‹ Favras; épisode de 1789, en trois actes;Chapitre 29 sur 53 · M8 HAMOT · texte numérisé non relu

M8 HAMOT

Il sera acquitté. Est-ce que, par hasard, vous vous imagineriez que le Châtelet de Paris condamnerait un marquis?

Me L'HEUREUX.

S'il est coupable.

Me HAMOT.

Au Parlement, je ne dis pas; mais au Châtelet !.. Il y a trentedeux ans et sept mois que je suis huissier des audiences criminelles : j'ai vu condamner bien des paysans, des manans, des bourgeois; mais des gentilhommes , jamais. Figurez-vous donc , mon cher maître l'Heureux , que ce pauvre M. de Favras est accusé de haute trahison.

Eh bien ?

Me HAMOT.

Nous ne pourrions le condamner qu'à être pendu.

Me L'HEUREUX.

Eh bien ?

Me HAMOT.

TJn homme de condition, un marquis pendu! Décapité, passe.

Je reviens toujours à mon dire, maître Hamot : s'il est coupable . . .

Me HAMOT.

Coupable ou non , le Châtelet ne le condamnera pas

{Mystérieusement.) Compromettre un grand personnage! Il faudra qu'il soit innocent. »

m° l'heuheux.

Le peuple murmurera.

Me HAMOT.

Si le peuple murmure. . . Par exemple , lui. . . nous le pendrons volontiers.

Me L'HEUREUX.

Tout le peuple?

Me HAMOT.

Pourquoi pas? Il ne faudrait pour cela qu'avoir assez de cavaliers de maréchaussée , de soldats du guet. . . ou antres troupes fidèles et dévouées.

(5i ) Me l'heureux, entraînant l'autre à la fenêtre. Tenez , mon bon doyen, en voilà une partie de ce peuple... faible partie. Il faudrait beaucoup de ces troupes de'voue'es dont vous parlez , pour appréhender tout cela au corps.

Me HAMOT.

Bon dieu! bon dieu! que de monde.

Me L'HEUREUX.

Eh bien'4out ce monde-là veut que le marquis de Favras soit pendu.

Me hamot ^levant les mains au ciel.

Pauvre marquis de Favras !

Me l'heureux, voyant entrer Talon.

{ Monsieur le lieutenant civil.

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