Rhombana, W. V. — Mus. Schif
Cette espèce est très-facile à confondre avec Dohrniana. Steineriana, Hub. 170, ne peut pas lui appartenir; j'ai sous les yeux des femelles de cette espèce qui répondent a la figure citée.
Viburnana est fort commune sur les pâturages du .lura à la fin de juillet ; le mâle vole le soir et le matin en essaims sui- les prairies des bords des bois. La femelle est plus difficile à découvrir, elle se tient cachée dans l'herbe et stationne sur les feuilles basses. — Beaucoup moins fréquenN; dans les Alpes, où elle est iem|)lacée par Dohr- II ian a.
Le mâle varie assez peu en Suisse; il est ordinairement d'un fau\e terne et cendré : jamais je ne l'ai rencontré fauve pur ou ferrugineux comme sur les intlividus du Midi. Dans les Alpes on trouve des individus roux.
La femelle varie da\antage, et pour la forme (>l pour la coloration. La forme lancéolée des supérieures expiimée dans la figure 45 Hub. sup. est l'extrême de sa, déformation, .l'en ai sous les yeux qui ne diffèrent du mâle, à cet égard, que par une moindre largeur des supérieures et par le sommet un peu plus saillant. La couleur de la fenielle est toujours plus foncée ; mais on en trouve qui sont d'un gris roux et sur lesquelles les taches du disque ne se voient que sous un certain reflet de lumière. Plus la couleur
s'approche du brun rouge, plus ces taches se dessinent en brun foncé. Le réticule est habituel chez les femelles, moins chez le mâle.
Dohrniana n'est pas toujours si facile à distinguer de Viburnana. Je n'ai pas su découvrir de différences dans les antennes. Les supérieures sont coupées carrément dans la seconde et un peu obliquement dans la première; mais on trouve des Dohi'niana ayant ces mêmes ailes coupées presque à angle droit. Cette dernière est toujours un peu plus petite et grêle. Les différences essentielles se tirent: 1" de la courbure de la côte fortement prononcée aux épaules dans Viburnana; 2° de la présence d'un réticule qui chez quelques Dohrniana est remplacé parmi |)onctué; 3' de la couleur des supérieures constamment et uniformément noirâtre dans Viburnana, tandis que sa voisine les a plus ou moins vergettées de blanchâtre et même entièrement blanc-sàle ; 4° enfin de la taille et de la configuration des femelles, plus petites et plus étriquées que le mâle, dans Dohrniana; plus grandes et plus fortes que le mâle dans Viburnana.
. Ces deux espèces, du reste, ne peuvent être éloignées l'une de l'autre, encore moins faire partie de deux groupes différents.