b. Uliginosellus. Zell. Bresl. Z. t. 3. f
J'ai trouvé cette espèce assez abondante dans les marais d'Aigle, au bord du Rhône, vers le milieu de juillet, en même temps que pascuellus, et mêlée avec lui. La comparaison d'un nombre suffisant d'exemplaire ma convaincu de ses droits à former espèce à part. Aux caractères déjà indiqués il faut ajouter : 1° Une taille constamment inférieure à celle de pascuellus avec les ailes proportionnellement plus larges; 2° les inférieures plus blanches et d'un blanc de lait enfumé ; le mouchet anal du mâle de la même couleur; 3° le bord externe des supérieures à peine infléchi dans son milieu; la portion antérieure de ce bord est beaucoup moins saillante que dans pascuellus et la postérieure est moins arrondie; 4° entre la ligne brisée antémarginale et la marge, n'existe pas d'espace bleuâtre sur lequel se dessinent les points mai-ginaux ; ceuxci placés sur une bandelette jaune ou blanche, sont plus gros, plus saillants et rapprochés de la ligne antémarginale; 5° la moitié interne de cette dernière ligne légèrement arquée et non droite; 6° enfin, la bande longitudinale, argentée et ensiforme, plus large, touche à la côte dans sa moitié interne. Dans pascuellus elle s'en rapproche insensiblement et n'atteint la côte qu'à sa base.
Les teintes sont généralement plus pâles que dans pascuellus. La femelle ne difTère pas du mâle. Le papillon voltige toujours au milieu des joncs et des graminées. Par l'extrémité des antérieures il se rapproche extrêmement de pratellus et par sa bande argentée et pure, de pascuellus.
La femelle de pratellus, lorsqu'elle est blanche, se rapproche beaucoup d'uliginosellus; mais ses postérieures sont noirâtres et sa bande ensiforme marquée en long d'un ou deux traits bruns. Cette bande porte souvent une trace fauve dans uliginosellus, tandis que dans pascuellus elle n'en a aucune.