‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 139 sur 225 · MA DÉESSE · texte numérisé non relu

MA DÉESSE

Laquelle doit-on désirer le plus entre toutes les filles du ciel? Je laisse à chacun son opinion; mais je préférerai, moi cette fille chérie de Dieu, éternellement mobile et toujours nouvelle , l’Imagination.

Car il l’a douée de tous les caprices joyeux qu’il s’était réservés à lui seul, et la folle déesse fait aussi ses délices.

Soit qu’elle aille, couronnée de roses, un sceptre de lis à la main , errer dans les plaines fleuries , commander aux papillons, et, comme l’abeille, s’abreuver de rosée dans le calice des fleurs ;

Soit qu’elle aille, toute échevèlée et le regard sombre, s’agiter dans les vents à l’entour des rochers, puis se montrer aux hommes teinte des couleurs du matin et du soir, changeante comme les regards de la lune ;

Remercions tous notre père du ciel , qui nous donna pour compagne, à nous pauvres humains, cette belle, cette impérissable amie !

Car il l’a unie à nous seuls par des nœuds divins, et lui a ordonné d’étre notre épouse fidèle dans la joie comme dans la peine, et de ne nous quitter jamais.

Toutes les autres misérables espèces qui habitent ceite terre vivante et féconde errent au hasard, cherchant leur nourriture au travers des plaisirs grossiers et des douleurs amères d’une existence bornée, et courbées sans cesse sous le joug du besoin.

GOETHE

Mai'» nous, il nous a accordé sa fille bien-aimée; réjouis- ’c i et traitons-la comme une maîtresse cbéne ; qu elle

îons-n^uo . .

occupe la place de la dame de la maison.

° Et que la sagesse, cette vieille marâtre, se garde bien de

s'offenser. ... , „

T? connais sa soeur aussi : moins jeune, plus posee, elle est ma paisible amie. Oh! puisse-t-elle ne jamais me quitter avant ° Lm vie s’éteigne, celle qui fit si longtemps mon bon- * heur et ma consolation : l’Espérance!

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