‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 225 sur 225 · SO · texte numérisé non relu

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POÉSIES ALLEMANDES

des formes, des couleurs et des sons, vivant de la vie générale malgré l’égoïsme naturel à la passion, emprunte à l’imagination panthéiste du poète une grandeur facile et simple qu’on ne rencontre pas ordinairement chez les rimeurs élégiaques. — Le sujet devient immense ; c’est, comme dans Y Intermezzo, la souffrance de l’âme aimant le corps, d’un esprit vivant lié à un charmant cadavre : ingénieux supplice renouvelé del Énéidë * — c’est Cupidon ayant pour Psyché une bourgeoise de Paris ou de Cologne. Et cependant, qu’elle est adorablement vraie ! comme on la liait et comme on 1 aime, cette boDne lihe si mauvaise^, cet être si charmant et si perfide, si femme delà tête aux pieds! « Le monde dit que tu n’as pas un bon caractère, s écrie tristement le poète; mais tes baisers en sont-ils moins doux? s Qui ne voudrait souffrir ainsi? Ne rien sentir, voilà le supplice; c’est vivre encore que de regarder couler son sang.

Ce qu’il y a de beau dans Henri Heine, c’est qu’il ne se fait pas illusion ; il accepte la femme telle qu’elle est, il l’aune malgré ses défauts et surtout à cause de ses défauts ; heureux ou malheureux, accepté ou refusé, il sait qu il va souffrir, et il ne recule pas ; — voyageant, à sa fantaisie, du monde biblique au monde païen, il lui donne parfois la croupe de lionne et les griffes d’airain des- chimères. La femme est la chimère de P homme, ou son démon, comme vous voudrez, — un monstre adorable, mais un monstre; aussi règne-t-il dans toutes ces jolies strophes une terreur secrète. Les roses sentent trop bon. le gazon est trop frais, le rossignol trop harmonieux 1 — Tout cela est fatal ; le parfum asphyxie, l’herbe fraîche recouvreune fosse, l’oiseau meurt avec sa dernière note... Hélas ! et lui, le poète inspiré, va-t-il aussi nous dire adieu?

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