 862).
aii FAUNE DES VËRTÊeKÉS.
obscui-s. Il a vu, dans son aquarium, la femelle introduire à plusieurs reprises Textrémité de son tube oviducte dans le bec d'un JJmo pidorum et le mâle venir de suite après éjaculer sa laitance directement au-dessus de cette ouverture ; le même courant d'eau aspiré par le mollusque entraînait successivement Tœuf et la liqueur fécondante.
M. E. Covelle de Genève, qui a suivi la ponte de la Bouvière dans un aquarium où il avait introduit de la vase et des Unies, me dit avoir remarqué que ce petit poisson, en passant et repassant souvent contre le bec ouvert du mollusque, avant de pondre, avait Tair de vouloir pour ainsi dire apprivoiser celui-ci et ramener par de fausses alertes répétées à ne plus se fermer aussi vite au premier contact ; ceci fait, la femelle enfoncerait tout à coup son tube urogénital presque en entier dans Touverture de Tunio, un œuf passerait très rapidement dans les branchies du mollusque et, sitôt après, le tube serait brusquement retiré. M. Covelle aurait remarqué aussi, lors des pontes qui se firent chez lui au milieu de mai, que la femelle, au moment de rémission de r œuf ,^ prenait, pour un instant, une livrée plus brillante et, à Texception des nageoires, plus voisine de celle du mâle.
L'époque ordinaire des amours paraît être le plus généralement dans les mois d'avril et mai ; toutefois, le temps du frai peut être plus ou moins avancé ou retardé par les circonstances ou les conditions d'habitat. Yalenciennes donne pour durée des amours de la Bouvière dans la Seine, de mai à août. Le développement des œufs de plusieurs femelles prises en février, près de Bâle, pei-met de supposer que celles-ci auraient pondu, dans les Altwftsscr du Rhin, au plus tard vers la fin d'avril. Leuthner et Schoch citent également avril et mai comme époque des amours, près de Bâle et de Winterthur. J&ckel, en Bavière, dit avoir trouvé, le 11 juillet, dans le ruisseau de son jardin, une femelle armée de son long tube urogénital et renfermant encore quelques œu&. Enfin, NoU signale^ qu'en septembre 1869, fl a trouvé encore quatre jeunes poissons dans les branchies d'une Anodonta anatina; il aurait même fait encore une semblable ob-
* Der BiiUrling, Zool. Garten, 1870, p. 13L.
RHODBUS AMAAUS. '323
servation le premier octobre de la même année. Un mAle de Bon- Tière qu'il conservait avec des Cyprins dorés, ayant repris en septembre sa belle coloration de noces, cet auteur en conclut qu'il pourrait bien y avoir chez cette espèce une seconde ponte annuelle en automne.
Bien qu'appuyée par ces dernières observations et Tapparition si tardive d'une seconde livrée de noces (en captivité), l'hypothèse d'une double ponte annuelle demande encore plus ample vérification ' . En effet, le O*" NoU signale, dans sa troisième notice*, le fait, déjà mentionné par nous à propos d'autres Cyprins, que les jeunes individus s'accouplent plus tardivement que les vieux ; et, nous nous demandons s'il faut considérer comme constituant des pontes distinctes les actes successifs par lesquels une Bouvière femelle se débarrasse peu à peu de ses œufs, au fur et à mesure que ceux-ci ont atteint un état suffisant de maturité. Nous croyons que les intervalles séparant ces fractions de ponte peuvent être abréi^és ou au contraire plus ou moins prolongés, surtout en captivité, par les conditions de milieu, la température de l'eau, l'abondance ou la nature de l'alimentation et la fréquence ou la rareté des moules dans une localité. Nous savons également que le brillant coloris de la livrée de noces réapparaît plus ou moins intense sous l'influence de la passion, chez le mâle de tout poisson, toutes les fois qu'il est appelé à féconder le dépôt d'une femelle prête à pondre. Il doit en être pour là Bouvière un peu comme pour l'Épinoche femelle, qui pond successivement et à intervalles inégaux dans diffërents nids une partie seulement des œu& développés dans ^^es ovaires. Nous n'eussions pas parlé de seconde ponte à pro-
^ Le fait que ce cas a été constaté en captivité enlève à cette observation ane partie de son importance, car nous avons vu parfois le coloris vabeaucoup chez des poissons, par le fait de modifications dans les conde miliea qui se.seraient difficilement produites an même degré dans Téial de Uberté. J'ai vu, en particulier, la livrée de noces apparaître très rapidement, au cœnr même de l'hiver, par suite d'une élévation gradoelle et artificielle de la température de l'eau du récipient (Voy. Y. FatJo : Db la variabiUiè de Pespèee à propos de quelques poissons), Archiv. de U Bibl. univ., fév. 1877, p. 208.
