‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 154 sur 185 · JEANNE D'ARC · texte numérisé non relu

JEANNE D'ARC

Le démon de la raillerie t'a traînée dans la poussière pour souiller la plus noble image de l'humanité. L'esprit du monde est éternellement en guerre avec tout ce qu'il y a de beau et de grand : il ne croit ni à Dieu ni aux esprits célestes, il veut ravir au cœur tous ses trésors, il anéantit

toutes les croyances en attaquant toutes les illusions.

Mais la poésie, d'humble naissance comme toi, est aussi une pieuse bergère; elle te couvre de tous les privilèges de sa divinité, elle t'environne d'un cortège d'étoiles, et répand la glou'e autour de toi... 0 toi que le cœur a faite ce que tu es, tu vivras immortelle !

Le monde aime à obscurcir tout ce qui brille, à couvrir de fange tout ce qui s'élève. Mais ne crains rien ! il y a encore de bons cœurs qui tressaillent aux actions sublimes et généreuses; Momus fait les délices de la multitude; un noble esprit ne chérit que les nobles choses.

Page 1