LA VANDOISE
Der Habkl
Squauus Leocjscus. liinné.
Faces supérieures d'un vert olivâtre ou bleuâtre, plus ou mollis rembruni, parfois avec des reflets d'acier; flancs d'un blanc argenté plus ou moins lavé de jaunâtre ou Je verdàtre;
^ En France, aussi : le Bard; en Allemagne aussi : Dobd^ HàsUng, Springer, etc.
8QUAL1U8 LEUCISCU8. 583
blanc argenté, en dessous; pectorales, ventrales et anale jaunâtres, orangées ou rougeâtres. Corps ohlong, médiocre^nent élevé et un peu comprimé. Tête plutôt petite et médiocrement large, avec museau subconique; bouche relativement petite, faiblemetit oblique. Œil de inoyenne dimension. Écailles latérales moyennes subcarrées, à peu près de la grandeur de Vœil, chez V adulte. Dorsale subacuminée au sommet et médiocrement déclive, plus luiute que longue et d'une élévation à peu prés égale à la longueur de la tète en dessus. Anale naissant à peu prés au-dessous du bout de la dorsale rabattue, moins élevée que celle-ci, plus haute que longue et légèrement concave sur la tranche. Caudale assez profondément échancrée, à lobes quasiégatix plutôt aigus. (Taille moyenne d'adultes: 23 à 27 centimètres.)
Quatre ou cinq sous-orbitaires : le premier généralement un peu plus petit que Vœil, chez V adulte ; le qtuitrième toujours beaucoup plus petit que Vœil. Maxillaire supérieur portant un coude postérieur relativement long, étroit, arrondi vers le bout, un peu creusé en dessus et quasi recliligne en dessous. Pharyngiens un peu trapus, Vaile plutôt courte et anguleuse, le corps de Vos renflé sur le côté, au-dessous de celle-ci. Meule dure et subovale, avec un talon bien détaché, mais médiocrement développé. Dents un peu crochues, mais nonpecti" nées.
D. 3/7-(8), A. 3/7-(8-9), V. 2/8, P. 1/16-17, C. lO.mig.
Sq. i7^48) —ïzrf *^53). Vert. il-i4(i5).
Ctprinus Grislagine, Cyp. Leuciscus et Cyp. Dobula, lAnné, Syst. nat.,
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58i FAUNE DES VERTÉBRÉS.
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Noms vulgaires, en Suisse : S. F. (Neuchàtel et Morat), Ronzon, Poissonnet et Vandoise. S. A. ad. Hasel, Ganghasel, Hœssel, Hasle^ JTiAtling ; j . Hdseli, Landhœseli ; Gûnger au lac de Zug ; suivant Hart-
SQUAUU8 LEUCISCUS. 585
mann. aussi Gûnger à Zurich, et HaselMche ou Nefflen au lac de Constance. Souvent* à Lucerne, Reusshasel, par opposition à Seehasel, nom du Gardon.
Corps assez allongé, médiocrement élevé et passablement plus comprimé que chez la Chevaine. Le profil supérieur décrivant, du museau à la dorsale, une courbe plus ou moins accentuée, mais d'ordinaire moyenne et volontiers assez constante, bien que, quelquefois au contraire, plus ou moins brusquement voûtée sur la nuque et alors plus droite en arrière; à partir de la dorsale, ce profil tantôt continuant régulièrement la courbe antérieure, tantôt à peu près rectiligne jusqu'au pédicule caudal. Le profil inférieur suivant une courbe généralement un peu plus forte que celle du dos, et, comme chez la Chevaine, moins relevée le long de Tanale que chez les représentants du genre précédent ; cette courbe souvent plus arrondie encore chez les femelles, chez les pleines surtout, ou au contraire plus déprimée, chez les sujets à nuque voûtée. Le dos médiocrement large ; le ventre subarrondi transversalement.
La hauteur maximale, plus ou moins avancée ou reculée entre le bout des pectorales et la base des ventrales, à la longueur totale, comme 1 : 4 Vi ^ 5 chez les femelles, suivant Tftge et répoque ou l'état de Tindividu, à ô & ô */, chez les mâles, même à 5 '/» et 5 Vt chez des jeunes ; cette même élévation, à la longueur sans la caudale, comme 1 : 3 Vi ^ 4 V«» encore suivant le sexe, la saison, Tftge et les individus. La hauteur minimale, à l'élévation la plus forte, comme 1 : 2 V, à 3 Vi) suivant les individus, jeunes, mftles ou femelles. L'épaisseur la plus forte, située, selon l'âge plus ou moins avancé, un peu plus près des ventrales que du bout des pectorales, bu plus ou moins en avant le long de ces dernières, parfois même non loin de l'opercule dans le bas ftge, et entre la moitié et les deux tiers de l'élévation, égale, selon les cas, à un peu plus ou à légèrement moins que la Vi de la hauteur maximale du corps.
Une section verticale, par là, de forme elliptique d'ordi-
586 PAUNE DES TERTÉBRÉS.
naire, chez Tadulte, passablement plus allongée que chez l'espèce précédente *.
L'anus situé aux V» de la longueur du corps, sans la caudale.
Tête plutôt petite, médiocrement large en dessus, conique vue par le côté et, suivant les individus, plus ou moins arrondie k l'extrémité. Le profil supérieur suivant d'ordinaire à peu près la courbe du dos, un peu convexe, comme ce dernier, et volontiers légèrement bombé au-dessus des yeux ; assez souvent, toutefois, le profil plus droit et le front plus plat, chez les individus un peu voûtés à la nuque surtout. Le profil inférieur à peu près semblable au supérieur, ou un peu moins convexe.
