Piirpuralis. Lin
De toutes les espèces voisines c'est celle qui présente le plus d'incertitudes. Après en avoir examiné un grand nombre je suis resté convaincu qu'il faut, de deux choses l'une, ou bien réunir sous cette espèce, avec Fisch. v. Roslerst., les grandes variétés d'Italie, les petites des Alpes et leur adjoindre ôstrinalis, ou bien former, outre pu rpuralis, trois espèces séparées. Je me rangerais à cette dernière opinion si j'avais pu examiner un assez grand nombre d'individus étrangers à la Suisse. Mais en admettant cette deuxième alternative, à lacjuelle des quatre espèces conservera-t-on le nom de
purpura lis? Je donnerais la préférence à la plus répandue dans lEurope centrale. Les figures de Hubner et de Duponchel sont trop incorrectes pour servir de types ; cependant Hub. f. 35 paraît avoir été prise sur celle dont je parle et pourrait désigner purpuralis. La grande espèce du midi n'a pas été figurée: celle des Alpes paraît avoir fourni la figure 105 de H.-S. — Ostrinalis est figurée H.-S. f. 107 et 108.
En attendant que cas difficultés soient résolues, je désignerai la forme méridionale et plus grande par coccinalis; celle des Alpes, plus petite, par puralis, avec Mr. de Heyden. Nous aurons ainsi :
A. Purpuralis, offrant pour caractères principaux: 1° Une coloration rouge-brun, terne, plus vive sur la marge est vers le milieu de l'espace moyen. Le brun passe au noir près de la côte, au sommet de l'aile et autour des taches. Les nervures sont souvent marquées légèrement en brun. Le rouge des inférieures est plus recouvert de brun-noir. 2^ Les antérieures plus larges que dans puralis et ostrinalis; un peu moins que dans coccinalis. 3° Leur bord externe droit, du côté du sommet assez aigu, est arrondi à l'angle interne. 4° La troisième tache (postérieure) formant une demilune, tridentée en dehors. 5° La bande transverse des postérieures du même jaune que les taches des antérieures. 6° Les lignes antémarginales très peu prononcées, surtout en-dessus, n'étant guères représentées que par quelques points jaunes disposés en ligne courbe vers l'angle postérieur. Le dessous varie beaucoup ; les taches claires y sont moins étendues que dans les autres variétés. Le jaune de la base aux supérieures est très rarement visible.
B. Coccinalis se rapproche plus que les deux autres de purpuralis par ses formes et sa taille plus forte. Quelques individus sembleraient même former le passage entre celle-ci et phoenicaealis, F. v. R. J'en ai reçu d'Allemagne une sous ce dernier nom. Ce qui distingue surtout cette variété est l'extension que prennent toutes les taches et les lignes d'un jaune d'or pur. La bande maculaire fait un angle moins prononcé avec le bord abdominal et l'espace marginal est sensiblement d'une égale largeur dans toute son étendue. Les lignes antémarginales sont fortement exprimées par un trait jaune, parallèle à la marge qui est droite. La tache postérieure devient presque arrondie. Le jaune apparaît fortement à la base des quatre ailes. Les franges sont jaunâtres. Le pourpre vif des ailes porte fort peu de brun aux supérieures. Cette variété ne se trouve en Suisse que dans le Tessin.
C. Puralis se distingue beaucoup mieux de purpuralis, moins bien d'ostrinalis; cependant on rencontre de petits individus de la première qu'il est à peu près im-
possible de séparer. Ses traits distinctifs principaux sont une taille constamment plus petite, avec les supérieures un peu plus étroites et coupées plus carrément sur le bord externe. Le rouge des ailes a une teinte violette qui dans ostrinalis passe au rose. Les ombres noirâtres de la côte, du pourtour des taches et du disque des inférieures sont très prononcées. La tache jaune de la base disparaît plus ou moins sous le noir.
Un trait fin, vif, droit, borde presque constamment la frange des quatre ailes. La bande maculaire est plus maigre, ses taches sont plus petites et se touchent quelquefois (dans ostrinalis elle se confondent); sa couleur jaune est plus pâle, surtout aux postérieures. La direction de cette bande est sensiblement oblique et l'espace marginal est plus large en arrière qu'en avant. Cette disposition est encore plus prononcée dans ostrinalis. La tache postérieure de ta bande est étroite; elle forme un croissant tridenté plutôt qu'une demi-lune. Le bord externe des franges est blanc.
Cette forme est fréquente dans les Alpes.
D. Ostrinalis, Hub. 113 ne peut-être distingué de puralis que dans ses formes exagérées où le jaune des bandes devient presque blanc, où le rouge passe au rose vif, où le bord externe et la bande maculaire s'inclinent encore plus sur la direction de l'aile et où les taches se fondent les unes dans les autres. La taille reste constamment plus faible. Les ailes inférieures sont noires; les antérieures presque sans mélange de cette dernière couleur; les franges sont blanches à l'extrémité; le filet antémarginal comme dans la précédente.
Je l'ai reçue de l'Engadine et l'ai recueillie en mai dans les environs de Sion.