‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 168 sur 225 · DÉSIR · texte numérisé non relu

DÉSIR

Ah ! s’il était une issue pour m’élancer hors de ce vallon où pèse un brouillard glacé, quelle serait ma joie!... La-bas, j’aperçois de riantes collines, décorées d’une jeunesse et d une verdure éternelles : oh! si jetais oiseau, si j avais des ailes, je m’en irais là-bàs sur ces collines !

D’étranges harmonies viennent parfois retentir à mon oreille , échappées des concerts de ce monde enchanté : les vents légers m’en apportent souvent de suaves parfums ; j y vois briller des fruits d’or au travers de 1 épais feuillage , et des plantes fleuries qui ne craignent rien des rigueurs de l’hiver.

Ah ! que la vie doit s’écouler heureuse sur ces collines dorées d’un soleil éternel ! que l’air y doit être doux à respirer ! mais les vagues furieuses d’un torrent m en défendent 1 accès, et leui 'ne pénètre mon âme d’effroi.

Une barque cependant se balance près du bord ; mais, hélas ! point de pilote pour la conduire ! — N’importe , entrons-y sans crainte, ses voiles sont déployées... il faut espérer, il faut oser; car les dieux ne garantissent le succès d’aucune entreprise, et un prodige seul peut me faire arriver dans ce beau pays des prodiges.

POÉSIES ALLEMANDES

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