Publié par Trébutien , Parus
2. Traduit et publié en partie par Aug. Piebard, Revue de Paris, 6 juillet 4834. Cf. Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. Al.
Miracle', toutes trois rimées. Dans les siècles suivants, les aventures romanesques de Robert se retrouvent, sous différentes formes, dans divers États de l'Europe; mais la tradition du héros normand devint surtout populaire en France, en Angleterre et en Espagne, aussi des éditions nombreuses du Roman en prose y ont-elles vu le jour.’
La plus ancienne composition consacrée aux aventures de Robert est le Roman en 5,070 vers, dont l’auteur, qui vivait au treizième siècle, est inconnu. C’est sur ce roman en vers que paraissent avoir été calqués les nombreux ouvrages où sont consignées les aventures de Robert; il faut en excepter toutefois les Chroniques de Normandie’' qui en diffèrent en quelques points essentiels. Dans le roman, un duc de Normandie que le poète ne nomme pas, mais qu’il représente comme grand et puissant, se marie. Sa femme, désolée de ne pouvoir être mère, malgré les vœux qu’elle adresse au ciel dans son désespoir, promet dévotion au diable si, par son pouvoir, elle obtient un enfant.*
K. Publ. par Éd. Frère, Rouen, 1836.
2. La Vie du terrible Robert le Diable, Lyon , Pierre Mareschal et Barnabé Cbaussard , 1496 , in-4° gotb. de 8 feuillets.
Robert the Deuijll. London (1520). Robert the Deuyll. A metrical romance, London , 1798.
A qui comiença la espantosa y admirable vida de Roberto el diablo , Alcala de Henares, 1530 , in-4". Cf. Græsse, Lehrbuch, etc.
3. Publiées en 1487. Cf. la Chronique rimée de Benoit (de Sainte- Hore) publ. par Fr. Michel, 1836.
4. La Chronique explique le fait autrement : « Le duc par un jour de samedi venait de chasser en la forêt de Rouveray et eut désir de coucher avec Inde , sa femme , mais la dame voulut délayer ia cora-
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Cel enfant arrive et reçoit le nom de Robert, de celui de son parrain. Mais la promesse imprudente et impie de la duchesse a voué son fils au malin. Les inclinations perverses de Robert éclatent dès le berceau. Il mord, déchire sa nourrice; plus grand, il brise tout ce qui lui tombe sous la main.
Sa méchanceté croît rapidement. Enfin haï de tous, chassé par son père, il se réfugie dans une forêt auprès de Rouen et se met à la tête d’une troupe de bandits. Détrousser les passants, forcer les ermitages, les couvents, violer femmes et filles, tels sont les exploits de Robert Qt de ses compagnons.
Un jour il court au château d’Arques, habité par son père. Sa mère seule y est, il va droit à sa chambre, l’épée nue à la main, il lui dit quelle mourra si elle ne lui apprend pas pourquoi il est si méchant. Sa mère lui raconte le secret de sa naissance. Robert, atterré, prend le parti d'aller à Rome et d’y faire pénitence. Cette pénitence consiste premièrement à faire le fou et à se laisser maltraiter en silence, secondement à faire le muet, troisièmement à ne manger d’autre viande que celle qu’il disputera aux chiens. Sur ces entrefaites les Sarrasins débarquent en Italie et marchent en force sur Rome. Un envoyé céleste apporte à Robert une
pagnie de son seigneur, lequel fut très-fort embrasé. Et comme la dame n’osa désobéir à la volonté de son mari , par courroux lui dit que jà Dieu n’eut part à chose qu’ils fissent. Et ainsi d’icelui duc la bonne dame conçut fruit.*
armure toute blanche; il la revêt, sort des murs, s’élance sur l’ennemi et le 'met en déroute. L’empereur, pour récompense, lui offre sa fille et la succession à l’empire. Robert refuse et déclare à l’empereur qu’il veut vivre en anachorète. Bientôt il meurt, et de Robert le Diable il devient saint Robert.
Dans le Miracle, Robert, vaincu par la prière de l’empereur et les ordres du pape, épouse la princesse, et le miracle se termine comme une comédie.
Le marquis de Paulmy* a cru que Robert le Diable était le même que Rollon, premier duc de Normandie. M. Deville* pense que c’est Robert, fils de Guillaume le Conquérant, dit Courteheuse. En effet ses contemporains, Guillaume de Jumiéges, Ordéric Vital le montrent exilé de la cour de son père et ayant encouru la malédiction paternelle. «Robert, ajoute le premier’, était retiré dans le Ponthieu, auprès d’Abbeville, avec des jeunes gens de son bord, fils de sei-