‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 181 sur 225 · KERDING · texte numérisé non relu

KERDING

Ma jeune chevelure est blonde encore : ce n’est que de ce jour que je porte l’épée, de ce jour que j’ai saisi la lyre et la lance... et il faut que je chante Hermann !

O pères , n’exigez pas trop d’un jeune homme : je vein essuyer mes joues humides avec ma blonde chevelure, avant d’oser chanter le plus noble des fils de Mana.

DAKMONT.

Oh! je verse des pleurs de rage; et je ne les essuierai pa> ■ coulez, inondez mes joues, larmes de la colère !

Vous n’êtes pas muettes ; amis, écoutez leur langage : «Malédiction sur les Romains! » Écoute, Héla1 Que nul des traître qui l’ont égorgé ne périsse dans les combats !

i . Divinité des enfers.

KLOPSTOCK

WERDOMAR

Vovez-vous le torrent sauvage se précipiter sur les rochers ;

; ..oBie parmi ses eaux des pins déracinés et les apporte au bûcher du héros.

Bientôt Hermann ne sera que poussière , il reposera dans un ■aibeau d’argile, et à sa cendre nous joindrons l’épée sur la— quelle il jura, la perte du conquérant.

Arrête, esprit du mort, toi qui vas rejoindre Siegmar, et voir tomme le cœur de ton peuple n’est rempli que de toi.

KEBDIXG.

Oh ! que Trusnelda ignore que son Hermann est étendu là tians son sang ! Ne dites pas à cette noble femme , à cette mère «fortunée que le père de son Trumeliko n’est plus.

Celui qui l’apprendrait à cette femme , qui marcha un jour enchaînée devant le char de triomphe du vainqueur , celui-là | lirait un cœur de Romain !

DARMOKT.

Et quel père t’a engendrée , malheureuse Hile ? Un Segestes,

! qui aiguisait dans l’ombre le glaive de la trahison! Ne le m’aufcsez pas... Héla déjà l’a condamné.

WERDOMAR

Segestes est un nom qui doit être banni de vos chants; que : oubli descende sur lui : qu'il reploie ses lourdes ailes et sommeille sur sa poussière 1

Les cordes qui frémissent du nom d’Hermann seraient : souillées si elles répétaient le nom du traître, même pour Pactiser.

Hermann ! Hermann ! Les bardes font retentir de ton nom ^ écho des forêts mystérieuses; toi, si cher à tous les nofe ccteurs! 'toi, le chef des braves, le libérateur de la patrie !

H bataille de Winsfeld, sœur de la bataille de Cannes, je t ai De les cheveux épars et sanglants , le feu de la vengeance les yeux, apparaître parmi les harpes du Walhalla !

He fils de Drusus voulait en vain effacer les traces de ton

POESIES ALLEMANDES

passage en cachant dans la vallée de la mort les blancs os e ments des vaincus...

Nous ne l’avons pas voulu , et nous avons bouleversé lfT, sépulcres, afin que ces débris témoignent d’un si grand jour et qu’aux fêtes du printemps ils entendent nos chants de fie toire !

Il voulait , notre héros, donner encore des sœurs à Cannes à Yarus des compagnons de mort! sans les princes et leurlen. leur jalouse, Cceeina eût déjà rejoint son chef Yarus.

Il y avait dans l’âme d’Hermann une pensée plus grande encore... Près de l’autel de Thor, à minuit, environné de chants de guerre, il se recueillit dans son âme et résolut de l’accomplir.

Et il y pensait parmi vos divertissements, pendant cette danse hardie des épées dont notre jeunesse se fait un jeu.

Le nocher vainqueur des tempêtes raconte qu’il est une montagne dans l’Océan du Nord qui annonce longtemps, par des tourbillons de fumée, qu’elle vomira de hautes flammes et d’immenses rochers !...

Ainsi Hermann préludait par ses premiers combats à franchir les Alpes neigeuses, et à s’en aller descendre dans les plaines de Rome;

Pour mourir là!... ou pour monter à cet orgueilleux Capitole, jusqu’au tribunal de Jupiter, et demander compte à Tibère et aux ombres de ses ancêtres de l’injustice de ieufi guerres !

Mais, pour accomplir tout cela, il fallait qu’il portât l’épée de commandement à la tète des princes ses rivaux.». C’est pourquoi ils ont conspiré sa perte».. Et le voici étendu dans rca sang, Celui dont le cœur renfermait une pensée si patriotique.

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