‹ Faute d'un pardon, drame en cinq actes et en proseChapitre 2 sur 69 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LEONCE, seul, assis devant une table, et terminant une lettre.

Relisons bien avant de l'envoyer cette lettre si grave pour deux destinées... (Lisant.) « Henriette, mon amie, le coup que je vais vous porter est terrible, mais il est nécessaire... il faut que nous cessions de nous voir... Pardonnez-moi si depuis quelque temps je commence à comprendre que mon dévouement inaltérable pour vous n'est plus de l'amour : malgré moi mon cœur s'est attaché à une jeune fille, une amie d'enfance dont le souvenir nous séparerait sans cesse, quand bien même je ne me résignerais pasavec vous à ce cruel aveu qui pèse depuis longtemps sur mes lèvres; un cœur qui ne se donnerait plus, qui se soumettrait seulement, ne serait plus digne de vous. Adieu, Henriette! ayez du courage pour cet acte d'abnégation douloureuse dont l'avenir vous récompensera sans doute. C'est mon vœu le plus cher, si ce n'est peut-être celui de pouvoir me dire encore votre ami. Léonce de Norbourg. » C'est cela; cette séparation ne pouvait plus se différer... et maintenant envoyons sans retard... (// sonne.)

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