CHANT DE L'EPEE
Par Kœrner.
« Epée suspendue à ma gauche, pourquoi donc brilles-tu si belle ? Oh ! ta joie excite la mienne... Hourra !
— J'accompagne un brave guerrier, je défends un homme libre, et c'est ce qui fait ma joie... Hourra !
— Ma belle épée, je suis libre, et je t'aime... oh! je l'aime comme une épouse... Hourra !
— A toi, ma brillante vie d'acier; ah ! ah I quand saisiras-tu ton épouse?... Hourra!
— Déjà la trompette joyeuse annonce le matin vermeil... Lorsque tonnera le canon, je saisirai ma bienaimée... Hourra î
— Oh ! douce étreinte, avec quel désir je t'implore ! oh ! prends-moi, cher époux, ma petite couronne t'appartient... Hourra !
— Comme tu t'agites dans ton fourreau, épée ! ta joie de sang est bien bruyante !... Hourra!
— Je m'agite impatiente du fourreau, parce que j'aime la bataille... Houi-ra !
— Reste encore dans la retraite, ma bien-aimée, reste! bientôt je t'en ferai sortir... Hourra !
— Ne me faites pas longtemps languir... Oh ! que j'aime mon jardin d'amour, tout plein de beau sang rouge et de blessures épanouies I., Hourra!
— Sors donc de ton fourreau, toi qui réjouis l'œil du brave; soi's, que je le conduise dans ton domaine.,. Hourra !
— Vive la liberté, au milieu de tout cet éclat !.., l'épée brille aux feux du soleil, ainsi qu'une blanche épousée,.. Hourra !
— Braves cavaliers allemands, votre cœur ne se réchauffe-t-il pas?... Saisissez votre bien-aimée... Hourra !
— Qu'à votre droite Dieu la bénisse, et malheur à qui l'abandonne!... Hourra!
— Que la joie de l'épousée éclate à tous les yeux, qu'elle resplendisse d'étincelles... Hourra ! »