‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 65 sur 225 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

[homme grave ! Elle doit, comme médecin, faire un hocuspoafin que la liqueur te soit profitable.

Il contraint Faust d’entrer dans le cercle.

Li SORCIÈRE, avec beaucoup d’ernpliase, prend le livre pour déclamer.

Ami, crois à mon système :

Avec un, dix tu feras;

Avec deux et trois de même.

Ainsi tu t’enrichiras.

Passe le quatrième,

Le cinquième et sixième,

La sorcière l’a dit :

Le septième et huitième Réussiront de même...

C’est là que finit L’œuvre de la sorcière :

Si neuf est un,

Dix n’est aucun.

Voilà tout le mystère !

FAUST

Il me semble que la vieille parle dans la fièvre.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Il n’v en a pas long maintenant : je connais bien tout cela, son livre est plein de ces fadaises. J’y .ai perdu bien du temps, car me parfaite contradiction est aussi mystérieuse pour les sages que pour les fous. Mon ami, l’art est vieux et nouveau. Ce fut l’usage de tous les temps de propager l’erreur en place delà vérité par trois et un, un et trois; sans cesse on babille sur ee sujet, on apprend cela comme bien d’autres choses; mais qui va se tourmenter à comprendre de telles folies? b homme croit d’ordinaire, quand il entend des mots, qu’ils doivent absolument contenir une pensée.

LA SORCIÈRE continue.

La science la pins profonde N’est donnée à personne au monde ;

Par travail, argent, peine ou soins,

La connaissance universelle

FAUST

En un instant se révèle A ceux qui la cherchaient le moins.

FAUST

Quel contresens elle nous dit ! Tout cela va me rompre tète ; il me semble entendre un choeur de cent mille fous.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Assez ! assez ! très- excellente sibylle ! donne ici ta potion. que la coupe soit pleine jusqu’au bord : le breuvage nepe; nuire à mon ami ; c’est un homme qui a passé par plusie® grades, et qui en a fait des siennes.

La sorcière, avec beaucoup de cérémonie, verse la boisson dans le Terre?

au moment que Faust la porte à sa bouche, il s’élève une légère flamme.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Vivement ! encore un peu ! cela va bien te réjouir le ccent Comment! tu es avec le diable à tu et à toi, et la flamme t'épouvante !

La sorcière efface le cercle. Faust en sort.

En avant ! il ne faut pas que tu te reposes.

LA SORCIÈRE

Puisse ce petit coup vous faire du bien !

MÉPHISTOPHÉLÈS, à la sorcière.

Et, si je puis quelque chose pour toi, fais-le moi savoir isabhat.

LA SORCIÈP.E.

Voici une chanson ! chantez-la quelquefois, vous en éprouverez des effets singuliers.

MÉPHISTOPHÉLÈS, a Faust.

Viens vite, et laisse-toi conduire; il est nécessaire qoe si transpires, afin que la vertu de la liqueur agisse dedans 6j dehors. Je te ferai ensuite apprécier les charmes d’une nol j oisiveté, et tu reconnaîtras bientôt, à tes transports secrèl’inflnence de Cupidon, qui voltige çà et là autour du m«h:j dans les espaces d’azur.

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