PREMIERE PARTIE
Font les difficiles. ...
Tout se rend hientôt :
i» L'honneur nous commande !
. Si ïa peine est grande.
Le succès la vaut !
i FAUST, VàGNER.
’ . FAUST
Les torrents et les ruisseaux ont rompu leur prison de glace au sourire doux et vivifiant du printemps; une heureuse espérance verdit dans la vallée ; le vieil hiver, qui s’affaiblit de jour ^en joui, se retire peu a peu vers les montagnes escarpées.
Dans sa fuite, il lance sur le gazon des prairies quelques regards glacés mais impuissants; le soleil ne souffre plus rien de blanc en sa présence, partout régnent l’illusion, la vie; tout s’ anime sous ses rayons de couleurs nouvelles. Cependant pren- Srait-il en passant pour des fleurs cette multitude de gens endimanches dont la campagne est couverte ? Détournons-nous donc de ces collines pour retourner à la ville. Par cette porte obscure et profonde se presse une foule toute bariolée : chacun aujourd’hui se montre avec plaisir au soleil; c’est bien la résurrection du Seigneur qu’ils fêtent, car eux-mêmes sont ressuscités. Échappés aux sombres appartements de leurs maisons lasses, aux liens de leurs occupations journalières, aux toits :t aux plafonds qui les pressent, à la malpropreté de leurs étroites •ues,' à la nuit mystérieuse de leurs églises, les voilà rendus bus à la lumière. Voyez donc, voyez comme la foule se préci- »ite dans les jardins et dans les champs ! que de barques oyeuses sillonnent le fleuve en long et en large!... et cette .ernière qui s’écarte des autres chargée jusqu’aux bords. Les entiers les plus lointains de la. montagne brillent aussi de Fêlât des habits. J’entends déjà le bruit du village; c’est vraiaent la le paradis du peuple ; grands et petits sautent gaiement : si, je me sens homme: ici, j’ose l’être. /^Tï/>N
(2 SSTILU Z
FAUST
VAGJiER.
Monsieur le docieur, il est honorable et avantage® ,5 promener avec vous; cependant, je ne voudrais pasm6f fondre dans ce monde-là, car je suis ennemi de tout ce m grossier. Leurs violons, leurs cris, leurs amusements br® je liais tout cela à la mort. Ils hurlent comme des posséda appellent cela de la joie et de la danse.
PàYSASS , sous les tilleuls.
DAÏSE EX CHA5T.
Les bergers, quittant leurs troupeaux.
Mènent, au sou des chalumeaux, Leurs belles en parure ;
Sous le tilleul les voilà tous Dansant, sautant comme des fous,
Ha ! ha ! ha !
Landerira !
Suivez donc la mesure !
La danse en cercle se pressait,
Quand nn berger, qui s’élancait, Coudoie une fillette ;
Elle se retourne aussitôt,
Disant : « Ce garçon est bien sot ! »
Ha! ba! ha!
Landerira !
Voyez ce malhonnête!
Iis passaient tous comme l’éclair.
Et les robes volaient en l’air ;
Bientôt le pied vacille...
Le rouge leur montait au front.
Et l’un sur l’autre, dans le rond.
Ha! ha! ha!
Landerira !
Tous tombent à la file!
<r Ne me touchez donc pas ainsi !
— Paix ! ma femme n’est point ici,
La bonne circonstance ! 3>