La longueur céphalique latérale, h la longueur totale, comme l : 5 à 5 Va i suivant les individus jeunes ou vieux, et, à la longueur sans la caudale, comme 1 : 4 Vs ^ ^ Vf Cette dimension maximale de la tète, par le fait, k peu près égale à la hauteur du corps, chez les jeunes, ou même un peu plus forte ; mais, par contre, généralement plus faible chez les adultes, chez les femelles surtout, parfois même de Vi k V, moindre, chez quelques-unes de ces dernières. La longueur céphalique supérieure variant entre les •/• et les Vs de la longueur latérale. La hauteur vers l'occiput d'ordinaire légèrement moindre que la longueur supérieure, quelquefois même de un cinquième, chez certains jeunes de forme élancée ; mais parfois aussi, bien que plus rarement, légèrement plus forte que la dite longueur, chez de grands sujets suttout. La largeur maximale, sur l'opercule ou au haut du préopercule, suivant l'âge plus ou moins avancé, égale à un peu plus des Va? parfois presque aux V4 de la hauteur céphalique et correspondant, suivant les individus jeunes ou vieux, à l'élévation vers le bord antérieur de l'œil ou, plus en arrière, aux V» de celui-ci.
^ Les sections du corps que Agassiz (Quelques Cyprins du lac de NeochAtel. Soc. H. N. Neuch. 1834) considère comme caractères différentiels de SCS Leue. rodens et L. nuniàlis, varient donc assez avec le sexe, Tâge et l'état des individus.
S0UALIU8 LECCISCCJS. 587
Mnseau subconique, plus ou moins prolongé ou arrondi à l'extréiDité, et, par le fait, dépassant plus ou moins la fente buccale suivant les individus.
Bouche médiocrement oblique et volontiers un peu plus protractile que chez Tespèce précédente ; maïs, par contre, . toujours moins grande, soit fendue seulement jusqu'au-dessous des narines, suivant les individus au-dessous de Torifice antérieur ou au-dessous du postérieur. Le menton d'ordinaire déprimé ou peu saillant. Les lèvres et la langue un peu moins développées que chez la Chevaine.
Mâchoire supérieure recouvrant ou dépassant plus ou moins la supérieure. («Fai rencontré cependant, parmi les jeunes surtout, des individus à museau rond et mâchoires à peu près égales.)
Narines comme chez Tespèce précédente.
Pores et canalicules également à peu près comme chez la Chevaine ; les pores sus-céphaliques cependant d'ordinaire un peu moins nombreux ou moins apparents. Œil arrondi et relativement plus grand que chez l'espèce précédente, soit d'un diamètre, à la longueur céphalique latérale, comme 1 : 3 Vs — ^ Va» suivant les individus jeunes ou vieux.
L'espace préorbitaire à peu près égal à l'orbite, chez les jeunes, ceux à museau rond suilout, et de V» à V4 environ plus fort que celui-ci, chez les adultes ainsi que chez quelques jeunes à museau prolongé ; par le fait, à peine plus fort que le quart de la longueur céphalique latérale, chez les uns, ou parfois un peu plus faible seulement que le tiers de celle*ci, chez les autres, différence se retrouvant dans la disproportion relative de l'espace postorbitaire ^
L'espace postorbitaire variant, selon les individus jeunes, mâles ou femeUes vieilles^ de l Vi de l'œil à 2 Vsi soit
^ Cette disproportion de l'espace préorbitaire, soit dit musean, bien que paraissant au premier abord caractéristique, est trop variable cependant et trop inconstante, chez des individus du reste asses sembla- . blés, pour |)ouvoir avoir une grande valeur spécifique. J'ai trouvé, en particulier, sous ce rapp^trt, des disproportions énormes chez des j unes de 16 à IS"*** qui m*ont été envoyés de NeucbAtel sons le nom de Bornons jeanes prit ensemble sur le même point et à la même époque.
5S8 FAUNB DES VERTÉBRÉS.
égal à peu près à la moitié de la longueur latérale de la tète chez les adultes, ou souvent un peu plus court chez les jeunes.
L'espace interorbitaire passablement plus étroit que chez l'espèce précédente, soit, selon Tâge plus ou moins avancé, mesurant de 1 à l '/& diamètre oculaire, et égal, suivant TAge, à légèrement plus ou un peu moins que Vt <le 1a longueur céphalique latérale.
Arcade sous-orbitaire composée le plus souvent de quatre, plus rarement de cinq os juxtaposés: le premier, suivant les individus à tête plus ramassée ou plus allongée, pentagonal ou subcarré et un peu plus haut que long, ou, au contraire, subovale et un peu plus long que haut, avec cela peu ou pas encoche vei*s les narines ; cette pièce généralement un peu plus petite que Toeil, chez les jeunes surtout. Le second un peu plus court et très étroit ; le troisième en demi-croissant cerclant le quart environ de Toeil, également étroit et deux fois aussi long que le second. Le quatrième subovale ou subtriangulaire, beaucoup plus large que le précédent, un peu plus petit que le premier, toujours beaucoup plus petit que Tœil, demi environ, et par le fait bien moins développé que chez la Chevaine, à Age égal. Parfois un très petit tubule osseux formant un cinquième os et servant à relier le quatrième avec le crâne.
Voûte sus-orbitaire un peu saillante en avant, chez les vieux sujets surtout.
Maxillaire supérieur légèrement cintré, droit en avant, large dans le haut, étroit dans le bas et développé, vers le milieu du côté postérieur, en un coude moins étendu que chez la Chevaine, mais, comme chez le Gardon, beaucoup plus prolongé en arrrière ; ce long coude subarrondi vers le bout, un peu relevé à Textrémité, concave en dessus et quasi rectiligne ou légèrement convexe en dessous. La branche inférieure moyennement allongée, plutôt grêle et passablement tordue en dedans (Voy. pi. II, fig. 43).
Opercule de moyenne dimension, trapézoïdal et marqué quelquefois de stries rayonnantes peu apparentes. Le côté supérieur à peu près égal à la moitié du côté inférieur ou un peu
8QUAL1US LBUCISCUS. 589
plus. Le bord postérieur légèrement concave, le bord inférieur rectiligne ou très légèrement convexe; Tangle formé par ces deux côtés d'ordinaire un peu plus fort que Fangle droit et, suivant les individus, plus ou moins arrondi.
La bordure membraneuse passablement développée.
Sous-opercule assez large et en demi-croissant.
Interopercule formant un triangle bien apparent entre les pièces précédentes et le préopercule, et largement découvert, tout le long, au-dessous de ce dernier.
Préopercule un peu convexe sur les bords postérieur et inférieur, et largement arrondi à Tangle formé par ces deux côtés ; le côté postérieur souvent un peu creusé ou flexueux près du bas.
