‹ Faust drame fantastique en cinq actes, quatorze tableauxChapitre 13 sur 96 · FAUST, MARGUERITE · texte numérisé non relu

FAUST, MARGUERITE

MARGUERITE

Merci de votre protection.

FAUST

Je vous ai débarrassée des galanteries d’un étudiant... Je ne mérite pas grande reconnaissance.

MARGUERITE

Celui-là a fait dans le regard quelque chose de méchant ,. qui me sériait le cœur...

FAUST

11 vous a effrayée?

MARGUERITE

Oui; vous, au contraire, vous ave* l’air bienveillant, me voilà rassurée tout à fait... Merci, et «dieu! (kü« tHoign» jur u

droit*.}

FAUST

Pourquoi me quitter si vite, puisque je ne vous fais pas peur?..

MARGUERITE, l'irrftn*.

Avez-vous quelque chose à me dire?

FAUST, »pre« un trmpi.

Oui.

MARGUERITE

Parlez, alors.

FAUST

Comment vous appelle-t-on?

MARGUERITE

Marguerite.

FAUST

Et quels tnnt vos parents?..

MARGUERITE

Je n’ai que majnère... qui m’attend...

FAUST

Êtes- vous si pressée?

MARGUERITE

Oui, notre ménage est hier» petit, et cependant il faut y pourvoir... nous D’avons pas de servante...

Pas de servante.-.

MARGUERITE

Oh! nous ne sommes pas pauvres I Mon père a laissé, en mourant, une peiite maison et un jardin. — Mon frère Valentin est soldat; il sert en Italie, dans la Calabre... Ma petite sœur c$t morte, ma mère n’a plus que moi Auprès d'elle, et je tâche de lui éviter la fatigue... Dès que le jour se lève, il faut être au lavoir, puis au marché, puis veiller aux soins du foyer, et tous les jour» ainsi... Cest beaucoup de travail ; mai* le sommeil ensuite n’en parait que plus doux, et l'on s’endort, le soir, en bénissant le Seigneur, qui nous donne le repos et le pain de chaque jour.

FAUST

Marguerite, voua êtes un ange...

MARGUERITE

Je ne suis qu'une pauvre enfant dont le langage doit votis faire sourire de pitié...

FAUST

Marguerite, il y a dans la pureté de ton regard, dans la chaste beauté de* ton visage, un charme entraînant, irrésistible t Dieu semble avoir réuni, et» loi seule, tous les dons Ica plus précieux... Tu parais et l’on t’adimrc, tu parles et l’on t’aime... (fendant ce* dernltm paroles, MUf**rilc l’a ecould an as mtl- Itol Ici d«t»i maint aur la Rgurs.)

MARGUERITE

Oh! continuez! continuez toujours...

FAUST

Pourquoi caches-tu ton visage?..

C'est que tout ce que vous me dites là, il me semble l’avoir déjà entendu... dans un rêve...

FAUST

Un rêve!..

MARGUERITE

Et je fermais les yeux pour retrouver les traits de celui qui me parlait ainsi... Je n'avais à retrouver que scs traits, la voix était la même.

FAUST

La voix... c'était ma voix que tu entendais?..

MARGUERITE

Il avait même vos yeux calmes et bons.... Ah!... je crois presque le revoir.

FAUST

| Il me ressemblait donc? ..

MARGUERITE

Oui, il vous ressemblait.

FAUST, it« fait.

t Sc peut-il?,..

MARGUERITE

Mais c’était un jeune homme.

FAUST, imttnxaL

1 Un jeune homme !

Avez-vous un fils ?..

FAUST, troc duulror.

Un (ils !..

MARGUERITE

C’est lui que j’aurai rencontre, lui dont le souvenir aura visité mon sommeil.

FAUST

J’ciais fou !.. j’oubliais mes années, mes rides et mes cheveux blancs... (u rccuDdbi.Mi.) Adieu , Marguerite, adieu !

marguerite!

Adieu!.. Vous htm un fils, n’cst-cc pas ?

FAUST

Adieu ! (Eli* tort p»r I* droit*.)

Page 1