‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 135 sur 225 · NOTICE SUR UES POETES · texte numérisé non relu

NOTICE SUR UES POETES

'lotti-p écrite de sa main. » Les ouvrages qu'il fit paraître ’ nus & / •! *

.cessivement vers cette epoque peuvent, il est vrai, nous le

. comprendre, et sont maintenant assez connus en France ,r que nous nous dispensions d’en faire l’éloge; il suffît de jommer Faust, Egmont , le Tasse , etc. , pour trouver des oreilles attentives. En rendre compte n’entre pas dans notre plan ; et cependant nous n’aurions pas autre chose à faire si nous voûtons donner ici la vie de Gœthe ; car elle ne se compose que f événements très-simples, et qui dépendent tous de la publication de ses ouvrages. En 1773, les premiers lui avaient concilié Samitié du duc de Saxe-Veimar ; aussitôt après son avènement.

ce prince l’appela auprès de lui, et en fit son premier ministre. Depuis cette époque, Gœthe demeura toujours à Veimar, partageant son temps entre les affaires publiques et ses travaux littéraires, et fit de cette petite ville l’Athènes de l’Allemagne. Là se réunirent Schiller, Herder, les deux Schlegel, Stolberg, Bardt, Bœttiger; glorieux rivaux, poétique cénacle où descendait le souffle divin, où s’élaborait pour F Allemagne un siè-

cle de grandeur et de lumières.

Gœthe , né à Francfort-sur-le-Mein , en 1 749 , est mort en 1833, un an après la mort de son fils, et en laissant plusieurs volumes d’œuvres posthumes. La seconde partie de Taust est le dernier ouvrage auquel il travailla. Il s’éteignit comme son héros, en rêvant encore des prodiges de travail et d action.

Si nous voulons maintenant apprécier le mouvement littéraire de son époque, il nous faut remonter au moment où son école et celle de Schiller partageaient la littérature en deux camps égaux. Uhland fut le premier qui essaya de se frayer encore une nouvelle voie. lié en Souabe, il chercha à réveiller 'antique écho de la poésie des trouvères de Souabe, et, parti de l’imitation de Gœthe, il étendit loin le nouveau domaine. Ln chevalier amoureux'’, un cloître , un tintement de cloche , un Ni aveugle et vaillant , le troubadour lui-même : voilà ses héros. De temps à autre, il prend un thème moderne, et le revêt 'ta la forme romanesque du moyen âge, comme dans Marie la

POÉSIES ALLEMANDES

Faucheuse; mais même ses chants joyeux , ses chants de î ,] i et de joie, sentent le moyen âge. Il n’y a rien de moderne e lui que ses poésies politiques, en sa qualité de député de iyttr temberg, et celles-ci sont, de l’avis de tout le monde, pins médiocres. Cependant Uhland eut un succès inattendu • car dans ce temps-là même, les Schlegeî, s’appliquèrent à décrier i» forme subjective de Schiller; ils déclarèrent Goethe le dieu du Parnasse , sauf à le détrôner plus tard , lorsque celui-ci « tourna contre eux. De plus encore , les chants héroïques de Kœrner, disciple de Schiller, commencèrent à perdre beaucoup de leur vogue , dans un moment où l’Allemagne crut voir quelle avait versé son sang en pure perte ; Uhland lui-même le démontra dans plusieurs de ses chants et Kœrner fut déclaré un pauvre poète, pâle imitateur de Schiller. On était ivre de plastique, et, pour se consoler du présent, on recula au moyea âge, et on chanta de nouveau les prouesses des chevaliers ei l’amour des princesses, sauf à y ajouter par- ci par-là un poème graveleux, qui ressortait encore du domaine des minnesinger du moyen âge. Cette manie cependant toucha bientôt à son terme, et Heine fut, pour ainsi dire, le précurseur lyrique de notre révolution de Juillet, qui, en Allemagne, produisit tant de résultats littéraires.

En effet, ce fut Heine qui, se séparant entièrement de la forme purement objective de Goethe et d’ Uhland sans adopter la manière opposée, de Schiller, sut rendre , par des procèdes d’art inconnus jusqu’à lui, ses sentiments personnels pleins de poésie , de mélancolie , et même d’ironie, sous une forme neuve, révolutionnaire même, qui ne cessa pas pour cela d être très-populaire. Heine fit école; un essaim considérable de jeunes poètes lyriques tâchèrent de l imiter; mais aucun d’eux n’eut ni son génie , ni même sa manière de faire le vers , qui n'est qu’à lui. Ce qu’il y a d’extraordinaire en Heine, c’est quil* exclu entièrement la politique de ses chants, bien que la forme de ces mêmes chants dénote un esprit révolutionnaire et absolu. Abstraction faite de l’ironie lyrique de Heine , de cet espii1

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