‹ Faust opera en cinq actesChapitre 13 sur 64 · W A GN E R · texte numérisé non relu

W A GN E R

, Et si je veux chanter, moi! — Oui, je chanterai, et le diable ne me fera pas taire !

ACTH U, SC EN K iV.

M É P inSTOP II ÉL È s , à P»it.

l’la!t-il !... .

W A G N K R , chaiiUni à pleine tuix.

Un rat pins poltron que brave,

Et plus laid que beau,

Logeait au fond d'une cave Sous un vieux tonneau;

Un chat...

MÉPIIISTOPHÉLÈS , s’arpruchant.

Pardon !

W .V G N K R , se rctournaat.

Hein ?

M K PHI STOP H ÉLKS.

.Me sera-t-il permis de me mêler à votre compagnie, Messieurs? — je ne voudrais rien perdre d’une chanson si heureusement commencée.

w AGNER.

Je chante pour mes amis, Monsieur, — non pour vous.

MÉPIIISTOPHÉI.ÈS.

ün auditeur de plus n’est pas pour intimider un chanteur de votre mérite.

w AGNER.

Qu’en savez- vous? — je n'ai |)as chanté trois notes.

SI É P H 1 STOP H ÉLÈS. ■

Il suffit de trois notes pour révéler un virtuose.

SV AGNER.

En seriez-vous un, par hasard ?

SIÉPHISTOPIIÉLÈS.

La force est petite, mais le désir est grand.

SV AGNER;

Pardieu! je vous prends au mot. — Üonnez-nous donc une chanson, vous qui jugez si bien les autres.

MEPIIISTOPHELES.

Plusieurs, si vous le désirez.

FAUST

WAGNER

Non, je n’en veux qu’une, pourvu qu’elle soit bonne.

MÉPIMSTOPHÉLÈS.

Je ferai de mon mieux.

TOUS

Nous vous écoulons!

V A I. E N T I N , à i«rt.

Singulier personnage!

MÉPIIISTOPIIÉLÈS.

Le veau d’or est encor debout;

On encense Sa puissance

D’un bout du monde à l’autre bout !

Pour fêter l’infàme idole,

Peuples et rois confondus.

Au tintement des écus,

Forment une ronde folle Autour de son piédestal !...

Et Satan conduit le bal !

Le veau d’or est vainqueur des dieux !

Dans sa l'ioire Dérisoire

Son front abject brave les cieux!

]1 contemple, ô raf;e étrange!

A ses pieds le genre humain Se ruant, le fer en main.

Dans le sang et dans la fange Où brille Tardent métal!...

Et Satan conduit le bal !

TOUS

Et Satan conduit le bal !

WAGNER

Votfe belle voix. Monsieur, cl la pensée morale de votre chanson me réconcilient avec vous; car j’avoue que je vous avais pris d’abord pour un mauvais plaisant.

AC T K 11, SCi-NE IV. 17

MKPIIISTOPHÉIÈS.

Fi !

lui offrant un Terre.

Nous ferez-vous l’honneur de trinquer avec nous?...

M K I* H I S T O P 1 1 K L E S , prenant le rerre .

OomiTlCnt donc ! (silsUsant U main de Wagner. ] Âh ! VOÎIh (|UÎ

est fâcheux! — Voyez-vous cette ligne?...

WAGNER

Eh bien?

MÉPIIISTOPIIÉLÈS.

Vous vous ferez tuera la première affaire, mon bon ami !... WA G. N ER.

Hein?...

SIEBEL

Vous êtes donc sorcier?

BIÉPHISTOPHELES.) prenant la main de Siebel*

Assez pour lire dans ta main que tu ne toucheras plus une fleur sans la flétrir, mon pauvre Siebel

SIEBEL

Moi!...

MÉPIIISTOPHÉLÈS.

Tu t’en apercevras ce soir, si tu t’avises de vouloir porter un bouquet à Marguerite!

VALENTIN

• Comment savez- vous le nom de ma sœur, Monsieur?

MÉPIIISTOPHÉLÈS.

Prenez garde, mon brave! — Avec votre vivacité, vous vous ferez tuer par quelqu’un qui n’est pas loin d’ici. — A votre santé, .Messieurs! (ii toit. ) Peuh! voilà de mauvais vin!

WAGNER

Corbleu! n'êtes-vous venu ici que pour faire le charlatan et le drôle?

FAUST

MEPIIISTOPIIKLÈS.

Permettez-moi.de vous en offrir de ma cave et du meilleur. ( Montant sur le banô et frappant sur un petit tonneau surmonté d'un Bacühusj.qui sert d'enseigne au cabaret- ] Holà ! SCigI16Ur BctCChuS , à boire! ( Le vin jatlUi du tonneau et emplit son rerre. ~~ Redescendant, à

terra.) G’est du vHii vin de Chypre, Messieurs! digne d’ètre bu à la santé que vous portiez tout à l’heure, à la santé de Marguerite!

VALENTIN

Que le ciel m’écrase si tu en bois une seule goutte! (u

arrache le Terre des mains de Mépbistophël^s^ et en jette le contenu qui s*enflamme eh tombant à terre. ]

WAGNEU.

Holà! je brûle!... Est-ce l’enfer qui s’allume!...

MÉPHISTOPHÉLÈS

Paix, ivrogne!

. WAGNER, tirant son épée.

Âh! tu fais le manant!... ( Valentin, Siebel et les étudiants tirent leurs épées; Mépbistophélés trac^ autour de lui un cercle arec la sienne*. • Les étudiauU s'élancent sur lui , et s'arrêtent comme deraot une barrière in— risible* — L'épée de Valeotin se brise.)

VALENTIN

Qu’est-ce que cela?... mon épée se brise dans l’air !... Es-tu le diable ?... «

De l’enfer qui vient émousser Nos armes

Nous ne pouvons pas repousser Les charmes!...

Mais puisque tu brises le fer,

Regarde!...

(u prend ioo ^pée par U lame et la présente sous ferme de croix à Méphistophélùs. )

C’est une croix qui de l’enfer Nous garde !

ACTl* il, SCKNE V.

VALENTIN, WAGNER, SIEBEL ot le. É T U I) l A N TS , fondant M«phi»toph^lès k reculer en lui présentent \x garde de leurs ëp6es.

Puisque tu peux briser le fer,

Reijarde !

C’est une croix qui de l’enfer Nous "arde !...

(il. sortent.)

Page 1