Un autre, — 4. Forme
GENRE DIFFLUGIA 227
rondes. Le suc nucléaire abondant qui entoure le luicléole, renferme lui-même, surtout ])rès de la membrane, des poussières bleuâtres (fig. 5).
J'ai plusieurs fois trouvé des exemplaires munis à la bouclie d'un gros bouquet de pierres, destinées sans doute à la confection d'une nouvelle coque. Un jour également, j'ai rencontré un individu occupé à émettre par sa bouche un sac lisse, rempli de plasma et de globules brillants, mais encore dépourvu de pierres (fig. 3).
Cette espèce rappelle la Diffluyia pyriformis var. hryophUa; mais sa taille beaucoup moins forte, sa teinte jaunâtre, et surtout son noyau tout différent, que j'ai trouvé constamment le même dans tous les individus examinés, la distinguent, me semble-t-il, sutiisamment de cette espèce.
Difflugia rubesceus Penakd (86).
Dans la pi. X de son ouvrage, Leidy représente, dans les fig. 22, 24 et 25, une Diftlugie qu'il rapporte à la Diffliu/ia pi/rifonnis. tout en ajoutant cette simple remarque : « avec endosarc brun. » En 1S91, dans un petit travail sur les Rhizopodes que moi-même j'avais récoltés dans les Montagnes-Rocheuses, j'avais décrit avec quelques détails cette Difflugie, que je considérais comme bien autonome, sous le nom de I)iffhi</ia rnhesceus.
Cette année, j'ai retrouvé cette espèce à plusieurs rei)rises, et sous deux formes un peu différentes. La i)remière, que je considérerai connue typique, est représentée ici par les fig. 1 et 2 ; je l'ai récoltée en assez grande abondance au marais de Bernex, dans les mousses aquatiques; puis aux Voirons, dans les sphagnum (un seul exemplaire). Elle a tout à fait, sous une forme très réduite, l'apparence de la IHfflitffia capreolata; la coquille est pyriforme, trapue, large, régulièrement arrondie en arrière ; le col très large montre à peine une indication d'étranglement à sa base, et ses côtés s'arrondissent et se referment légèrement à la bouche.
Cette coque est jaunâtre, transparente, chitinoïde, résistante, et toujours plus ou moins recouverte soit de diatomées, soit de petits débris qui parfois la font paraître feutrée.
Les pseudopodes sont larges, peu longs; rarement il y en a plus de deux, et le plus souvent on en voit un seul, bi- ou trifurqué et aplati. Le plasma ne remplit guère plus de la moitié de la coquille, aux parois de laquelle il est relié en arrière par des épipodes très longs, et susceptibles à Toccasion de retirer brusquement l'animal tout entier au fond de la coque.
Le trait le plus caractéristique dans la Bifflun'ia riihescens, c'est la coloration rouge
de l'animal. Le plasma est par lui-même absolument incolore, connue on peut le voir dans les pseudopodes, toujours hyalins, ou souvent dans la partie postérieure du corps', puis en écrasant l'animal. Mais la teinte est due à l'existence de grains en nombre considérable, de taille variée, qui ne manquent jamais dans la partie antérieure du plasma, sont peu abondants en arrière, et rarement remplissent le corps entier. Ces grains sont d'un beau rouge-feu, ou rouge de bri(|ue. Soumis à l'action de l'acide sulfurique, ils passent au bleu de Prusse, puis au vert-bouteille, et de longtemps ne sont pas dissous. L'alcool les décolore coiiqjlètement et semble les dissoudre. La fig. 1 représente ces grains remplissant la partie antérieure d'un individu, mais dessinés en nombre bien moins considérable qu'on ne les y voit en réalité; quelques-uns pénètrent ius(iu'iï la naissance des pseudopodes, mais ils ne vont jamais plus loin. I^a fig. 2 montre un animal enkysté; l'ouverture de la coque est fermée par un diaphragme foncé, et à l'intérieur on voit un kyste sphérique, à membrane claire et lisse, et renfermant une masse centrale d'un rouge orangé vif.
Le noyau est unique, à nucléole en apparence central; mais il ne m'a pas été possible de l'isoler et de le voir dans ses détails.
La longueur de la coquille, dans six individus pris au hasard, variait entre 5S à 60 //, c'est-à-dire était presque la même sur tous les exemplaires.
Bifflugia rubescens.