DES VASES DE FLEURS DEVANT
MARGUERITE met des purs fraîches dans les vases.
Abaisse, O Mère de douleur.
Un de tes doux regards jusque sur ma détresse.
Le glaive dans le cœur, Avec quelle tristesse Tu regardes mourir le fils de ta tendresse !
A ton Père et le sien Confiant tes alarmes.
Tu répands tant de larmes Sur son supplice et sur le tien !
Le martyre Qui me déchire, Quel esprit l'entendra ?
Quel cœur le sentira ?
Le doute horrible où mon àme se plonge, Le poison lent qui s'y glisse et la ronge.
Ce qui se passe en moi.
Pour le connaître, hélas ! il n'est que toi.
En quelque lieu que je me traîne, Une peine, une affreuse peine, Glace mon cœur, brise mes os.
Nuit et jour, à toute heure,
Je pleure, pleure, pleure....
Ni trêve ni repos !
Les deux vases de ma fenêtre, Je les arrosai de mes pleurs, Lorsque, voyant l'aube paraître.
Je te cueillis ces fleurs.
Le soleil se montrait à peine Que, sur mon lit me soulevant, Je reo-ardais poindre en pleurant Sa lueur incertaine.
Ah! sauve-moi du déshonneur!
Abaisse, O Mère de douleur, Un de tes doux regards, jusque sur ma détr*sse!