‹ FaustChapitre 7 sur 34 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Et Satan conduit le bal 1

LE CHCEUR.

Merci de ta chanson I

VALENTIN, à part.

Singulier personnage t

WAGNER, tendant un verre à Méphistophélèa.

Nous ferez-vous l'honneur de trinquer avec nous?

MÉPHISTOPHÉLÊS.

Volontiers!...

Saisissant la main de Wagner et l'examinant.

Ah ! voici qui m'attriste pour vous 1 Vous voyez cette ligne?

WAGNER

Eh bien?

MÉPHISTOPHÉLÊS.

Fâcheux présage!

Vous vous ferez tuer en montant à l'assaut !

Wagner retire sa main avec humeur.

SIEBEL

Vous êtes donc sorcier?

MÉPHISTOPHÉLÊS, lui prenant la main.

Tout juste autant qu'il faut Pour lire dans ta main que le ciel te condamne A ne plus toucher une fleur Sans qu'elle se fane I

SIEBEL, retirant vivement sa main.

Moi!

MÉPHISTOPHÉLÊS.

Plus de bouquets à Marguerite 1...

Ma sœurl...

Qui vous a dit son nom?

MÉPHISTOPHÉLÊS.

Prenez garde, mon brave.

Vous vous ferez tuer par quelqu'un que je sais!

Prenant le verre des mains de Wagner.

A votre santé 1...

Jetant lo contenu du verre, après y avoir trempé ses lèvres.

Peuh ! que ton vin est mauvais !...

Permettez-moi de vous en offrir de ma cave !

Frappant sur le tonneau, surmonté d'un Bacchus, qui sert d'enseigne au cabaret.

Holà 1 seigneur Bacchus I à boire I . . .

Le vin jaillit du tonneau. — Aux étudiants.

Approchez-vous 1 Chacun sera servi selon ses goûts!

A la santé que tout à l'heure Vous portiez, mes amis, à Marguerite!...

VALENTIN, lui arrachant le verre des mains.

Assez!...

Si je ne te fais taire à l'instant, que je meure!

Le vin s'enflamme dans la vasque placée au-dessous du tonneau. ■WAGNER et LES ÉTUDIANTS.

Holà!...

Ils tirent leurs épées.

Pourquoi trembler, vous qui me menacez?

Il tire un cercle autour de lui avec son épée. — Valentin s'avance pour l'attaquer. — Son épée se brise.

VALENTIN

Mon fer, ô surprise !

Dans les airs se brise ! . . .

De l'enfer qui vient émousser

Nos armes !

Nous ne pouvons pas repousser

Les charmes !

Mais puisque tu brises le fer.

Regarde ! . . .

Il prend son épée par la lame et la présente sous forme de croix à Méphistophélès.

C'est une croix qui, de l'enfer, Nous garde !

VALENTIN, WAGNEB, SIEBEL et les ÉTUDIANTS,

forçant Méphistophélès à recaler et lui présentant la garde de leurs épées.

Puisque tu peux briser le fer,

Regarde !

C'est une croix, qui de l'enfer

Nous garde ! . . .

Ils sortent.

MÉPHISTOPHÉLÈS, remettant son épée au fourreau.

Nous nous retrouverons, mes amis ! — Serviteur !

FAUST, entrant en scène.

Qu'as-tu-donc?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Rien! — A nous deux, cher docteur!

Qu'attendez-vous de moi? par où commencerai-je?

Où se cache la belle enfant Que ton art m'a fait voir? — Est-ce un vain sortilège?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Non pas ! mais contre nous sa vertu la protège ; Et le ciel même la défend !

Qu'importe? je le veux! viens! conduis-moi vers elle! Ou je me sépare de toi !

MÉPHISTOPHÉLÈS

Il suffit!... je tiens trop à mon nouvel emploi Pour vous laisser douter un instant de mon zèle !

Attendons! Ici môme, à ce signal joyeux,

La belle et chaste enfant va paraître à vos yeux.

Page 1