SCÈNE PREMIÈRE
FAUST, seul. — Sa lampe est près de s éteindre. — Il est assis devant une table chargée de parchemins. — Un livre est ouvert devant lui.
Rien!... — En vain j'interroge, en mon ardente veille, La nature et le Créateur ; Pas une voix ne glisse à mon oreille Un mot consolateur!
J'ai langui triste et solitaire, Sans pouvoir briser le lien Qui m'attache encore à la terre !...
Je ne vois rien! — Je ne sais rien !...
Il ferme le livre et se lève. — Le jour commence à naître.
Le ciel pâlit ! — Devant l'aube nouvelle La sombre nuit S'évanouit !...
Avec désespoir.
Encore un jour! — encore un jour qui luit!.., 0 mort, quand viendras-tu m'abriter sous ton aile?
Saisissant une fiole sur la table.
Eh bien ! puisque la mort me fuit, Pourquoi n'irais-je pas vers elle ?..- Salui! ô mon dernier matin !
J'arrive sans terreur au terme du voyage;
2 FAUST
Et je suis, avec ce breuvage, Le seul maître de mon destin !
II verse le contenu de la fiole dans une coupe de cristal. — Au moment où il va porter la coupe à ses lèvres, des voix de jeunes filles se font entendre au dehors.