» Zool. Garten, n»6, 1877.
394 FAUNE D£8 VERTEBRES.
S[OS de rËpinoche, si le mftle de cette espèce ne construisait (las successivement, dans la même année, deuiL ou trois nids ou berceaux pour autant de nouvelles familles ; nous reconnaissons, ifiême ici, que ce fait ne constitue pas forcément ce que Ton doit appeler des pontes parfaitement distinctes.
Dans la même intéressante notice, Tobservateur nous décrit avec détails tous les jeux de Tamour chez les Bouvières ; les cabrioles du mâle devant la femelle, la jalousie de Tépoux qui a fait son choix, et les frôlements caressants de ces petits poissons contre le mollusque quUls ont élu pour élever leur progé^ niture.
Nous ne pouvons terminer ces quelques mots sur ce curieux cas de parasitisme, sans rappeler qu'il y a pour ainsi dire réciprocité entre le mollusque et le poisson. On sait, en effet, que les œufs de certains Anodontes sont souvent accrochés par les nageoires des poissons qui vivent dans les mêmes localités, et pi-otitent de cette circonstance pour se développer sur l'être vivant qui les porte, sous l'influence bienfaisante des courant<^ de l'eau déplacée par les mouvements du vertébré.
Il est probable que la Bouvière se retire durant l'hiver, comme tant d'autres Cyprinides, dans les herbes ou la vase, au fond des mares ou des ruisseaux.
On ne pèche guère la Bouvière que par curiosité ; cependant on peut la prendre à la ligne ou à la trouble, et l'on en trouve souvent dans les nasses avec d'autres poissons. La taille si minime, ainsi que le peu de délicatesse de la chair et le grand nombre d'arêtes de ce petit animal le font en général peu rechercher par les gourmets et les pêcheurs. Le nom de Bitterling (Bouvière amère) assez répandu, pour cette espèce, est attribué, par la majorité des auteurs, à une prétendue amertume très violente de la viande de ce petit Cyprinide *. Toutefois, De la Blanchère ' assure que le Bouvière constitue la meilleure amorse que l'on puisse trouver, en hiver, pour la Perche et le Brochet ; Delà Fontaine' affirme même que la chair de cette
* Son usage comme aliment amènerait même, saivact quelques-oas, des troubles digestifs assez graves.
' Nonv. Dict. des pêches, p. 106.
* Faune du Luxembourg, Poissons, p. 36.
ABHAMIS. 3f5
ei^pèee n*est pas plus mauvaise que celle des Ablett/es ou d^ nos autres poissons blancs. Ce dernier auteur a vu pécher la Bouvière avec un panier d^osier appâté de sang caillé ; c'est même de cet usage quMl a déduit, à tort je crois, que la nourriture de ce petit Cyprin devait être entièrement animale. Le Bhodeus a la vie très tenace, et peut être par le fait facilement transporté vivant dans de la mousse ou un linge, avec une faible dose d'humidité.
Diesing ' signale, dans les intestins de la Bouvière, THelmin* the Càrf/ophyUffns mtitahilis (Rud.).
Genre 6. BREME
AimAMiS, Cuviei.
Dents pharungiennes sur tin seul rauff et au nombre de cinq de chaque côté; la couronne pincée en serpe courte, un peu crochue an sommet et marquée d'un sillon lonffitudinal. Bouche jdutid petite et plus ou moins oblique, avec des lèvres assez épaisses dépourvues de barbillons. Œil moyen, franchement latéral. Tête subconique et assez haute. Museau souvent assez court. Tronc élevé et comprimé. Dos étroit, ventre pincé en carène ; tous deux dépourvus d'écaiUes tectrices sur h ligne médiane, Vun en avant de la dorsale. Vautre en arrière des ventrale.^. Écailles moi/ennesy mais en majorité plutôt courtes, avec des stries généralement très déliées. Ligne latérale complète et concave. Dorsale à base courie, pointue, et commoiçaht plus ou moins en arrière des ventrale. Anale à base longue, relativement jmt élevée, concave et naissant plus ou moisis en arrière des premiers ou du dernier ragon
^ Syst. Helmîntbum, II, p. 405.
de la dorsale. Caudale profondément échancrée ; h lobe inférieur leplus long.
