‹ FaustChapitre 62 sur 66 · PUCK · texte numérisé non relu

PUCK

Ptick entre, et se meut de travers.

Et traîne son pied en spirales; J^lus loin dansent, par intervalle:, De légers couples dans les airs,

Ariel.

Ariel, en gonflant sa joue, Module un son aérien. A faux souvent le flûleur joue, Mais parfois il rencontre bien.

Obïïron.

Qui veut la paix dans son ménage N^a qu'à prendre exemple de nous .

Pour le bonheur du mariage Il faut séparer les époux.

TiTANIA.

Le mari sa femme importune?

La femme boude son mari ?

Au fond du Nord conduise:^ Vune, Menei Vautre au fond du Midi.

Orciihstrf., tutti.

(Fortissimo.) Insectes lourds suçant les roses, Becs de mouches, ne^ de cirons, Grenouilles, crapauds et grillons :

Voilà, Messieurs, nos virtuoses.

Solo.

Le basson nous vient par îe bac.

'D'une outre enflée il a la mine.

Entendez-vous le chnec-chnic-chnac Oui sort de sa large narine ?

Esprit, qui vient de se former.

Prends cet emlryon dans ce coin.

Mets-lui des ailes à la tête :

Ce nest rien y c'est moins quune bête; Mais c'est un poème au besoin.

Un petit couple.

Sur les fleurs, le long des rigoles, Tu cours et sautilles vraiment On ne saurait plus lestement ; Mais aux deux jamais tu ne voles.

Voyageur curieux.

Dois-je bien en croire mes yeux?

N'est-ce point une mascarade ?

Rencontrer dans ma promenade Oberon le plus beau des Dieux !

Orthodoxe.

Quoi ! pas de griffes, pas de queue!

C'est pourtant, à ce que je voi, Comme les Dieux des Grecs sans foi, Un Diable : on le sent d'une lieue.

23a FAUST.

Artiste du nord.

Ce que je fis jusqu'à ce jour N'est qu ébauches, traits de génie ; Mais attende^, en Italie Je me prépare a faire un tour.

Puriste.

Ah! mon malheur ici nC amène.

Quels désordres immodérés !

Dans cette foule, sur la plaine, Il nen est que deux de poudrés.

Jeune sorcière.

La poudre, ainsi que la chemise.

Sied aux femmes sur le i-etour.

Sur un houe je suis, nue, assise, Car mon corps ne craint pas le jour

Matrones.

Nous avons trop de savoir-vivre Pour rabattre ici vos grands airs.

Votre jeunesse vous enivre. Mais attendons l'âge... et les vers.

Maître de chapelle.

Ne voile^ point la beauté nue....

Becs de mouches, ne^ de cirons, Grenouilles, crapauds et grillons.

En mesure, ou bien je vous tue.

Girouette, tournée d'un côté.

Ri'uniûu charmante à voir :

Les femmes les plus agréables ^ Et les l'ommes les plus aimables !

Tous jeunes gens riches d'espoir.

Girouette, tournée de Vautre côté.

Si la terre ne s'ouvre vite, Et ne les coule tous à fond, La tète me tourne, et d'un bondy Dans l'enfer je me j^récipite.

XÉNIES.

Vrais insectes nous sommes là.

Tenant une maligne pince.

Pour rendre honneur au puissant prince, A Satan, notre cher papa.

Hen'Nixgs.

Les cntende\-vous, ces harpies.

Naïvement médire en ckcur?

Puis elles sont asse:;;^ hardies Pour se vanter de leur bon Ccvur !

Musaglte.

Dans les danses de ces Sorcières, fe ne me déplais certes pas :

Car je puis mieux guider leurs pas Que les pas des Muses légères .

Ci-devant génie du temps.

Ma foi l hurlons avec les loups.

Porte-moi sur cette montagne ; C'est un Parnasse d' Allemagne ^ On y trouve place pour tous.

Voyageur curieux.

Quel est ce grand qui court si vite, Et qui se rengorge en courant ?

Son ne\ partout il va fourrant.

— C'est qu'il fait la chasse au jésuite.

Grue.

En eaux troubles je pêche aussi, Quand je n'en ai de plus sortahlcs.

C'est pourquoi vous voye\ ici L'homme pieux parmi les Diables.

Mondain.

Oui, pour les pieux, croyei-moi, Tout est instrument, véhicule :

Dans l'enfer, au nom de la foi, Se tient plus d'un couve nticule.

Danseur.

Foici venir des chœurs nouveaux.

Les tambours battent, le ciel tonne....

Paix! le héron dans les roseaux Redit sa chanson monotone.

TRA(jliDlE.

DOGMATIQ.UF..

Sous cil dcworihc, je maintien On ait doute la raison s'oppose :

Car si h Diable n était rien, Couimeut serait- il quelque cbose?

Idéaliste.

L'imagination bientôt Fa prendre sur mol trop d'empire , Et, si je suis tout, il faut dire Que je suis aujourd'hui bien sot.

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