ACTK IV, SCÈNE II
SIEBEL
Vous l’aimez encore?
M ARGUE R I TE
Toujours !...
SIE BE L
Il VOUS oublie pourtant!...
•MARGUERITE
Non!... Il m’aime, je lésais!... S’il a de mauvaises pensées, elles ne viennent pas de lui, mais de cet homme qui l’accompagne. — Cet homme m’est odieux. Siebel. — Il porte' écrit dans ses yeux qu’il ne peut aimer personne. — Quand j’entendais sa voix, je ne pouvais plus prier. — Quand il s’approchait de nous, il me semblait que nous cessions de nous aimer. — C’est dans un de ces moments qu’Henri m’a quittée. — J’étais agenouillée près du berceau ; — je lui disais : Regarde cet ange que Dieu nous a donné ! — Son compagnon est entré et l’enfant s’est éveillé en poussant des cris. Alors ils sont partis : lui , avec un regard farouche ; l’autre, avec un éclat de rire. — Le lendemain, Henri n’est pas revenu... Mais pardon! — ce n’est pas à vous, Siebel, que je devrais parler de luil
SIEBEL
Pourquoi ? — Vous me jugez mal, Marguerite :
Versez vos chagrins dans mon âme!
Mon fol amour s'est endormi !
Il ne m’est resté de sa flamme Que la tendresse d’un ami !
Hélas ! ne mettez pas en doute Ce dévoûment silencieux!...
Mon cœur a reçu goutte à goutte Les pleurs qui tombent de vos yeux!...
MARGUERITE, lut serrant la main.
.Mefci! — Abreuvée d’outrages, il m’est bien doux de
oi
FAUST
trouver une main qui ne repousse pas la mienne. — Adieu Siebel !... — 11 n’est plus dans la ville qu’une maison qui me soit ouverte, c’est celle où l’on prie. — J'y vais prier pour mon enfant et pour lui!
SIEBEL
Adieu, Marguerite I ( Marguorito sort*) '