ACTE IV, SCÈNE II
ques indiscrétions trahissent jamais dans le monde le souvenir de cette lutte cruelle, elles n'en diront pas les ravages... c'est tout au plus si elles vous en réserveront les trophées.
LÉONCE
Docteur!
STÉPHEN
0!i ! je ne veux pas vous faire des reproches inutiles ; je viens seulement vous faire connaître... et approuver, j'espère, une dernière exigence du passé.
LÉONCE
Ah î disposez de moi, docteur !
STÉPHEN
Maintenant Henriette est plus calme... j'ai cru devoir, cependant, lui cacher votre mariage, car cette tranquillité apparente est encore troublée par des instans de délire... où elle vous appelle... où elle réclame une dernière consolation... un portrait... (Mouvement de Léonce.) Ce qui redouble ma terreur, c'est que le comte ne perd point Henriette do vue... On a aperçu Germain rôdant aux environs... On ne sait même plus si le comte est encore à Nîmes.
LÉONCE
Mais enfin, que puis-je faire?
Après ce mariage que je voudrais déjà voir accompli .. partez... quittez la France avec votre femme...
LÉONCE
Moi?
STÉPHEN
Aujourd'hui même... Et rendez impossiblepour Henriette tout retour vers un passé funeste.
LÉONCE
Je comprends, docteur... et, s'il le faut, à tout prix, je déciderai Blanche à partir.
STÉPHEN
Ah! je vous remercie ! vous êtes digne de votre bon-