SCENE XI
LOUISE, BLUM
blum, avec embarras.
Avant de sortir, je me suis rappelé que j’avais 1 quelque chose à vous dire, mademoiselle Louise.
LOUISE
A moi, monsieur Blum?
BLD*.
Oui, ce jeune homme qui vient d’arriver, vous l’aviez vu souvent a Paris, n'est-ce pas?
LOUISE
Non, trois fois, pas davantage.
BLOM.
Ah! j’aurais cru que vous le connaissiez beaucoup?
LOUISE
Vous trouvez que j’ai été trop familière avec lui?
BLUM
Je ne me permettrais pas une pareille observation.
louisb, avec douceur.
Et pourquoi? en qui dois-je avoir confiance après mon père, si ce n'est en vous, i’ami de la famille, j qui m’avez connue si jeune?
BLU*
C’est vrai. ( A part. ) C’est étonnant, ce n’est plus la même personne.
LOUISE
le sens bien que j’ai des défauts; je suis légère souvent, capricieuse, emportée...
BLD*.
Je ne vous ai jamais dit...
LOUISE
À moi? non, vous êtes si poli ; mais je ne me fais pas illusion, et j'ai résolu de ne plus l'étrc.
•LU*
Ah
LOUISE
Maintenant que mon père va disposer de ma main, il y a des personnes qui, a cause de mes défauts, seraient capables de la refuser.
•LU*
Vous pourriez croire...
Louise.
Il y en a, j'en suis sûre , et si c'était quelqu'un dequi auraient dépendu mon repos, mon bonheur, que, malgré moi, peut-être j’aurais aimé...
BLU*
Yous!
LOUISE
Je dis cela, c’est une supposition. Ecoutez donc, monsieur Blum, les jeunes filles s’attachent comme les autres, et quand on est seule, qu’on n’a pas connu sa mère, qu’on n’a ni sœur ni amie à qui se confier, personne qui vous éclaire, qui vous guide, on peut s'attacher à quelqu'un qui ne s*en douterait pas, par qui l'on serait dédaignée. Que faire alors? on ne peut rien dire ; il faut souffrir en su lence, dévorer ses larmes, sa honte...
BLUM
Que dites-vous?
LOUISE
C’est toujours une supposition que je fais. Mou Dieu, je suis bien tranquille, je n’ai pas de chagrin; mais pour l’avenir, il était sage de tout prévoir, etc’est afin d’éviter un 6i grand malheur que j’ai résolu de me corriger.
blum, à part.
Ah! mon Dieul est-ceà moi que cela s’adresse? je ne sais ce que j’éprouve.
Louise, à part.
11 parait troublé.
bld* de mime.
Aussi j’ai été brutal ; certainement j’ai bien fait de refuser pour elle-même; c’était mon devoir, mais qui pouvait s’attendre... j’aurais pu y mettre les formes.
LOUISE
Qu'avez-vous donc, monsieur Blum ?
BLU*
Moi, rien!
LOUISE
Vous craignez que ma résolution ne soit pas sérieuse ; vous n'avez pas de confiance, je vous ai tant tourmenté, je vous ai rendu si malheureux!
BLUM
C'est vrai; je me disais souvent : Pourquoi M l,e Louise est-elle ainsi ?... elle qui était si gentille... je cherchais...
LOUISE
Et vous ne trouviez pas ?
BLU*
Non.
LOUISE
U y avait une raison, mais elle n’exifte plus.
■ LU*
Ah 1 tant mieux ! Et vous serez toujours ainsi ?
MAGASIN THEATRAL
LOUISE
Sans doute, si vous voulez m'aider de vos conseils, comme autrefois.
BLUM
Quand nous allions nous promener?
LOUISE
Le soir, au bord de la mer.
BLUM
Vous médisiez tous vos petits secrets.
LOUISE
Je vous les dirai encore.
BLUM
Vous ne m'appeliez pas M. Blum, vous me donniez un autre nom.
locise.
Un autre nom 1
BLUM
Oui, vous l’avez oublié.
LOUISE
Peut-être!
BLUM
Ce temps-là ne peut pas revenir.
Pourquoi?
BLUM
Non, ce ne sera plus la même chose.
Louise, d'un tan câlin.
Mon bon ami I
blum, avec joie.
Comme autrefois! et il y a plus de tendresse encore dans vos yeux, dans lo son de votre voix ! Eb bien, oui, tout-à-l’houre encore, j'étais triste, malheureux, je redoutais votre présence, et maintenant...
LOUISE
Eh bien?
beauplan, en dehors .
Attendez! je vais l’envoyer!
blum.
Votre père !
Louise, à elle - même .
Être dérangés quand il allait s'expliquer ; mais ce n’est que différé... je l'espère bienl et s’il se repent, il me semble que je l’aimerai encore plus qu'avant!