Pharyngiens plus trapus que chez l'espèce précédente et s'en différentiant, à première vue, par un assez fort élargissement postérieur du corps même de Vos, au-dessous de Taile. La corne supérieure un peu plus cintrée, plus allongée et relativement moins haute que chez la Chevaine, avec cela non relevée à l'extrémité ou, chez quelques individus seulement un peu redressée vers le bout. L'aile plutôt courte et assez haute, ainsi que crochue ou fortement anguleuse en arrière ; la branche inférieure plutôt courte et assez épaisse (Voy. pi. IV, fig. 52).
Dents pharyngiennes sur deux rangs et généralement au nombre de sept, bien que quelquefois au nombre de huit, à droite et à gauche ; cinq grandes postérieures et deux, plus rarement trois petites antérieures. Les dents postérieures assez épaisses, assez grandes, médiocrement comprimées à la couronne, non pectinées et, suivant leur état de fratcheur ou d'usure, plus ou moins crochues k l'extrémité, ou légèrement creusées sur la tranche. La troisième d'ordinaire la plus longue ; la première en haut la plus pincée et la plus crochue ; la dernière en bas la plus courte, la plus droite et relativement la plus large. Les petites dents antérieures, le plus souvent au nombre de deux, quelquefois au nombre de trois à droite et à gauche, parfois au nombre de trois d'un côté et de deux de l'autre, égales environ à la moitié des postérieures et, conune celles-ci, un peu crochues à l'extré-
590 PAUNE DBS VERTÉBRÉS.
mité ; d^ordinaire (surtout quand il y en a trois) Tinférieure la plus longue * (Voy. pL IV, fig. 62).
Meule assez dure, facilement isolable, de moyenne dimension, passablement plus longue que large et rappelant un peu celle de la Chevaine, bien qu'avec un talon ou coin postérieur beaucoup moins développé. Les lobes antérieurs bien moins séparés, réunis sous forme de cœur plus aigu, un peu plus allongés, moins divergents que chez l'espèce précédente et marqués obliquement d'impressions dentaires généralement plus accentuées (Voyez pi. IV, fig. 53). (Chez les individus armés de trois petites dents en rang antérieur, la meule prend quelquefois une forme un peu plus allongée ou plus ovale, et les impressions dentaires plus nombreuses et plus profondes sont plus enchevêtrées. Elle rappelle alors un peu, à ce dernier point de vue, la meule du Scardinitis qui compte aussi trois dents en rang anté~ rieur; cependant, elle demeure plus cordiforme, elle est plus acuminée en avant et présente un plus fort talon en airière^)
Dorsale prenant d'ordinaire naissance au milieu ou à peu près de la longueur du poisson sans la caudale, soit à peu près au-dessus de Torigine des ventrales et toujours beaucoup plus haute que longue ; la hauteur égale, suivant les individus femelles adultes, mâles ou jeunes, à '/•» Vs» Vi ou même parfois Vë ^6 rélévation maximale du corps, soit un peu plus forte ou un peu plus faible que la longueur céphalique supé-
^ C'est, \fi plus souvent, chez des individus de forme élancée (rappelant tantôt le Sq. îepusculuH, tantôt le Sq. rasiratM de Heckel) provenaot du lac de Lucerne, que j*ai trouvé trois petites dents en rang antérieor.
' La vue do semblables meules déviées chez des individus à dents surnuméraires, provenant du lac de Lucerne, m'a donné un moment Tidée de produits de la Yandoise avec quelque autre Cyprin à trois petites dents ; toutefois, ne voyant, dans les mêmes eanz, que le Rotengle qai pût être accusé de ce rapprochement, et ne trouvant chez les dites Vandoises ni traces de dentelures aux dents postérieures, ni aucun antre mélange de caractère qui pût appuyer cette hypothèse, j'en suis vena à m 'expliquer simplement cette modification de la meule i)ar la forme acddentelle de la dentition, ainsi que je l'avais déjà fait dans quelques antres cas analogues.
8QUAUUS LEUC18CUS. 591
rieure. La base ou longueur variant, selon les siyets, entre Vs et Vs de la hauteur (le dernier rapport le plus fréquent). Quant à la forme : médiocrement décroissante, subacuminée au sommet et presque droite ou très légèrement concave sur la tranche.
Généralement dix rayons : trois simples et sept divisés. (Heckel et Kner donnent k leur Squalius rodens, sept à huit rayons divisés ; ce chiffre maximum me paraît, sinon exceptionnel, du moins très rare dans nos eaux.) Le premier simple mesurant environ Vc ou V« seulement du second ; celuici variant entre les Vi et '/• du troisième ; ce dernier simple légèrement plus long que le premier divisé. Le dernier rameux bifurqué jusqu'au bas et, selon Tâge et les individus, égal à la moitié du plus grand rayon, très légèrement plus long que cette fraction ou au contraire un peu plus court.
Anale naissant à peu près au-dessous de Textrémité de la dorsale couchée et laissant, rabattue, entre elle et la caudale un intervalle généralement un peu plus fort que sa base, plus rarement légèrement plus faible, soit égal, suivant les cas, à son second, son troisième ou son quatrième rayon divisé. La hauteur variant entre les Vs et les Vs de Télévation de la dorsale, exceptionnellement égale seulement aux trois quarts de celle-ci. La longueur variant entre les Va et les V4 de la hauteur. Quant à la forme : anguleuse au sommet et, contrairement à l'espèce précédente, légèrement concave sur la tranche.
Dix à douze rayons : trois simples et sept, plus rarement huit ou neuf divisés ^ Le premier simple variant entre V» et Vs du second ' ; celui-ci mesurant entre Vi et la 7t du troisième ; ce dernier simple légèrement plus court que le premier divisé ou au plus de même longueur. Le dernier rameux bifurqué jusqu'au bas et, selon les individus, égal aux Vi ou à la V, du premier divisé le plus grand.
^ Jeitteles dit, à propos de soo SqualîM Upufcuittê (Fische der Marché II, p. 15) «e/ir HelUn uùi 9 oder W WeickUrahlktk.
