‹ FaustChapitre 1 sur 3 · Faust · texte numérisé non relu

Faust

V Esprit qui flottait sur les ondes Entonna son hymne, et les mondes Se mirent tous en mouvement.,.

Et, dans la lumière sans 'voiles.

Le chœur infini des étoiles Recommence éternellement,

Méphîsto.

Je n'entends que foudres qui roulent.

Je ne 'vois qu empires qui croulent, La Peste, la Guerre, la Faim.,.

Chœur.

Mais la faim, la peste, la guerre.

Mais tout le bruit que fait la terre Disparaît dans t hymne sans fin.

Un bienheureux.

"Telle sous nos pieds dans C espace V ombre du nuage qui passe S'est dissipée en un moment.

Chœur.

Et, dans la lumière sans 'voiles.

Le chœur infini des étoiles Recommence éternellement.

Méphisto.

'Bravo f les heureux! Fous chantâtes Fort élégamment vos cantates.

Mais moi, qui suis l'esprit mauvais, Y aurais grand tort si je suivais Avec vous la danse des sphères.

Ce ne sont pas là mes affaires, • Car le diable, entre ses défauts.

Ayant celui de chanter faux. Mêlerait en vos saintes croches Un bruit grinçant de tourne-broches.

D'ailleurs je blâme vos ébats Sluand tout marche si mal en bas.

{A la Pronjtdence) On s'y plaint fort de vous, ma Dame, On dit que vous nave% point d'âme :

Bien que le Maître en votre main Ait mis le sort du genre humain.

On croit que vous n'y veillex guère...

Tous les hommes.se font la guerre-.

Si Con n'y met ordre, n, i, ni.

Dans six mois le monde est fini.

La Providence.

Mais voye% en quels temps nous sommes* Cest le démon qui plaint les hommes Et prêche la paix dans les deux.

Méphisto {aux bienheureux.) Ai-je tort ou raison, messieurs f

La Providence.

S^ue devient Faust f

Méphisto.

^i? Le gendarme?

Comme il est sans esprit ni charme^ Pour gagner ses cousins teutons Il amasse cannes, bâtons.

Durs casse-têtes d^ Amérique, — Bref, du rotin jusqu'à la trique.

Tous les assommoirs souverains Slui ser^vent à casser les reins.

De tauhe au soir, à la sourdine.

Il apprend comme on se gourdine Et se démène atrocement.

La Providence.

Pourquoi?

Pour son délassement.

Il est temps, je crois, qiCon V enferme.

Sinon gare l il tapera ferme!...

La Providence.

Point du tout; je sais ce quUl vaut:

Il est avec moi fort dévot...

Méphisto.

ITen croyez rien, je vous conjure.

V oulex'vous faire une gageure ?

La Providence.

^elle?

Méphisto.

Faust est votre homme? Eh bien!

Dans trois jours Usera U mien.

La Providence.

J'inscris le pari sur ma planche.

Méphisto.

Mais vous me laissez carte blanche?

La Providence.

A ton aise,

Méphisto.

A moi Cèreinteur !

La Providence (souriant).

Nous ^verrons cela,

Serviteur.

La Providence (a pari).

Je le supporte^ il est bon diable.

Méphisto {à part).

Je la flatte, elle est maniable,

La Providence {à part).

Mais il lui reste peu de flair,

Méphisto (à part).

Mais elle rty voit plus bien clair.

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