‹ FaustChapitre 33 sur 34 · IV. — LA PRISON · texte numérisé non relu

IV. — LA PRISON

MÉPHISTOPHÉLÈS

MÉPHISTOPHÉLÈS

Le jour va luire. — On dresse Téchafaud! Décide sans retard Marguerite à te suivre.

Le geôlier dort. — Voici les clefs. — Il faut Que ta maiu d'homme la délivre.

Laisse-moi !

MÉPHIST0PHÉLÈ8.

Hâtez-vous. — Moi, je veille au dehors.

Mon cœur est pénétré d'épouvante ! — 0 torture 1 0 source de regrets et d'éternels remords I C'est elle! — La voici, la douce créature, Jetée au fond d'une prison Gomme une vile criminelle !

Le désespoir égara sa raison!,..

Son pauvre enfant, ô Dieu 1... tué par elle I... Marguerite !

MARGUERITE, s'éveilUnt.

Ah ! c'est lui 1 — c'est lui 1 le bien-aimé 1

Elle se lôv«.

A son appel mou cœur s'est ranimé.

Marguerite !

MARGUERITE

Au milieu de vos éclats de rire, Démons qui m'entourez, j'ai reconnu sa voix!

Marguerite !

MARGUERITE

Sa main, sa douce main m'attire 1 Je suis libre ! Il est là ! je l'entends ! je le vois I

Oui, c'est moi ! je t'aime I

Malgré l'effort même

Du démon moqueur,

Je t'ai retrouvée !

Te voilà sauvée !

Viens, viens sur mon cœuri

MARGUERITE

Oui, c'est toi! je t'aime 1 Les fers, la mort même Ne me font plus peur, Tu m'as retrouvée!

Me voilà sauvée !

Je suis sur ton cœurl

Viens, suis-moi ! — hâtons-nous !

Il veut l'entraîner.

MARGUERITE, se dégageant doncement de ses bras.

Attends!... voici la rue Où tu m'as vue Pour la première fois !

Où votre main osa presque effleurer mes doigts : « — Ne permettez-vous pas, ma belle demoiselle, Qu'on vous offre le bras pour faire le chemin ? » « — Non, monsieur, je ne suis demoiselle ni belle, Et je n'ai pas besoin qu'on me donne la main I »

Oui, mon cœur se souvient! — Mais fuyons! l'heure passai

MARGUERITE, s'appujant amoureusement sur son brai.

Ah ! reste encore ! et que ton bras Comme autrefois au mien s'enlace!...

0 ciel ! elle ne m'entend pas !

MARGUERITE

Embrassez-moi, seigneur! ou bien je vous embrasse!

Méphistophélès reparalL

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