‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 89 sur 225 · LES DEUX CHOEURS · texte numérisé non relu

LES DEUX CHOEURS

Au sommet nous touchons bientôt;

Que chacun donc se jette à terre,

Et que, de là, l’armée entière Partout se répande aussitôt.

MÉFHISTOPHÉLÈS.

Cela se serre, cela pousse , cela saute, cela glapit, cela siffle et se remue, cela marche et babille, cela reluit, étincelle, pae et brûle! C’est ah véritable élément de sorcières... Allons, ferme, à moi i ou nous serons bientôt sépares. Où. es-tn ?

FAUST, dans t’rloignement.

Quoi! déjà emporté là-bas? Il faut que j’use de mon droit de maître du logis. Place ! c’est M. Volant qui vient. Place, bon peuple ! place ! — Ici, docteur, saisis-rnoi ! Et maintenant, fendons la presse en un tas ; c’est trop extravagant, même pour mes pareils. Là -bas brille quelque chose d’un éclat tout à fait singulier. Cela m’attire du côté de ce buisson. Viens 1 viens ! nous nous glisserons là.

FAUST

Esprit de contradiction ! Allons, tu peux me conduire. Je pense que c’est bien sagement fait ; nous montons au Brochu dans la nuit du sabbat, et c’est pour nous isoler ici à plaisir.

MÉPHISTOKHÉLÈS .

Tiens, regarde quelles flammes bigarrées! c'est un club l°yeux assemblé. On n’est pas seul avec ces petits êtres.

F AUS r

FAUST

Je voudra» bien pourtant être là-haut ! Déjà je vois [ flamme et la fumée eu tourbillons; là, la multitude roule y 1 esprit du mal. Il doit s’y dénouer mainte énigme.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Mainte énigme s’y noue aussi. Laisse la grande foule bo». donner encore : nous nous reposerons ici en silence J] reçu depuis longtemps que, dans le grand monde , on fait L petits mondes... Je vois là de jeunes sorcières toutes nues « des vieilles qui se voilent prudemment. Soyez aimables, p®

1 amour de moi : c’est une peine légère, et cela aide ap badinage. J’entends quelques instruments; maudit charivari! J faut s’y habituer. Viens donc, viens donc, il n’èn peut être autrement ; je marche devant et t'introduis. C’est encore un non- \eau service que je te rends. Qu’en dis-tu, mon cher ? Ce n’est i pas une petite place; regarde seulement là : tu en vois à peine 1 la fin. Une centaine de feux brûlent dans le cercle; on ‘ danse , on babille , on fait la cuisine , on boit et on aime ; dismoi maintenant où il y a quelque chose de mieux.

FAUST

^ eux-tu, pour nous introduire ici , te présenter comme diable ?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Je suis, il est vrai, fort habitué à aller incognito; un jour de gala cependant, on fait voir ses cordons. Une jarretière ne me distingue pas, mais le pied du cheval est ici fort honore Vois-tu là cet escargot? Il arrive en rampant, tout en tâtait avec ses cornes; il aura déjà reconnu quelque chose en moi Si je veux, aussi bien, je ne me déguiserai pas ici. Viens donc, nous allons de feux en feux : je suis le demandeur , et tu es le galant. (A quelques personnes assises autour de charbons à À® consumés.) Mes vieux messieurs, que faites- vous dar.s et com-ci? Je vous approuverais, si je vous trouvais gentun®8* placés dans le milieu, au sein du tumulte et d'une jeunes# bruyante. On est toujours isolé chez soi.

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