‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 171 sur 225 · ADIEUX AU LECTEUR · texte numérisé non relu

ADIEUX AU LECTEUR

Ma muse se tait, et sent la rougeur monter à ses joues virgioalcs; elle s’avance vers toi pour entendre ton jugement, quelle recevra avec respect, mais sans crainte. Elle désire obtenir les suffrages de l’homme vertueux , que la vérité touche , et non jn vain éclat ; celui qui porte un cœur capable de comprendre les impressions d’une poésie élevée, celui-là seul est digne de la couronner.

Ces chants auront assez vécu, si leur harmonie peut réjouir me âme sensible, l’environner d’aimables illusions et lui inspirer de hautes pensées ; ils n’aspirent point aux âges futurs ; ils ne résonnent qu’une fois sans laisser d’échos dans le temps ; le plaisir du moment les fait naître, et les heures vont les emporter dans leur cercle léger.

Ainsi le printemps se réveille : dans tous les champs que le soleil échauffé, il répand une existence jeune et joyeuse ; l'aubépine livre aux vents ses parfums ; le brillant eoncert der> oiseaux monte jusqu’au ciel ; tous les sens, tous les êtres partagent la commune ivresse... Mais, dès que le printemps s éloigne, les fleurs tombent à terre fanées , et pas une ne demeure

de toutes celles qu’il avait fait naître.

KLOPSTOCK

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