' Je oe tiens pas compte, dans la meosaraiioo de ce petit rayon, du beat de membrane qn*ii porte à l'extrémité, lorsqu'on le sépare du sut- Tant; je ne mesure que la partie rigide.
59t FAUNK DBS VERTÊBRB8.
Ventrales prenant naissance directement au-dessous de Tongine de la dorsale, ou légèrement plus en avant, et demeurant, rabattues, à une distance de Tanus très variable, selon Tflge, le sexe et Tétat des individus ; cette distance, par exemple, quelquefois nulle ou presque nulle chez de jeunes mâles ou, au contraire, égale à 7» de la longueur de ces nageoires, chez de vieilles femelles pleines. La longueur, s<Mt le plus grand rayon, égale à peu près à la hauteur de Tanale ou un peu plus forte, exceptionnellement légèrement plus faible. Quant à la forme : assez larges, subarrondies au sommet, convexes sur la tranche et relativement peu réduites en arrière.
Généralement, dix rayons : deux simples et huit divisés. Le premier simple externe, arqué à la base, sans articulations apparentes et mesurant entre '/• ^ Vt du second * ; celui-ci légèrement plus court que le premier divisé. Le dernier rameux le plus souvent divisé près du sommet seulement et mesurant des V» aux Vt ^ P^u près du plus grand.
Pectorales demeurant, rabattues, à une distance de rorigine des ventrales variant, selon les individus jeunes, mAles ou femelles pleines, de Vs à Vi de leur longueur. Ces nageoires un peu plus longues ou légèrement plus courtes que la hauteur de la dorsale et toujours passablement plus grandes que les précédentes. Quant à la forme : subtriangulaires, subarrondies à l'extrémité, convexes ou légèrement flexueuses sur la tranche et passablement réduites en arrière.
Un rayon simple, un peu plus court que le premier rameux, volontiers le plus long de tous, et seize à dix-sept divisés ; le dernier divisé mesurant d'ordinaire de Vt ^ V» du plus grand.
Caudale moyenne ou plutôt courte, profondément échancrée, à lobes presque droits sur la tranche, plus ou moins acuminés^ égaux ou subégaux (l'inférieur parfois de 2 à 3^ plus kwg)
* Heckel et Kner ont peut-être méconno ce premier petit rsjMi niple, quand ils ont tttriboé 1/8 rayons aux Tentralea de leur 8q. Jeitteles donne pour formule des Tentralet do cette eipèee 1-2.9. Ce flrier rayon externe m'a paru cependant très constant, chei les formes de la Vandoise que j*ai en roccasion d'examiner.
SQUALIU8 LEUCISCUS. 593
et d'une longueur, à la longueur totale, comme 1 : 4 V» ^ 5 V» suivant les individus jeunes ou vieux ; soit, par le fait, généralement un peu plus longue que la tête.
Dix-neuf rayons principaux appuyés, en haut et en bas, par 4 ou 5 et 5 à 7 plus petits rayons décroissants. Les rayons médians mesurant des '/» à la Vt des plus grands. Écailles latérales médianes à peu près égales dans les deux dimensions ou légèrement plus hautes que longues et assez grandes, soit de même surface que Tœil à peu près ou égales aux Vs seulement de celui-ci, chez de vieux siyets ; ne mesurant, par contre, que V,, Vé ou même V» seulement de Torbite, chez les jeunes. Ces squames plutôt carrées, bien qu'arrondies sur le bord libre et plus ou moins découpées au bord fixe ; ce dernier côté tantôt franchement trilobé, tantôt simplement anguleux en haut et en bas et plus ou moins festonné au milieu. Les fines stries concentriques volontiers un peu moins régulières et un peu plus séparées sur la partie découverte que sur la portion cachée de F écaille ; mais, cela souvent d'une manière moins constante ou un peu moins frappante que chez l'espèce précédente. De trois à huit ou dix, souvent 5 ou 6 rayons principaux, partant d'un nœud situé sensiblement plus près du bord fixe que du bord libre et séparant sur ce dernier des festons relativement peu accentués. D'autres sillons, généralement plus nombreux, plus déliés et plus irréguliers gagnant la partie moyenne du bord fixe. Les squames latérales antérieures beaucoup plus petites, relativement un peu plus élevées, moins découpées au bord fixe et moins régulièrement sillonnée sur la partie découverte; les latérales postérieures plus petites aussi, mais plus allongées et assez régulièrement sillonnées. Les dorsales également de moindres dimensions que les latérales moyennes, de forme plus irrégulière, ovales ou subarrondies, et marquées de plus nombreux sillons ; les pectorales relativement petites aussi, de fbnne assez irrégulière, bien que plutôt allongées et marquées de nombreux sillons sur la partie découverte, avec un nœud plus reculé vers le bord fixe.
Généralanent huit ou neuf écailles au-dessus de la ligne
594 PAUNE DES VERTÉBRÉS.
latérale, vers la plus grande hauteur (de Siebold donne on minimum de sept), et quatre à cinq au-dessous de cette ligne, jusqu'aux ventrales.
Ligne latérale décrivant le plus souvent une faible courbe concave du sommet de Topercule au milieu du corps, et, de là. presque droite jusqu'au centre de la caudale, en passant d'ordinaire un peu au-dessus des deux cinquièmes de la plus grande élévation du corps. Quelquefois aussi cette courbe plus constante et passant un peu plus haut ou plus bas que la moyenne ci-dessus, suivant les individus et leur état. Les écailles moyennes de cette ligne à peu près de même grandeur que leurs voisines, mais généralement un peu plus élevées et quelquefois un peu plus sillonnées vers le bord découvert (chez les jeunes surtout), avec un tubule subcylindrique, droit, assez large et relativement court, soit naissant un peu en arrière du nœud, pour s'étendre sur la moitié ou un tiers seulement de la partie découverte. Les squames antérieures plus petites, plus élevées et moins découpées, avec un tubule oblique, large, cylindro-conique sur la partie cachée en arrière du nœud, et depuis là coudé fortement rétréci ; parfois la partie coudée et étroite faisant défaut, chez des jeunes principalement. Les squames postérieures subovales ou plus allongées et plus sillonnées, avec un tubule plus étroit, ainsi que beaucoup plus prolongé sur la partie découverte, vers le bord libre.
