‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 131 sur 185 · CONSOLATION DANS LES LARMES · texte numérisé non relu

CONSOLATION DANS LES LARMES

« Comment es-tu si triste au milieu de la commune joie? On voit à tes yeux que sûrement tu as pleuré.

— Si j'ai pleuré, solitaire, c'est d'une douleur qui n'afflige que moi ; et les larmes que je verse sont si douces, qu'elles m.e soulagent le cœur.

— Yieîis! de joyeux amis t'invitent, viens reposer sur notre sein, et, quelque objet que tu aies perdu, daigne nous confier ta perte.

— Parmi tout votre bruit, tout votre tumulte, vous ne pouvez comprendre ce qui fait mon tourment... Eh bien, non, je n'ai rien perdu, quel que soit ce qui me manque !

— Alors, relève-toi, jeune homme! à ton âge, on a des forces et du courage pour acquérir.

— Oh! non, je ne puis l'acquérir! ce qui me manque est trop loin de moi... C'est quelque chose d'aussi élevé, d'aussi beau que les étoiles du ciel !

— Les étoiles, on ne peut pas les désirer; on jouit de leur éclat, on les contemple avec ravissement, lorsque la nuit est claire.

—Oui, je contemple le ciel avec ravissement, pendant des

jours entiers : oh! laissez-moi pleurer la nuit, aussi longtemps que je pourrai pleurer! »

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