ACTE TROISIÈME
CASSIUS
Puisque me voilà venu...
DAPIINË, l'iulerrompant.
A quoi bon? — je sais luaiiilcnuiil loul ce que je dt'sirais connailre !
CASSIUS
Mais uiui...
DAPHNÉ, avec autorité.
Ne t'en mets pas en peine, Celsius!... tu n'en seras pas moins ce que lu dois èlie !...
CASSIUS, insislaot.
Pourlanl...
Non, tedis-jel
Simple ciiriosilé
Tu le veux ?
Tout de suile.
DAPHMJ, se levant, à part.
Ce sera sa dernière épreuve I... (Haut, d'un ton sévère, et décrivant un grand cercle avec sa baguette magique.) Silence, alorsL..je commence I... (Elle apporte, au milieu de rapparlemeul, un grand bassin de métal, sur les parois duquel sont gravées des ligures magiques, place au lour, sept flambeaux, puis remplit lenlement le bassin avec l'eau d'une
ampiiorc ) Palpitez à ma voix, flois sjbilliiis, qui avez coulé piès d'une lomLie, sous un figuier stérile, frappé deux lois par la luudre!... (Allumant les flambeaux magiques.) Flammes des Sept flambeaux, rayonnez doucemenl sur les m\>lères de celle onde, comme les yeux d'or du ciel, sur les abiines de la mer!...
CASSIUS, se penchant sur le bassin.
Tous ces cercles de l'eu, qui se mêlent cl lourbillonnenll
DAPIINÉ, prenant un petit miroir de métal.
Descends, calme el Iroid, sous ragilaliuu des surfaces, miroir de Thessalie, dont lacier ne reflète que les lormes de l'avenirl... (Elle plonge le miroir dans le bassin, puis d'une voix solen-
DAPHNÉ
CASSIUS
DAPIINÉ, avec indifférence.
[CASSIUS, vivement.
nelle.) Par Mars et Mercure!... par Jupiter!... (Se retournant brusquement vers Cassius.) Ton épée, si jamais elle a plongé dans les
entrailles d'un homme !... (Cassius, subjugué, la lui donne, elle l'agile au-dessus du bassin, et, d'une voix lente et chantante, tout en examinant Cassius, pourvoir si les mots du charme fout quelque effet sur lui.) Epimâ! ... Epimà!... (Cassius demeure immobile, elle continue d'une voix sourde.) Ercgbuo!... Thésogar!... rien! rien! (Elle rend l'épéo à Cassius, en le regardant hxement.)
CASSIUS, regardant de nouveau dans le bassin, puis se redressant, les yeux hagards.
Mon nom!... (Montrant le fond du bassin.) Là!... Casslusl... écrit avec du sang!. .
DAPHNÉ, regardant aussi.
Tu te trompes, — avec de la pourpre!... (Elle tombe k genoux.)
CASSIUS, effaré.
Que fais-tu donc?
DAPHNÉ, avec solennité.
Je le salue, Avidius Cassius, auguste! invincible! maître du monde! empereur!...
CASSIUS, s'élançant vers Daphné.
Moi! empereur!... lu en as menti!... lais-toi, femme!... Une volonté comme la mienneest plus forte que les oracles!... Je n'avais pas vingt ans, — sais-tu bien, — quand, (ils d'un simple rhéteur, j'ai voulu m'asseoir sur un trône! Aujourd'hui, grâce aux dieux, j'ai passé le temps des rêves; — on ne m'enirainera pas à mon âge, dans des roules sans issue, dont je connais les précipices !
DAPHNÉ, impassible.
Il y a deux choses qu'on n'arrête pas, quoi qu'on fasse : la mer qui monte, el la destinée qui s'avance!... CASSIUS, avec force.
Assez I
DAPHNÉ, s'avançant vers lui.
Que parles-lu de ton origine? Le génie, qui lient son droit de lui-mêuie, n'a rien à démêler avec les hasards du berceau ! puis, ce qui manque à l'homme, la femme parfois le possède, — une princesse peut apporter en dot une couronne!
CASSIUS, se rassurant et haussant les épaules.
Une princesse!... Ah! pour cette fois, ta magie n'y voit