Généralement quarante-huit à cinquante-deux écailles tubulées ; plus rarement quarante-sept ou cinquante-trois. (Jeitteles donne à son Sq. lepuseidus, qui paratt n'être qu'une variété de notre V^andoise, un minimum de quarantequatre et un maximum de cinquante-huit).
Coloration des faces supérieures, d'un vert, suivant les saisons et les individus, plus ou moins bleuâtre ou olivâtre, ainsi que plus ou moins pâle ou rembruni, parfois presque noirâtre avec éclat d'acier. Côtés du corps et de la tète d'un blanc argenté souvent un peu lavés de jaunâtre, de verdâtre ou de bleuâtre dans le haut, parfois même dorés vers le dos. Faces inférieures d'un blanc argenté. Assez souvent un pointillé noirâtre sur les écailles du dos et des flancs, ainsi que
SQITALIUS LKUCISCIJS. S95
sur les côtés de la tète ; parfois aussi quelques petits points foncés irrégulièrement distribués en dessus et en dessous de la ligne latérale. La nagoire dorsale d'ordinaire d'un gris verdfltre ou olivâtre, comn^e le dos, bien qu'en teinte souvent plus pftle ; la caudale comme la dorsale ou un peu bleuâtre, toutes deux plus ou moins mftchurées. Les pectorales, les ventrales et Tanale, selon la saison, Tftge et les conditions, presque incolores, d'un jaune pftle ou d'un orangé rougefltre assez brillant, les deux dernières surtout. (Quelques individus pris à Luceme, à la fin d'octobre 1872, avaient toutes les nageoires inférieures d'un rouge foncé, ainsi que la dorsale et la caudale nuancées de brun rouge.)
Iris blanc argenté en bas, doré dans le haut, ou d'un jaunâtre pftle, ou encore jaune et un peu lavé de rougefttre dans le haut.
Dimensions assez variables, dans différentes conditions; dépassant toutefois rarement, dans nos eaux, une longueur totale de 30 centimètres, avec un poids maximum de 800 k 400 grammes au plus. Dans plusieurs de nos lacs la Vandoise ne semble même pas dépasser un poids de V4 ft Vs livre. Le plus grand sujet suisse que j'aie eu l'occasion d'étudier était une femelle pleine provenant du Rhin k BAle ; il mesurait 275 millimètres et pesait environ 300 grammes. La grande majorité des adultes que j'ai reçus de nos divers lacs ne dépassait guère 22 centimètres de longueur totale. Bloch dit que les Vandoises (Dobules) que l'on pêche dans le Havel ne dépassent pas une demi-livre, mais que celles de la Sprée arrivent quelquefois au poids d'une livre et demie.
Mfties volontiers un peu plus petits et plus élancés, à ftge égal, que les femelles, et généralement couverts, à l'époque des amours, de nombreuses et fines granulations blanchfttres, volontiers accompagnées d'un pointillé noirfttre plus ou moins accentué, sur le dessus et les côtés de la tête et du corps, ainsi que parfois sur les rayons des nageoires paires. Comme chez d'autres Cyprins, le ou les deux premiers rayons des pectorales un peu renflés, au moment du rut surtout.
Jeunes plus effilés que les adultes, dans une même forme, avec un œil relativement bien plus grand, un museau plus court et des nageoires inférieures d'ordinaire moins colorées.
Vertèbres au nombre de 41 à 44 (Jeitteles donne 40 à 45).
Vessie aérienne assez grande et étranglée en avant du milieu ; la partie antérieure plus forte que la moitié de la suivante et un peu pincée à Pavant ; la portion postérieure très légèrement cintrée et conique en arrière.
Tube digestif formant deux replis et, suivant les individus, égal à la longueur totale du poisson ou de Via ^ Vs V^^ long. L'estomac assez vaste. — Ovaires et testicules doubles.
Une petite rangée de pseudobrancbies pectinées et dispo- ' sées en croissant derrière la quatrième sous-orbitaire.
Cette espèce varie tellement, tant dans les formes générales, plus ou moins élevées ou élancées, que dans les diverses proportions de la tète et du corps, qu'elle a donné lieu à la création d'un très grand nombre de fausses espèces. Quelques auteurs, Linné en tête, ont distingué spécifiquement et à tort semble-t-il trois formes de la Vandoise, sous les noms spécifiques de Cyprimis Grislagine, Cyp. Leucisctis et Cyp. Dobula. La première de celles-ci, le Cyp. Orislagine, censée propre aux eaux septentrionales de notre continent, a été montrée, par de Siebold, semblar ble à la seconde ou à notre Squalins leneUcus des régions moyennes de l'Europe ; quant à la troisième, elle ne paraît reposer que sur une conAision, car le nom de Dobula a été successivement attribué au prétendu Cyp. Orislagine, au Q/p. ou Sq. Uivcisciis (la Vandoise) et au Squalius cq^haltis. Du reste, Linné lui-même ' dit déjà de son Cyp. Orislagine « an satis dist indus a Dobula f > Rappelons également que Hartmann', décrivant sous le nom de Cyprinus Dobula notre Squalius leuciscus, paraît douter aussi de l'existence, en tant qu'espèces différentes, des Cyp. leucisctis et Q/p. Orislagine. J'ai montré déjà, plus haut, comment Razoumowsky ' a attribué, à tort, au Vengeron (Leuc. rutilus) du lac de Genève le même nom de
' Syst. Nat. ed XIII, I, p. 1425.
* HeWet. Ichthyol., p. 205.
' Hiat. Nat. da Jorat, I, p. 181,
80UALrU8 LEUGISCUS. 597
Cyp. Orislagine. J'ai dit également, à propos du Lmc. ruiilus, comment le Ci/prinus jaculus de Jurine paraît n'être qu'une variété du jeune Vengeron ou Gardon. Inutile encore de répéter, à la suite de plusieurs ichthyologistes, que le Leuc. argenieuê d'Agassiz n'est toujours qu'une forme de notre Vandoise (Sq. lencisais).