Dentés coniumres 5 — o, faîciformes.
Les Brèmes vivent généralement en sociétés plus ou moins nombreuses et, sauf à Fépoque des amours, se tiennent de préférence à une certaine profondeur dans les eaux. Leur alimentation parait mélaiigée d'aliments végétaux et animaux.
La Brème commune {Abramis Brama) produit, avec le Gardon (Leuciscus rulUus)^ un hybride connu depuis assez longtemps sous les noms de Leuciscus Bugge^ihagii ou de Abramis Leuckarlii. Le prof, de Siebold a élevé au rôle de genre cette forme bâtarde, sous le nom d^Abramidopsis Leuckartii. Préférant, comme je l'ai dit, ne pas conserver un rang générique à un poisson qui, comme celui-ci, partage plus ou moins, suivant les individus, les caractères de l'un ou de l'autre des genres dont il est issu, je me bornerai à décrire succinctement, à la suite des espèces du genre et sous le nom composé de Leucisco-Abramis rutilo- Bramaj ce poisson qui n'a point encore été observé dans nos eaux, bien que les deux espèces mères s'y trouvent fréquemment en contact.
En isolant ainsi le Lettcisco-Abramis rutilo-Brama sous un nom destiné à rappeler son origine mixte et les titres des espèces mères, je ne dois pas négliger de rappeler, à cause de la place où je les mets, qu'il se différentie à pr*^mière vue des Brèmes vraies : par une anale plus courte et surtout par l'absence de ligne dénudée sur le dos et sur le ventre.
Le D'Grmther, qui compte en tout seize espèces (TAbra-
ABHAMIS. 327
mis ' j fait rentrer dans ce genre les Blicca que je conserve génériquement distinctes, à cause de leur dentition sur deux rangs, bien qu'elles soient, il est vrai, très voisines des Brèmes; il y range aussi le Spirlin (Alb. Upundaim) que je sépare dans un genre nouveau ^
Bien qu'assez pauvre en espèces, le genre Br^e est cependant représenté dafns la plus grande partie de notre continent, au nord des Alpes, et jusque sur les contins d'Asie, ainsi que dans le nord de l'Amérique.
Des cinq Brèmes vraies qui se trouvent on Europe, les Abramis Brama ^ Ah. BaUerus, Ab. Sapa^ Ab. Vimba et Ah. melmwpSy la première seule figure dans notre pays.
hsL Brème porte des pseudobranchies peu apparentes.
Notre représentant du genre possède en outre une meule pharyngienne relativement petite, étroite et allongée, ou subelliptique, médiocrement dure, peu saillante et marquée d'impressions dentaires peu profondes, comme si elle devait permettre Mulement aux dents de pincer contre elle et d'écraser les aliments. Le maxillaire supérieur est, chez lui, développé en arrière eu un coude large, retroussé et bien ci'eusé en dessus. Les os pharyngiens, plutftt grêles et de forme allongée, portent, chez lui comme chez plusieurs autres espèces, une aile courte et peu
* CauK oi Fishet, VII, p. 299.
' Il me semble également que V Abramis meUmops de Heckel {Ab.'eîon" paiui^ Ag. pour Gûnther) s'écarte an peu du faciès typique des Brèmes par les formes plus allongées de son corps et les proportions plus réduites «le ses nageoires, de la caudale surtout. Toutefois, la persistance chez ce poisson de quelques-uns des caractères essentiels du genre Abramis^ la dentition et les lignes dénudées, dorsales et ventrales, entre autres, m'cinpccheut de voir, comme Fitzinger, dans VAb. mékmops le représentant d'un grurc particulier ; tout an plus pourrait*on -attribuer l'importance d'un nous- genre au genre que cet auteur a créé, sous le nom de Vimba (Die Uattiugen der europ. Cyprinideu, 1873, p. 15), pour les deux espèces Ab. Vimba et Ab, miianops également pourvues d'une carène écaillcuse «ur le dos en arrière de la dorsale.
développée, bien que généralement anguleuse vers le bas. L'arcade sous-orbitaire est formée de huit os disposés en S : quatre grands autour de Toeil et quatre petits en chaîne postérieure. La ligne latérale joint la caudale un peu au-dessous du milieu.