‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 63 sur 225 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Et prends cet éventail en main,

» Tu seras le roi des bêtes.

Iî oblige Méphistophélès à s’asseoir.

FAl'ST qui, pendant ce temps, s’est toujours tenu devant le miroir, tantôt s’en approchant, tantôt s’en éloignant.

Que vois-je? quelle céleste image se montre dans ce miroir niadque ? 0 amour ! prête-moi la plus rapide de tes ailes, et transporte-moi dans la région qu’elle habite. Ah ! quand je ne reste pas à cette place, quand je me hasarde à m’avancer davantage, je ne puis plus la voir que comme à travers un nuage ! — La plus belle forme de la femme ! Est-il possible qu’une femme ait tant de beauté ? Dois-je, dans ce corps étendu à ma vu?, trouver l’abrégé des merveilles de tous les deux ? Quelque chose de pareil existe-t-il sur la terre ?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Naturellement, quand un Dieu se met à l’œuvre pendant six jours, et se dit enfin bravo à lui-même, il en doit résulter quelque chose de passable. Pour cette fois, regarde à satiété, je saurai bien te déterrer un semblable trésor : et heureux celui qui a la bonne fortune de l’emmener chez soi comme épouse !

(Faust regarde toujours dans le miroir; Méphistophélès, s’étendant dans le (auteml, et jouant avec l’éventail, continue de parler.) Me voila âSSIS

comme tin roi sur son trône : je tiens le sceptre, il ne me manque plus que la couronne.

AXIMAUX, qui, jusque-là, avaient exécuté mille mouvements bizarres, apportent, avec de grands cris, une couronne à Méphistophélès.

Daigne la prendre, mon maître.

En voici tons les éclats.

Avec du sang tu pourras La raccommoder peut-être.

L courent gauchement vers la couronne et la brisent eu deux morceaux avec lesquels ils dansent eu rond.

Fort bien : recommençons...

Nous parlons, nous voyons ;

Nous écoutons et rimons.

FAUST

FAI ST, devant le miroir.

Malheur à moi ! j’en suis tout bouleversé !

àlÉPHlSTOPHÉLÈS, montrant les animaux. .

La tête commence à me tourner à moi-même.

les animaux .

SI cela nous réussit,

Ma foi, gloire à notre esprit !

FAUST, comme plus haut. -

Mon sein commence à s’enflammer ! Éloignons-noty bie vile .

MÉPHISTOPHÉLÈS, dans la même position.

On doit au moins convenir que ce sont de francs poètes

La marmite, que la guenon a laissée un instant sans l’éeumer, commeatt; déborder: il s’élève une grande flamme dans la cheminée. La sorcière te cend à travers la flamme en poussant un cri épouvantable.

LA SORCIÈRE. '

Au ! au ! au ! au !

Chien de pourceau !

Tu répands la soupe,

Et tu rôtis ma peau 1 A bas ! maudite tr oupe !

Apercevant Méphistophélès et Faust.

Que vois-je ici?

Qui peut entrer ainsi Dans mon laboratoire?

A moi, mon vieux grimoire!

A vous le feu !

Vos os vont voir beau jeu !

Elle plonge l’écnmoire dans la marmite, et lance les flammes après Fatist. Méphistophélès et les animaux. Les animaux hurlent.

MÉPHISTOPHÉLÈS lève l'éventail qn’il tient à la main , et frappe à te’1’’ et à gauche sur les verres et les pots.

En deux ! en deux !

Ustensiles de sorcières,

Lieux flacons, vieux pots, vieux verres !

En deux! en deux!

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