De Selys, qui décrit la Vandoise sous le nom de Leiwisctis argentem (Agas.), avoue lui-même qu'il n'a pas trouvé de caractères suflisants pour distinguer spécifiquement un Leiic. argentetts et un Leuc. vttlgaris. J'en viens donc à quelques formes plus discutables ou plus récentes et jusqu'ici moins généralement récusées.
Le Leucisciis rastratus d'Agassiz et de Valenciennes \ soit le SqtioUiiis Tostratus de Heckel*, attribué aux tributaires du Danube, me paraît n'être qu'une simple forme un peu voûtée sur la nuque de notre Squalius leudscus. J'ai reconnu, en effet, souvent chez des Yandoiseâ incontestables de notre pays, du lac de Luceme en particulier, les trop faibles caractères qui ont été attribués comme distinctifs à ce poisson. Je n'ai pu découvrir, cbez ces sujets bossus, aucun autre trait distinctif assez constant pour avoir quelque importance. — La description que donne Agassiz ' de son Lenctsctis rodens s'applique parfaitement à beaucoup des individus élancés de notre Vandoise. Cet auteur reconnaît du reste que son Ronzon se trouve dans les divers lacs de la Suisse et souscrit par conséquent d'avance à l'assimilation du Ronzon de Neuchâtel et du Hasel de la Suisse allemande. Cette identité, bien que méconnue par Heckel et Kner qui ont aussi attribué trop de valeur à des caractères de peu d'importance, me parait suffisamment prouvée par les recherches de Siebold, ainsi que par les nombreuses comparaisons que j'ai été à même de faire sur des poissons de diverses provenances. Cette seconde prétendue espèce d'Agassiz rentrera donc dans la synonymie de notre Vandoise ; mais il ne
* Hist. Nat., XVU, p. 201.
* Ann. Wien. Mus., I, pp. 99 et 113, et Heckel et Kner, SaaswaaserfUche, p. 192, fig. 106.
' Mém. Soc. H. N. Keuch., 1834, p. 39. pi. I, fig. 1-2.
parait pas au pi-emier abord aussi facile de discuter le Letu:. niajalis du même auteur S que peu d'icbthyologistes ont eu roccasion d'étudier et que les pêcheurs du lac de Neuchfttel semblent persister à distinguer sous le nom de Poissomiet
Les principales différences spécifiques qui semblent ressortir des descriptions d'Agassiz, entre les Letœ. rodens et Leiic. niajalis^ sont, en somme, les suivantes : chez ce dernier, des formes moins élancées, une tête plus arrondie, le pédicule de la queue plus mince, une section du tronc plus aplatie latéralement, pas de saillie de la ceinture thoracique en dessus de Tinsertion des pectorales * et une nageoire dorsale un peu plus large, enfin une taille plus petite et une époque de ponte plus tardive, le mois de mai \ Aucun de ces caractères distinctifs ne m'a paru constant. La forme générale, la largeur du pédicule caudal et la section du tronc, varient constamment avec Tftge, rétat et le sexe des individus ; même le développement de la partie humérale de la ceinture thoracique présente de grandes différences chez des individus du reste en tout semblables. La principale dissemblance que j'ai pu constater entre les diverses Vandoises du lac de Neuchfttel, réside dans les proportions comparées de l'espace préorbitaire ou du museau, comme je Tai déjà fait remarquer ; toutefois, cette disproportion, plus frappante sur la planche d'Agassiz que dans le mémoire de cet auteur, m'a paru se présenter souvent à des ftges divers (dans les jeunes surtout) chez des Squalius leiicisciis suisses de diverses provenances. La même irrégularité du profil se voit chez bien d'autres poissons, chez notre Goiyon en particulier. J'ai trouvé cette même disproportion chez des individus d'âge moyen pris ensemble et à la même époque, qui m'ont été envoyés du lac de Neuchfttel sous le nom commun de Bornons.
^ Agasaiz, 1. c, p. 48, pi. I, fig. 3-7.
* Ce défaut complet de saillie thoradqae me paraît assez problématique ; les figures comparées ne le feraient en tous cas pas soupçonner.
^ J'attache peu d'importance à la remarque faite par Agassiz d'na plus grand nombre de lames d'accroissement dans les écailles, car le nombre de ces feuiUes m'a paru varier beaucoup chez la plupart de nos poissons, non seulement d'individu à individu dans une même espèce, mais encore bur un ^eu\ sujet.
SQUALIUS LELXISCUS. 599
L'époque du frai, plus tardive, à laquelle Agas8iz semble attacher uoe grande importance pour la distinction de son Leuc. nuMJalis, n'a pour moi également qu'une petite valeur; en effet, j'ai trouvé, chez de jeunes femelles de la Vandoise du Rhin, prises le 12 mai à Bftle, les ovaires pleins encore et au même point de développement que chez les quelques Poissonnets que j'avais reçus du lac de Neuchfttel. U me semble probable que l'époque de la ponte varie un peu avec l'âge, comme chez tant d'autres Cyprins ; plusieurs pêcheurs aftirment, en effet, (fue la Vandoise (Banzon) fraye de la mi-mars à la mi-mai et (|ue les jeunes pondent plus tard que les vieux. Du reste, je me demande si, après avoir étudié consciencieusement quelques individus de la Vandoise, forme prétendue Majalis de taille petite ou moyenne, Agassiz n'a peut-être pas pris quelquefois pour Poissonnets de jeunes Vengerons frayants comme d'ordinaire en mai. Ce qui me pousse à émettre cette hypothèse, c'est i^ue deux poissons de taille relativement petite ou moyenne qui m'ont été aimablement communiqués par le Musée de Neuchfttel, comme provenant des collections d' Agassiz et déterminés ))ar cet auteur, portaient le nom de Lenciscus majalis, tandis qu'ils n'étaient en réalité que de jeunes Vengerons (Cyp. rutiittsjy par les dents et le nombre des rayons de la dorsale ^ Quelques pécheurs aussi veulent voir une différence entre Bonzons et Poissonnets; mais on sait que ceux-ci, en général bons observateurs, attribuent cependant volontiers des noms différents aux divers âges et aux formes locales plus ou moins déviées d'une même espèce de poisson.
