‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 84 sur 225 · CHOEUR ALTERNATIF · texte numérisé non relu

CHOEUR ALTERNATIF

Sur le pays des chimères Notre vol s’est arrêté :

Conduis-nous eu sûreté Pour traverser ces bruyères,

Ces rocs, ce champ dévasté.

Vois ces arbres qui se pressent Se froisser rapidement ;

Vois ces rochers qui s’abaissent Trembler dans leur fondement.

Partout le vent souffle et crie.

Dans ces rocs, avec furie,

Se mêlent fleuve et ruisseau ,

J’entends là le bruit de l’eau,

Si cher à la rêverie!

Les soupirs, le» vœux flottants,

Ce qu’on plaint, ce qu’on adore...

Et l'écho résonne encore Comme la voix des vieux temps.

Ou hou! chou hou! retentissent;

Hérons et hiboux gémissent.

Mêlant leur triste chanson ;

On voit de chaque buisson Surgir d’étranges racines ;

Maigres bras> longues éehines,

Ventres roulants et rampants;

Parmi les rocs, les ruines,

Fourmillent verts et serpents.

A des nœuds qui s’entrelacent Chaque pas vient s’accrocher!

Là, des souris vont,et passent Dans la mousse du rocher.

Là, des mouches fugitives Nous précèdent par milliers,

Et d’étincelles plus vives Illuminent les sentiers.

FAUST

Mais faut-il à cette place Avancer ou demeurer?

Autour de nous tout menace,

Tout s’émeut, luit et grimace.

Pour frapper, pour égarer;

Arbres et rocs sont perfides;

Ces feux, tremblants et rapides,

Brillent sans nous éclairer!...

MÉPHISTOPHÉLÈS

Tiens-toi ferme à ma queue ! voici un sommet intermédiaire i d’où l’on voit avec admiration Mammon resplendir dans la montagne.

FAUST

Que cet éclat d’un triste crépuscule brille singulièrement dans la vallée! Il pénètre jusqu’au plus profond de l’abîme, là monte une vapeur, là un nuage déchiré ; là brille une flamme dans l’ombre du brouillard, tantôt serpentant comme un sentier étroit, tantôt bouillonnant comme uue source. Ici, elle ruisselle bien loin par cent jets différents, au travers de la plaine; puis se réunit en un seul entre des rocs serrés. Près de nous jaillissent des étincelles qui répandent partout une poussière d’or. Mais regarde : dans toute sa hauteur, le mur de rochers s’enflamme.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Le seigneur Mammon n’illumine-t-il pas son palais comme il convient pour cette fête! C’est un bonheur pour toi devoir cela! Je devine déjà l’arrivée des bruyants convives.

FAUST

Comme le vent s’émeut dans l’air ! De quels coups il frappe mes épaules !

I! faut t’accrocher aux vieux pics des rochers, ou bien il W précipiterait au fond de l’abîme. Un nuage obscurcit la nuit. Ecoute comme les bois crient. Les hibous fuient épouvantes Entends tu éclater les colonnes de ces palais de verdure? Entends-tu les branches trembler et se briser ? Quel . puiss33'-

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