SCÈNE IV
Les mêmes, SULPHURINE.
(Sulphurine, sortie de la chaudière, regarde avec étonnement autour d elle et court d’un objet à l’autre.)
VAGNER, soulevant la tète.
Fridolin ! Fridolin !
Maître?
FRIDOLIN, même jeu.
VAGNER.
Ai-je réussi?
FRIDOLIN
Vous avez réussi... à me faire bien peur.
VAGNER, regardant Sulphurine.
Ah!., oui, oui, l’œuvre est accomplie... voilà mon esclave .. regarde...
FRIDOLIN
C’est vrai!..
TABLEAU T, SCÈNE IV
' VAGNER.
Mais... l’ai-je fait mâle, ou l’ai-je faite femelle?
FRIDOLIN
Diable !.. je ne sais pas. (Il s’approche de Sulphurine, qui le repousse aTec force.) Oh!., quelle poigne !.. c’est un homme, maître.
VAGNER.
Un homme!.. (La regardant de près.) Mais non. Tu ne t’y connais pas! c'est une femme!., une vraie femme !.. Esclave !.. ma jolie esclave. (Sulphurine le- regarde étonnée sans répondre.) Ah 1
j’ai créé une femme... merveilleuse... elle qe parle pas!
FRIDOLIN
Elle ne parle pas!...1 Vous êtes donc muette, dites, Madame ?
SULPHURINE, revenant au milieu.
Non... Que me veux-tu ?
VAGNER.
Elle parle!..
FRIDOLIN
Ah 1 elle n’est pas aussi parfaite que vous le disiez...
SULPHURINE, au milieu.
Qui m’a tirée de notre monde?
VAGNER.
Qui? mais moi... moi... mon esclave...
FRIDOLIN
Nous... c’est nous, son esclave.
SULPHURINE.
Qui m’a conduite ici? Quels sont ces objets qui m’entourent? (Elle touche Vagner et Fridoliu.) Qll'est-Ce que cela?
VAGNER.
Ce sont des hommes, mon esclave.
De jolis hommes.
SULPHURINE.
C’est vilain des hommes!.. (Elle va ver» la fenêtre.)
FRIDOLIN
Comment ! c’est vilain !
VAGNER.
Elle ne s’y connaît pas encore... je formerai son goût. sulphurine.
Ah 1 je veux aller là-bas !
VAGNER.
Je t’y mènerai, mon esclave.
sulphurine.
Conduis-moi.
VAGNF.R.
Je t’y mènerai plus tard. Je désire te contempler, admirer mon ouvrage... je désire...
SULPHURINE, avec force.
Conduis-moi à l’instant!., à l’instant !..
VAGNF.R.
Mais...
SULPHURINE, impérieusement.
Je le veux t..
VACNF.R.
J’obéis... j’obéis, mon esclave! (a Fridotiu qui rit.) Vous avez beau rire... je suis un plus grand savant que maître Faust!., c’est moi qui ai créé cette femme !.. •
SULPHURINE, avec colère.
Allons, j’attends I t
VAGNER.
A tes Ordres, mon esclave! (il sort, entraîné par Sulphurine.)
' FRIDOLIN , les suivant.
Grand savant!., grand savant !.. c'est moi qui ai soufflé le
feu !.. (lis disparaissent par la droite.)