En somme, le Leiic. nuijalis d' Agassiz représenterait la fonne relativement élevée de notre Vandoise, tandis que le Letw. rodens du même auteur représenterait plutôt la forme allongée du même poisson. Ces deux variétés, parallèles de celles que j'ai observées chez d'autres espèces, se retrouvent du reste à divers degrés dans la plupart de nos lacs suisses.
' Cette supposition expliquerait parfaitemeDt comment, snr des Majalii envoyés de Nenchàtel, Heckel et de Siebold ont reconnu, le premier des représentants dn genre Ltucisem^ le second une espèce du genre Squàlims, La figure même que donne Agassiz de son L, mc^àUs rappelle plutôt un jeune Yengeron.
600 FAUNE DK8 VERTÉBRÉS.
L'opiaion, déjà émise par Agassiz et Valendennes, que le LexuaUcuê tnajalis pourrait bien n'être que le Cyp. lancaitrieft- 818 de Shaw ', me paraît, comme à de Siebold, assez probable : ce dernier ne serait donc encore qu^une forme relativement élevée de la V'andoise.
Si je sors un peu des limites de la Suisse, je me trouve encore en face des Squaliu8 lepiisciilus, Sq. chalyb€8U8^ Sq, roàen*. Sq. Ieuci8cn8^ et Sq, ro8tratti8 de Heckel '. Ici, comme précédemment, je ne trouve aucun caractère assez saillant et assez constant pour mériter une distinction spécifique. Ayant déjà parlé des Sq. Ieuci8a(8, Sq. rodens et Sq. ro8tratu8, je n'ai plus qu'à dire un mot des deux premiers qui sont excessivement voisins. Quant au Sq. l€pu8adu8 ' du Danube et de ses tributaires, il suffira de rappeler que nous avons vu beaucoup de Vandotses avec une tête plus courte que la hauteur du corps et un museau plus ou moins acuminé, pour ne plus attribuer ii rinflexion de la ligne latérale, ainsi qu'à la forme de la portion bumérale de la ceinture thoracique et à la situation de Taxe passant par la bouche au-dessous de Tœil qu'une très petite importance ; j'ai déjà parlé, en effet, du museau et de Thumérus, et je répéterai seulement ce que j'ai déjà dit souvent, c'e$t que la position de l'axe par rapport à l'œil varie énormément dans la plupart des espèces. Des remarques analogues à cei]e> que je viens de relever dans ma description, à propos dn Sq, Iepu8culu8, peuvent être faites aussi pour le Sq. chàtylxrH^^ du Kamp en Autriche ; les caractères que lui attribue Heckel sont le propre, dans notre pays, de beaucoup de V'andoises qui ne paraissent nullement mériter une distinction spécifique.
Blanchard, tout dernièrement, a décrit encore, comme espèces distinctes, deux variétés de la Vandoise : un Squaliu8 Beariiew«i>* et le Letiri»ai8 Burdigalemis de Valenciennes ^ Le;*
* Oen. Zoo]., V, p. 234.
* Heckel et Kner, Sasswasserfiache, p. 186-193, fig. 102-106.
* L. c, p. 186, fig. 102.
* L. c, p. 188, fig. 103.
* Poissons de France, p. 400, ilg. 95.
* CuT. et Val., XVII, p. 218, et Blanchard, p. 405, fig. 97.
SOUALIUS , LEUCISCUS. 601
nombres d'écaiUes et de rayojis aux nageoires attribués par cet auteur à ces prétendues espèces, sont exactement ceux du Sq. Lenci9cu8. Les différences de formes et de proportions qui doivent servir à distinguer ces deux Squalius sont aussi celles que nous avons remarquées chez beaucoup de nos Vandoises. Le rapport 1 : 4 attribué par Blanchard adx proportions de la tête et du corps, du museau à Torigine de la queue, chez son Sq. Bearnensis, me paratt, il est vrai, un peu fort ; toutefois, il est bien voisin de celui 1 : 4 Va que j'ai constaté plusieurs fois, et il est facile, je crois, de trouver une aussi petite différence, si Ton n'emploie pas des moyens de mensuration très exacts. Cette minime différence ne peut, en tous cas, pas être considérée comme caractère spécifique.
Je prends connaissance, à Tinstant, d'un petit mémoii-e, daté du 10 mars 1873, dans lequel De la Blanchëre décrit et figure, sous le nom de Squalius oxyrrhis, une prétendue nouvelle \'andoise de France qui me paratt rappeler assez la description que donne Valenciennes de son Letœ. Burdigcdensis. Je ne répéterai pas ce que j'ai dit. sur la forme plus ou moins saillante ou prolongée du museau ; je citerai seulement, à propos des écailles, les chiffres de 55 sur la ligne latérale et de 7 au-dessous de celle-ci, comme étant supérieurs aux chiffres signalés jusqu'ici chez le Squalius leuàscus. Deux écailles de plus dans le total de la ligne latérale n'ont pas une bien grande importance ; et le» squames, en nombre extraordinaire au-dessous de la ligne latérale, n'ont-elles pas été comptées peut-être jusqu'au milieu du ventre, comme le ferait supposer le désaccord de la figure sur ce point avec la description ?
Je ne terminerai pas ce bref exposé de la variabilité de notre Vandoise, sans rappeler ce que j'ai dit dans la description à propos des dents de cette espèce. En effet, le rang antérieur de petits dents, bien que comptant d'ordinaire deux dents seulement de chaque côté, porte cependant, assez souvent aussi, ou trois dents à droite et à gauche, ou deux d'un côté et trois de l'autre, sans que cette petite différence de dentition entratne forcément avec elle quelque autre déviation des caractères principaux de l'espèce. J'ai trouvé trois petites dents chez des individus de formes diverses, en particulier chez des Vandoises
du lac de Lucerne rappelant tantôt le Sq. lepiisculns, tantôt le Sq. rostratus de Heckel, et cela sans que je pusse, dans Tétude d'autres caractères, m'expliquer cette anomalie dentaire par un mélange avec une autre espèce.
