‹ FaustChapitre 55 sur 66 · DES VASES DE FLEURS DEVANT · texte numérisé non relu

DES VASES DE FLEURS DEVANT

MARGUERITE met des purs fraîches dans les vases.

Abaisse, O Mère de douleur.

Un de tes doux regards jusque sur ma détresse.

Le glaive dans le cœur, Avec quelle tristesse Tu regardes mourir le fils de ta tendresse !

A ton Père et le sien Confiant tes alarmes.

Tu répands tant de larmes Sur son supplice et sur le tien !

Le martyre Qui me déchire, Quel esprit l'entendra ?

Quel cœur le sentira ?

Le doute horrible où mon àme se plonge, Le poison lent qui s'y glisse et la ronge.

Ce qui se passe en moi.

Pour le connaître, hélas ! il n'est que toi.

En quelque lieu que je me traîne, Une peine, une affreuse peine, Glace mon cœur, brise mes os.

Nuit et jour, à toute heure,

Je pleure, pleure, pleure....

Ni trêve ni repos !

Les deux vases de ma fenêtre, Je les arrosai de mes pleurs, Lorsque, voyant l'aube paraître.

Je te cueillis ces fleurs.

Le soleil se montrait à peine Que, sur mon lit me soulevant, Je reo-ardais poindre en pleurant Sa lueur incertaine.

Ah! sauve-moi du déshonneur!

Abaisse, O Mère de douleur, Un de tes doux regards, jusque sur ma détr*sse!

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