‹ Faust, opéra en cinq actesChapitre 3 sur 96 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

FAUST, seul. — Sa lampe est près de s éteindre. — Il est assis devant une table chargée de parchemins. — Un livre est ouvert devant lui.

Rien!... — En vain j'interroge, en mon ardente veille, La nature et le Créateur ; Pas une voix ne glisse à mon oreille Un mot consolateur!

J'ai langui triste et solitaire, Sans pouvoir briser le lien Qui m'attache encore à la terre !...

Je ne vois rien! — Je ne sais rien !...

Il ferme le livre et se lève. — Le jour commence à naître.

Le ciel pâlit ! — Devant l'aube nouvelle La sombre nuit S'évanouit !...

Avec désespoir.

Encore un jour! — encore un jour qui luit!.., 0 mort, quand viendras-tu m'abriter sous ton aile?

Saisissant une fiole sur la table.

Eh bien ! puisque la mort me fuit, Pourquoi n'irais-je pas vers elle ?..- Salui! ô mon dernier matin !

J'arrive sans terreur au terme du voyage;

2 FAUST

Et je suis, avec ce breuvage, Le seul maître de mon destin !

II verse le contenu de la fiole dans une coupe de cristal. — Au moment où il va porter la coupe à ses lèvres, des voix de jeunes filles se font entendre au dehors.

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