‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 57 sur 225 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

MÉPHISTOPHÉLÈS

Voilà mes coquins lancés, vois comme ils y vont,

FAUST

J’ai envie de m’en aller.

MÉPB ISTOPHÉLÈS .

Encore une minute d’attention, et tu vas voir la bestialité dans toute sa candeur.

SIEBEL boit sans précaution, le vin coule à terre et se change en flamme.

Au secours ! au feu ! au secours ! l'enfer brûle !

MÉPHISTOPHÉLÈS, parlant à la flamme.

Calme-toi, mon élément clréri 1 (Aux compagnons.) Pour cette fois, ce n’était rien qu’une goutte de feu du purgatoire.

SIEBEL

Qu'est- ce que cela signifie ? Attendez ! vous le payerez cher ; il parait que vous ne nous connaissez guère.

FROSCH,

Je lui conseille de recommencer !

ALTMAYER.

Mon avis est qu’il faut le prier poliment de s en aller.

' siebèl.

Que veut ce monsieur? Oserait-il bien mettre en œuvre ici son kocuspocits 1 ?

Paix ! vieux sac- à- vin !

SIEBEL

Manche à balai ! tu veux encore faire le manant !

BRAN! ER

Attends un peu, les coups vont pleuvoir !

ALTMAYER tire un bouchon de la table, un jet de leu s’élance et l’atteint.

le brûle ! je brûle !

1 ■ Terme de sorcellerie.

F AU ST

SIEBEL

Sorcellerie !... sautez dessus ! le coquin va nous le pavef

Ils tirent leurs couteaux, et s’élancent vers Méphistophéles MÉPHISTOPHÉLES, avec des gestes graves.

Tableaux et paroles magiques.

Par vos puissants enchantements,

Troublez leurs esprits et leurs sens !

Ils se regardent les uns les autres avec étonnement. altmayer.

Où suis-je ? Quel beau pays !

Un coteau de vignes ! y vois-je bien ?

SIEBEL

Et des grappes sous la main.

BRANDER

Là, sous les pampres verts , voyez quel pied ! voyez quel grappe !

I! prend Siebel, par le nez, les antres en font autant mutuellement, et lits les couteaux.

MÉPHISTOPHÉLÈSj comme plus haut.

Maintenant, partons : c’est assez !

Source de vin, riche vendange,

Illusions, disparaissez !

G est ainsi que 1 enfer se venge.

Il disparaît avec Faust; tons les compagnons lâchent prise. SIEBEL.

Qu’est-ce que c’est ?

ALTMAYER.

Quoi ?

FROSCH.

Tiens ! c’était donc ton nez ?

BRAYDER, à Siebel.

Et j’ai le tien dans la main ?

ALTMAYER.

C est un coup à vous rompre les membres. Apportez un siège, je tombe en défaillance.

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