Enfin, deux mots encore, à propos de trois individus capturés au printemps à Bâle, dan^ le Rhin, en même temps que d'autres Vandoises parfaitement caractérisées. Ces sujets, de 145 à 150 millimètres de longueur totale, rappelaient assez à première vue, par leur livrée et leurs formes, des Squalius Agassizii avec lesquels ils avaient été pris. Ils avaient, comme ceux-ci, un fort ]>ointillé noirâtre sur les côtés de la tète et du corps, simulant jusqu'à un certain point une bande longitudinale et la base des nageoires inférieures d'un rouge orangé ; en outre, ils présentaient des formes bien plus effilées que d'autres Vandoises de même taille prises dans la même localité. L'examen des écailles et la forme de l'anale me montrèrent bien vite que j'avais à faire à des représentants du genre Squalius voisins de la Van- (loise; mais j'aurais cru volontiers à un produit hybride de Vandoise et de Blageon, voisin du Ch. Rysela d'Agassiz, si l'examen de la bouche, des dents et de quelques autres traits caractéristiques ne m'avait bientôt persuadé qu'il n'y avait, en dehors des formes générales et de la coloration, aucun point de contact entre ces individus et le Sq. Agassizii. Encore une fois j'ai dû reconnaître la Vandoise dans l'une de ses formes nombreuses. La seule diflférence que je puisse signaler, à côté du faciès, se trouve dans les formes comparées du premier sousorbitaire ; cet os est ovale et passablement plus long que haut chez les dits trois individus, tandis qu'il est plutôt polygonal et généralement un peu plus haut que long chez les Vandoises ordinaires et moins élancées des mêmes eaux. Au reste, la variabilité de cette pièce m'a paru plus grande chez le SqiuiUus leuciscus que chez plusieurs autres Cyprins.
Chaque espèce paraît avoir un ou deux points particuliers sur lesquels elle varie principalement; pour les unes Técaillure, pour d'autres les formes générales ou le nombre des rayons de telle ou telle nageoire, pour d'autres encore, comme c'est id le cas, les os de la face et les dents.
En somme, il semble qu'il faille reconnaître chez la Vandoise,
SQUALIUS LEUCISCUS. 603
comme chez le Gardon, deux tendances assez différentes dans leurs extrêmes, mais réunies par de nombreuses transitions : um forme élaticée avec un museau plus prolot^é (Var. elongâta) et une forme élevée avec un museau plus arrondi (Var. elata).
Si je voulais suivre ici la tendance actuelle qui fait donner un nom à chaque variété, fùt-elle même accidentelle, je pourrais ajouter encore à la série des espèces nominales ci-dessus rapprochées du type du Sq. leudscus, les quelques Yandoises du Rhin dont j'ai parlé en dernier lieu et rappeler leur livrée en les nommant : Var. lateristriga.
La Vandoise est très répandue en Europe, au nord des Alpes : en Suisse, en France, en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Angleterre, en Danemark et jusqu'au nord de la péninsule Scandinave. En Suisse, elle habite plus ou moins abondamment tous nos principaux lacs inférieurs, à l'exception de ceux du Tessin au sud, et la plupart des affluents du Rhin ; mais elle fait défaut au Rhône au-dessus de la perte et semble manquer toujours au bassin du Léman, malgré des essais d'introduction datant de 1870 '. Il est rare de la rencontrer plus haut que 800 mètres au-dessus de la mer. Elle habite, en particulier, les lacs de NeuchAtel, Bienne, Morat, Thoune, Brienz, Luceme, Sempach, Samen, Zoug, Égeri, Zurich, Wallenstadt et Constance.
Cette espèce semble préférer les fonds marneux, sablonneux ou graveleux, dans les lacs et les rivières. Beaucoup d'individus des lacs remontent, au printemps, suivant les conditions en mars, en avril ou en mai, dans les rivières pour y frayer; quelques-uns se répandent même dans les ruisseaux et les marais ; d'autres restent dans les eaux tranquilles et pondent près des rives ; conmie ceux des rivières de préférence sur le gravier.
^ Le prof. A. ChAvaones de Lausanne (Bail. Soc. Yaod. S. N., mai ld70, p. 627) dit avoir introduit dans le Léman 10,000 œnfs de Yandoisc (Cyp. rode%u) provenant do lac de Kenchàtel (Bodeus par erreor pour Eodetu) et 60 individus prêts à frayer. Je ne sache pas qne l'on ait constaté joaqa'ici la réussite de cette tentative.
60i FAUNE DES VERTÉBRÉS.
plus rarement sur les herbes. Ces poissons se réunissent alors en troupes nombreuses et cheminent en rangs serrés. Les jeunes paraissent frayer un peu après les vieux. Les œufs de la Yandoise sont relativement plus gros et moins nombreux que ceux de la Chevaine; j'en ai compté 17,402, de près de deux millimètres de diamètre, chez une femelle de 27 centimètres. Bloch dit en avoir trouvé jusqu'à 26,460 chez une femelle de quatre onces et demie.
La Vandoise a des allures assez vives ; elle nage rapidement et se tient selon les conditions près du fond ou, entre deux eaux, non loin de la surface. Les jeunes semblent rechercher moins les profondeurs que les vieux ; du reste, ce poisson saute aussi à la surface, comme son congénère la Chevaine et conune bien d'autres Cyprins, ce qui même lui a valu les noms de Dard en français et de Springer en allemand. Sa nourriture consiste principalement en herbages, vers et articulés de diverses sortes.
On prend ce poisson, suivant les circonstances, avec diven lilets, dans les nasses, ou simplement à la ligne amorcée soit avec de Torge ou du blé bouilli, soit avec un ver ou une mouche. Du reste, la chair de cette espèce est peu estimée, à cause de son peu de fermeté et du grand nombre de ses arêtes. Les pêcheurs Temployent volontiers comme amorce pour le Brochet.
Comme ses congénères, la Vandoise porte un assez grand nombre de parasites, principalement de Tordre des Helminthes*.
* On a trouvé, à ma connaissance, chez le SquaUus Jeuciacus, les : Agatnotiema ovatum (Dies.) ; dans la cavité abdominale. — Eéhinorhi^lms protevs (Westr.); dans les intestins. — Tania ioruUma (Batscb); dans les intestins. — Ligula digramma (CrepL); dans la cavité àbdoninale. Lig. wonogramma (Crepl.); dans la cavité abdominale, et — CaryopkyUéMs mutabUis (Rad.); dans les intestins.
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