‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 155 sur 225 · LE ROI DE THULÉ · texte numérisé non relu

LE ROI DE THULÉ

Ballade

U éta;t un roi de Tliulé qui fut fidèle jusqu’au tombeau, et à

; son amie mourante fit présent d’une coupe d’or.

Cette coupe ne le quitta plus ; il s’en servait à tous ses rei;lS. et, chaque fois qu’il y buvait , ses yeux s’humectaient de

larmes. ' •

Et, lorsqu’il sentit son heure approcher, il compta ses villes, ses trésors, et les abandonna à ses héritiers , mais il garda sa coupe chérie.

Il s’assit à sa table royale, entouré de ses chevaliers, dans la salle antique d’un palais que baignait la mer.

Ensuite il se leva , vida le vase sacré pour la dernière fois, et puis le lança dans les ondes.

Il le vit tomber , s’emplir, disparaître, et ses veux s’éteignirent soudain... Et, depuis, il ne but plus une goutte !

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